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CHLORURE DE SODIUM

Impuretés. — Le chlorure naturel renferme des impuretés qui varient suivant qu’on a affaire à du sel gemme de telle ou telle provenance, ou à du sel marin. On y rencontre fréquemment des substances terreuses, des sulfates de chaux et de magnésie, des chlorures de potassium et de magnésium, des bromures, des iodures, et souvent des traces de rubidium; enfin, dans certains échantillons de sels gemmes, des matières organiques et des gaz (1).

Les matières terreuses insolubles sont d’abord séparées, ce qui ne laisse pas de présenter parfois des difficultés; il arrive en effet que les substances argileuses se délaient et qu’on obtient une dissolution trouble qui ne s’éclaircit pas, même au bout de plusieurs jours, et qui passe trouble quand on essaie de la filtrer. On réussit souvent à avoir une liqueur claire en desséchant fortement le sel avant de le dissoudre ; l’argile est partiellement déshydratée et ne passe plus à travers les pores du papier.

Acitle sulfurique. — On dose l’acide sulfurique dans la liqueur filtrée, et comme en général elle en contient très peu, il faut opérer sur 8 ou fO grammes au moins de matière. La dissolution est acidulée par de l’acide chlorhydrique, puis précipitée par du chlorure de baryum.

Chlore. — Pour doser le chlore, il suffit d’opérer sur 1 gramme de sel, on ajoute à la liqueur un peu d’acide nitrique, puis un excès de nitrate d’argent. On a de cette manière un mélange de chlorure et d’iodure, ce qui n’a en général pas d’inconvénient à cause de la très faible quantité de ce dernier.

loile. — Pour con-stater la présence de l’iode, il faut dissoudre 15 à 20 grammes de sel, puis ajouter de l’acide nitrique et de l’amidon. L’intensité de la coloration bleue permet de reconnaître si on a seulement des traces d’iodures ou bien si la quantité de ces derniers est suffisante pour nécessiter un dosage. Dans ce cas on dissout une quantité considérable de sel, on évapore la dissolution, qui dépose la majeure partie de son chlorure, on laisse refroidir, puis on décante l’eau mère dans laquelle on dose l’iode à l’état d’iodure de palladium. .\ cet effet on ajoute un excès de nitrate de palladium qui ne précipite que l’iode, le bromure de palladium étant soluble dans le sel marin.

Quand l’iodure est déposé, ce qui est assez long et demande de 24 à 48 heures, on le lave par décantation avec de l’eau tiède, on le fait tomber sur un filtre taré, on le sèche à 50 ou 60 degrés et on le pèse. On n’a ainsi qu’approximalivement la quantité d’iode, car les conditions dans lesquelles la pesée s’effectue sont défectueuses, et de plus l’iodure de palladium n’est pas rigoureusement insoluble; or il est précisément indispensable de prolonger les lavages à cause de la présence d’une quantité considérable de sel marin.

On peut encore doser l’iode dans la liqueur primitive rendue ammoniacale,

(1) Le sel de la mine do Wiliczka, en Pologne, renferme une certaine quantité d’hydrogène.

en ajoutant du nitrate d’argent qui ne précipite quel’iodure, le chlorure elle bromure restant dissous dans l’ammoniaque. Cet iodure d’argent peut être séparé, lavé, pesé, et de son poids on déduit de nouveau celui de l’iode qui doit concorder avec le résultat trouvé au moyen du sel de palladium.

Dans la liqueur débarrassée d’iode on précipite le chlorure et le bromure d’argent en neutralisant l’ammoniaque par l’acide nitrique. Le mélange est filtré, lavé, séché, pesé, puis traité par le chlore sec dans un tube chauffé, le brome est déplacé; en pesant de nouveau on a tous les éléments nécessaires pour calculer le brome.

Toutefois, il faut noter quel’iodure d’argent n’éta,nt pas absolument insoluble dans l’ammoniaque, un peu d’iodure peut se trouver mélangé au bromure et au chlorure et conduire a une évaluation un peu trop forte du brome.

Cliaux. — Magnésie. — Quant à la recherche des bases, chaux, magnésie, elle ne présente aucune difficulté. Pour doser la chaux, on prépare une dissolution limpide de sel en contenant un poids connu (10 grammes) et on précipite la chaux à l’état l’oxalate qu’on traite comme nous l’avons indiqué

Dans la liqueur claire on peut ensuite doser la magnésie au moyen d’ammoniaque et de phosphate de soude; le phosphate ammoniaco-magnôsien, convenablement rassemblé, est lavé, séché et calciné, puis on pèse le pyrophosphate de magnésie.

Potasse. — La recherche de la potasse est plus délicate. On opère sur 10 grammes de sel dissous, et l’on traite successivement la liqueur par l’acide nitrique, et les nitrates de baryte et d’argent; de cette manière on élimine l’acide sulfurique et les chlorures, et si l’on opère avec précaution, en n’ajoutant qu’un très léger excès des deux nitrates, la liqueur contient la chaux, la magnésie, la potasse, la soude, un petit excès de baryte et d’oxyde d’argent, enfin de l’acide nitrique libre. On élimine ce dernier en évaporant à sec; on reprend par l’eau; on ajoute de l’acide oxalique pur, on évapore de nouveau a sec, et l’on reprend encore par l’eau et l’acide oxalique. En répétant ces opérations un certain nombre de fois, tous les azotates sont transformés en oxalates que l’on porte au rouge sombre, puis on reprend par l’eau, qui ne dissout que les carbonates de potasse et de soude. Dans la liqueur concentrée par évaporation, on précipite la potasse à l’état de chloroplatinate qu’on calcine pour peser le platine qui en provient. Si le sel contenait une trace de rubidium, il serait précipité en même temps que le potassium et c’est dans le précipité de chloroplatinate qu’il conviendrait de le rechercher avec le spectroscope.

Dosage cle l’acide niteique. — Méthode de M. Schlœsing. — L’acide nitrique qui se trouve en très petite quantité dans les sels naturels se dose par la méthode de M. Schlœsing. Elle repose sur ce fait que l’acide nitrique mélangé d’acide chlorhydrique est décomposé à l’ébullition par les sels de protoxyde de fer, en donnant du bioxyde d’azote qui se dégage et qu’on peut'

mesurer ou transformer de nouveau en acide nitrique libre. Le sel de fer employé est le protochlorure et la réaction qui se produit est la suivante ;

Az 05,^^ + 3 HCl + 6Fe Cl= Az 0^ + 3 HO + 3 Fe^ Cl + [— 21,6 + 3.34,5

on peut aussi doser l’acide nitrique à l’aide d’un autre procédé dû à Polouze et que nous décrirons plus loin (p. 464). Mais la méthode de M. Sclilœsing a l’avantage d’ètre applicable en présence des matières organiques, et certains échantillons de sel gemme contiennent de ces matières.

La figure 33 représente l’appareil de M. Schlœsing. Cependant ce savant emploie maintenant de préférence au ballon B une petite cornue qui, à l’endroit où se plhce d’ordinaire la tubulure, porte un tube à l’intérieur duquel on peut, au début de l’expérietice, introduire la douille effilée d’un entonnoir qui sert à verser dans la cornue les substances réagissantes, c’est-à-dire le chlorure de fer, l’acide chlorhydrique et enfin la dissolution à doser. Cela fait, on plonge dans un verre plein d’eau l’extrémité du tube de dégagement a', fixé sur la cornue, comme il l’est dans la figure sur le ballon, et l’on met la cornue en communication avec un appareil à acide carbonique, de manière à chasser complètement l’air de l’appareil, précaution indispensable pour recueillir du bioxyde d’azote. Une fois l’air expulsé, on bouche avec le doigt l’extrémité du tube-a', on le transporte sous une cloche E remplie de mercure et d’un lait de chaux épais bien privé d’air par l’ébullition : l’appareil est alors prêt à entrer en expérience.

On chauffe lentement la cornue, la réaction s’accomplit et au bout de 7 à 8 minutes d’ébullition elle est complète; enfin on lance à deux ou trois reprises un peu d’acide carbonique dans l’appareil de manière à entraîner tout le bioxyde d’azote dans la cloche- L’acide carbonique sera absorbé par la chaux en même temps qu’une quantité notable d’acide chlorhydrique qui est entraînée ; l’opéra-

lion terminée, on retire le tube de dégagement de dessous la cloche et on laisse refroidir l’appareil.

Il s’agit maintenant de transformer le bioxyde d’azote recueilli en acide nitrique, èt c’est ce à quoi vont servir le ballon B' situé à droite de la figure et la pointe qui termine la cloche, pointe faite de telle sorte qu’on puisse l’introduire dans un tube de caoutchouc, et dont l’extrémité est assez fine pour qu’on puisse la briser facilement. Le ballon B' contient une certaine quantité d’eau, son col étiré est relié par un caoutchouc à un tube de verre courbé à angle droit, et terminé lui-même par un caoutchouc 6, de 10 centimètres de long environ. On commence par faire bouillir l’eau du ballon, de manière à chasser complètement l’air de l’appareil; puis on adapte le tube b sur la pointe de la cloche dont on brise rapidement l’extrémité, en tordant un peu le caoutchouc; l’ébullition continuant, le niveau du liquide baisse dans la cloche, mais si l’on vient à diminuer la température et même à retirer complètement le feu de dessous le ballon, c’est alors le bioxyde d’azote qui passe dans celui-ci, et il convient de modérer la rapidité de son passage, en appuyant avec les doigts sur le tube b. Enfin quand la liqueur de chaux arrive au niveau du tube de caoutchouc, on ferme complètement celui-ci avec une pince de Mohr. Mais il reste encore du gaz dans la portion du caoutchouc située entre la cloche et la pince ; pour le balayer on introduit dans la cloche, par la partie inférieure, 20 à 30 centimètres cubes d’hydrogène pur, bien exempt d’oxygène, et on recommence l’opération précédente, c’est-à-dire qu’on fait de nouveau bouillir le liquide du ballon et qu’on enlève la pince, puis qu’on laisse refroidir et qu’on replace celle-ci.

Enfin pour assurer la transformation complète du gaz en acide nitrique, on met le caoutchouc b en relation avec un réservoir d’oxygène E, muni d’un robinet r, on enlève la pince et, ouvrant lentement le robinet de F, on remplit le ballon d’oxygène. A.U bout d’un quart d’heure la condensation de l’acide nitrique est complète ; il ne reste qu’à le doser dans la liqueur, ce qui se fait par la méthode des volumes (p. 430), au moyen d’une liqueur titrée de chaux.

Cette méthode est parfaitement rigoureuse si on se débarrasse d’une ftianière absolue de toute trace d’air, ce qui est facile avec les appareils à acide carbonique de Deville. Comme lorsqu’on remplit une éprouvette de mercure, il reste fréquemment un peu d’air adhérent aux parois, on évite cet inconvénient, en remplissant d’abord la cloche d’eau et n’y faisant pénétrer qù’ensuite le mercure.

On doit renouveler fréquemment les tubes de caoutchouc traversés par les vapeurs chlorhydriques, car ils sont rapidement mis hors d’usage.

Préparation de la solution de protochlorure de fer. — Elle s’obtient en attaquant des clous par de l’acide chlorhydrique : dans un ballon de 2 litres on place 200 grammes de clous, puis on y verse de l’acide chlorhydrique par portions successives en chauffant doucement; une fois la dissolution complètement effectuée, on filtre de manière à se débarrasser du charbon;- la liqueur étendue à 1 litre est conservée dans un flacon bouché.

Chlorure de sodium . .

— de magnésium

— de calcium . .

Sulfate de magnésie . .

— de chaux. . . .

Matières insolubles, . .

Eau .

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