III. DÉTERMINATION DU CARBONE COMBINÉ
31étlio<le d’Eggertz. — Eggertz a fait connaître un procédé d’analyse rapide et simple fondé sur la colorimétrie. Par son procédé il faut peu de temps pour faire du carbone combiné dans les aciers une analyse suffisamment précise pour les besoins de l’industrie, qui tient moins à connaître la dose exacte du carbone qu’à comparer la teneur d’un acier à celles d’aciers types. Grâce à sa méthode, chaque coulée de métal est aujourd’hui analysée dans les usines et on peut immédiatement apprécier la qualité du métal obtenu; inversement un échantillon étant donné, on peut rapidement arriver à le reproduire. C’est à l'intervention de la méthode d’Eggertz qu’on doit d’être aujourd’hui absolument maître de la fabrication de l’acier, qui passait auparavant et à juste titre pour des plus capricieuses.
Le principe de la méthode est extrêmement simple: il s’appuie sur ce que le carbone combiné colore l’acide nitrique en jaune d’autant plus foncé que la quantité de carbone est plus grande, et sur ce que le graphite n’est pas attaqué par cet acide ; l’outillage, des plus simples, comprend :
1° Deux tubes à essais de 10 cenlimèlres de long et 1 centimètre de large;
2“ Deux éprouvettes de BO centimètres cubes, ayant 12 millimètres de diamètre intérieur et 275 millimèlres de haut, graduées de bas en haut en dixièmes de centimètre cube. Le diamètre intérieur et l’épaisseur des parois de ces deux éprouvettes doivent être exactement les mêmes;
3“ Enfin, un acier type dont la teneur en carbone combiné ait été préalablement déterminée par une autre méthode.
On pèse alors un gramme de l’acier normal et un poids égal de facier à essayer, on place ces échantillons dans les tubes à essai et on verse sur chacun d’eux un demi-centimètre cube environ d’acide azotique pur bien' exempt de chlore: il se produit une effervescence; quand elle s’arrête on ajoute de nouvel acide jusqu’à ce que la dernière portion ajoutée demeure sans action. On place alors les deux tubes dans un verre rempli d’eau et l’on chauffe au bain-marie vers 80 degrés. Au bout de deux à trois heures, et après de nouvelles additions d’acide, tout le carbone combiné est dissous et il ne reste plus en suspension que du graphite. On refroidit alors les tubes, puis on vide celui qui contient l’acier normal dans une des éprouvettes, en lavant le tube avec une quantité d’eau telle que le volume occupé soit d’au tant de centimètres cubes que l’acier normal renferme de dixièmes pour 100 de carbone combiné. On mélange en agitant de manière à obtenir une teinte uniforme. Le tube renfermant l'acier à essayer est vidé de la même manière dans la deuxième éprouvette, et celle-ci étant placée à côté de la première devant une plaque de porcelaine pour mieux juger de l’égalité de teinte, on ajoute de l’eau jusqu'à obtenir ce résultat. Le nombre de centimètres cubes occupé par l’essai représente en dixièmes la teneur en carbone combiné.
La méthode d’Eggertz est une précieuse méthode industrielle, mais elle manque de sensibilité et le résultat dépend dans tous les cas de la vue de l’observateur; la méthode de Boussingault n’est pas non plus rigoureuse, le graphite n’étant pas absolument incombustible dans l’air. Si l’on veut analyser d’une façon précise le mélange des deux carbones auxquels les différentes méthodes précédentes nous ont conduit, il faut de toute nécessité avoir recours au procédé d’atialyse indiqué par M. Berthclot et que nous décrirons à propos des charbons (p. 3.33).
Avant de passer au dosage des autres substances qu’on peut rencontrer dans les fers, nous allons indiquer une mélhode due à M. Schlœsing qui permet de les doser toutes simultanément, c’est-à-dire sur un seul échantillon; on retrouvera dans cette mélhode le caractère d’élégance et d’exactitude qui est le propre de toutes les méthodes d'analyse de ce savant éminent.