FERRO-MANGANÈSE
TERRBNOIBE
Fer .
Manganèse ....
Carbone combiné.
Silicium .
Soufre .
traces
Phosphore .
traces
traces
traces
FERRO-CHROiyiES
Le chrome entre accidentellement dans quelques fontes qui peuvent en contenir jusqu’à 2 p. 100; de plus, on l’inlroduit dans certains aciers dans la proportion de 0,1 à 1 p. 100, en mélangeant des aciers ordinaires avec des ferrochromes préparés spécialement pour cet usage , comme on fait pour les ferromanganèses, et qui peuvent contenir jusqu’à 70 p. 100 de chrome.
I. Méthode de Boussiugaiilt. — Lorsque, à cause de sa richesse en chrome, l’alliage n’est pas complètement attaquable par l’acide nitrique ou par l’eau régale, il faut avoir recours à l’action du bisulfate de potasse: 1 gramme de ferro-chrome est traité par 15 grammes de bisulfate de potasse dans un grand creuset de platine. Pour cela, après avoir liquéfié le sel, on le laisse refroidir jusqu’à ce qu’il soit devenu visqueux, puis on dépose le métal finement pulvérisé à sa surface. On chauffe lentement d’abord, puis on élève la température lorsque l’effervescence a cessé, et l’on termine par une chauffe au rouge cerise durant 10 minutes. Le creuset étant refroidi, on en détache le culot qui doit être homogène : s’il présentait quelques points noirs, cela indiquerait qu’il est resté de l’alliage non attaqué et il faudrait prolonger l’action de la chaleur. L’attaque terminée, le culot blanc verdâtre qu’on obtient est concassé grossièrement et mis en digestion à chaud dans trois quarts de litre d’eau distillée, où il se dissout rapidement; on
ajoute de l’ammoniaque pour précipiter l’oxyde de fer et l’oxyde de chrome, et le liquide, porté à l’ébullition, est maintenu à cette température pendant 5 minutes pour chasser l’excès d’ammoniaque. On verse alors sur un filtre sans plis, sur lequel le précipité est lavé deux ou trois fois avec de l’eau bouillante, puis après l’avoir laissé égoutter on le fait tomber dans une capsule de platine, où on le mélange avec 8 grammes de nitre et 2 grammes de carbonate de potasse. On dessèche au bain de sable, puis l’on pose la capsule sur un bec Bunsen et l’on calcine au rouge pendant un quart d’heure.
L’oxyde de chrome est ainsi complètement transformé en chromate de potasse, tandis que l’oxyde de fer reste insoluble. On épuise la matière par l’eau chaude et la liqueur filtrée, acidulée avec de l’acide acétique, est portée à l’ébullition pendant quelques minutes, puis filtrée pour séparer l’oxyde de fer très divisé qui passe quelquefois à travers le filtre par suite d’un lavage prolongé. On neutralise exactement par la. potasse, puis on ajoute du nitrate de protoxyde de mercure. Après un repos de quelques heures, on recueille le précipité de chromate mercureux sur un filtre où il est lavé à l’eau bouillante, puis séché, et on le calcine dans une capsule de platine tarée. Il reste de l’oxyde de chrome d’un beau vert dont le poids, multiplié par 0,69, donne la quantité de chrome métallique contenu dans 1 gramme d’alliage. (Boussingault, Annales de Chimie et de Physique, t. XV, p. 91 (5). 1878.)
11. Xléthode de M. Baubigiiy-.— M. Baubigny a indiqué une méthode de dosage du chrome qui réussit très bien à le séparer d’avec le fer. Le métal étant réduit en poudre, on le dissout dans l’acide nitrique ou l’eau régale, ou bien on l’attaque par le bisulfate de potasse de manière à séparer comme précédemment l’oxyde de fer et le sesquioxyde de chrome. Le mélangé est alors traité par le procédé de Storer, avec un mélange d’acide nitrique et de chlorate de potasse. L’opération se fait dans un vase ouvert pour éviter tout danger d’explosion, mais recouvert d’un entonnoir pour arrêter les petites quantités de matière qui pourraient être projetées. Quand l’oxydation est complète, on refroidit la liqueur en y ajoutant de l’eau, et on précipite le fer par le bicarbonate de soude en très faible excès. Après repos on décante la liqueur sur un filtre et on lave par décantation avec de l’eau chargée de bicarbonate alcalin; en observant quelle portion du liquide total on sépare ainsi chaque fois, et nolant le nombre des lavages, on estime facilement la limite supérieure de l’erreur à laquelle conduit ce mode d’opérer.
Si par exemple on enlève chaque fois les ^ du liquide total et qu’on effectue quatre lavages, il est clair que la quantité de liqueur restant étant chaque fois de l’erreur sera plus petite que
Dans la liqueur claire on précipite le sesquioxyde de chrome en saturant le bicarbonate de soude par de l’acide sulfurique, ajoutant de l’ammoniaque et traitant ensuite par un courant d’hydrogène sulfuré; le sulfhydrate d’ammoniaque ainsi produit réduit l’acide chromique, on rend cette réduction complète en chauffant à l’ébullition. Finalement, l’oxyde hydraté obtenu est séparé par fil-
ENXYCLOP. CHIM.
tration, mais il retient ainsi toujours de l’alcali et des sels alcalins dont il importe de le séparer totalement (1). 11 faudra donc redissoudre l’oxyde obtenu dans l’acide chlorhydrique, le précipiter de nouveau par l'ammoniaque non en excès, l’oxyde de chrome étant un peu soluhle dans cet alcali, et même en raison de cette solubilité il convient de chauffer quelque temps avant de filtrer, de manière à chasser l’ammoniaque libre. L’oxyde obtenu est alors calciné dans un creuset de platine qui doit être fermé, car il se produit à un certain moment de la calcination une vive incandescence, en sorte que si on avait une quantité notable d’oxyde, de petites parcelles de celui-ci pourraient être projetées hors d’un creuset ouvert.
Il est encore nécessaire de vérifier la pureté du produit ainsi obtenu, qui retient fréquemment un peu d’oxyde de fer. A cet effet, après l'avoir pesé on le redissout en le traitant de nouveau par l’acide nitrique et le chlorate de potasse, suivant la méthode de Storer. La liqueur obtenue est amenée à sec à 100 degrés, et reprise par un peu d’eau et une goutte d’ammoniaque qui précipite le fer, si la liqueur en renferme ; ce métal est toujours en quantité extrêmement petite, le poids qu’on en trouve doit être retranché du poids trouvé primitivement pour l’oxyde de chrome impur.