‹ Encyclopédie chimique. Tome IV.- Analyse chimique. Résumé d'analyse minéraleChapitre 66 sur 266 · MINERAIS D’ÉTAIN · texte numérisé non relu

MINERAIS D’ÉTAIN

Essai. — Procédé de Levai. — 11 consiste à effectuer l’essai après un traitement à l’eau régale destiné à débarrasser le minerai des sulfures. On fait bouillir avec de l’eau régale 5 grammes de minerai finement pulvérisé et ou lave, puis on sèche ia partie insoluble. On mêle alors le résidu avec 1 gramme de ctiarbon de sucre, on tasse le mélange au fond d’un petit creuset de porcelaine et on le recouvre de 08,3 du même charbon qui, comme on le sait, donne une quantité de cendres négligeable. Le creuset, muni de son couvercle, est chautfé pendant un quart d’heure dans le moufle d’un fourneau de coupelle; l’étain est alors complètement réduit et on l’extrait en totalité en attaquant la matière par l’eau régale, et traitant cette liqueur par du zinc distillé qui en précipite l’étain sous la forme d’une éponge facile à détacher du zinc, et que l’on fond, après l’avoir lavée, sous une couche d’acide stéarique ou de cyanure de potassium ; le résidu insoluble dans l’eau régale représente la gangue du minerai

La précipitation de l’étain par le zinc se fait rapidement dans une liqueur qui renferme environ 4 parties d’eau pour 1 partie d’acide pur. Une pareille concentration est facile à obtenir avec un minerai riche; mais si on a affaire à un minerai pauvre, les lavages devront être continués plus longtemps et, par suite, la liqueur est plus étendue ; la première chose à faire est alors de la concentrer par évaporation à température aussi basse que possible, et malgré cela on perd toujours ainsi un peu d’étain.

Le dépôt d’étain présente différents aspects suivant la concentration de la liqueur; formé de lamelles brillantes au commencement de la réduction, il prend vers la fin un aspect boueux caractéristique. On emploie pour effectuer cette réduction non pas une lame, mais un globule de zinc qu’on suspend au milieu de la liqueur par un fil de cuivre, légèrement graissé afin de l’empêcher d’être attaqué par la liqueur acide. La précipitation est complète en 3 ou 4 heure.'-', au bout desquelles le globule de zinc est enveloppé d’une couche d’étain spongieux qui se détache facilement.

Des expériences conduites parallèlement par voie sèche et par voie humide ont montré que cette méthode est applicable aux minerais à gangues très diverses, granités, schistes, quartz, feldspaths, fluorine, pyrites et sulfures de toute nature, oxyde de fer, wolfram. On peut d’ailleurs effectuer l’opération en une seule fois, et supprimer la précipitation de l'étain par le zinc. On opère alors sur 10 à 20 grammes de minerai; après traitement par l’eau régale, on attaque le résidu par le charbon, comme il est dit plus haut, avec cette différence qu’on se contente de charbon de bois; puis, quand la réduction est effectuée, on ajoute dans le creuset 1,5 partie de cyanure de potassium pztj’ pulvérisé et on chauffe pendant 5 minutes au rouge cerise ; on obtient ainsi un culot d’étain et la scorie en est parfaitement exempte.

La première méthode est toutefois préférable, la seconde donnant en général un rendement un peu faible.

Quel que soit le procédé employé, on recherchera dans la liqueur dépouillée d’étain les différentes impuretés par les procédés analytiques ordinaires.

Recliei'che «l»i >volfi*am. — Les minerais d’étain contiennent fréquemment du wolfram. Pour en déceler la présence et le doser, au moins approximativement, on attaque par l’eau régale chaude (80 degrés) du minerai porphyrisé, en maintenant l’action au moins 24 heures; on lave la partie insoluble avec de l'ammoniaque, on évapore à sec et on calcine. On a ainsi l’acide (ungstique; mais le poids qu’on en trouve n’est qu’approximatif : en effet, d’une part l’oxx-de d’étain porphyrisé est faiblement attaqué par l’eau régale, «l’autre part l’oxyde hydraté n’est pas insoluble dans l’ammoniaque; enfin, à côté du wolfram on trouve assez fréquemment dans les minerais d’étain un peu de fer titané qui, lui aussi, est attaqué lentement par l’eau régale en donnant de l’acide titanique hydraté, légèrement soluble dans l’ammoniaque. Pour ces «liverses raisons l’acide tungstique recueilli contiendra toujours un peu d’oxyde d’étain et d’acide titanique, et par contre, la présence de ceux-ci dans la liqueur ammoniacale rend une partie de l’acide tungstique insoluble.

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