‹ Encyclopédie chimique. Tome IV.- Analyse chimique. Résumé d'analyse minéraleChapitre 88 sur 266 · SPATH FLUOR · texte numérisé non relu

SPATH FLUOR

La fluorine renferme fréquemment un peu de quartz, de sulfate et de carbo tnae de chaux, du sulfate de baryte et de l’eau.

Dosage de l’eau. — 11 s’effectue à l’aide d’une méthode générale indiquée par Berzélius; on détermine la perte de poids que subit la substance par une calcination effectuée dans des conditions telles que l’action de l’eau sur le fluorure ne fasse pas disparaître une partie du fluor à l’état d’acide fluorhydrique. Pour empêcher cette perte, on mélange la fluorine porphyriséo avec de l’oxyde de plomb pur également en poudre fine et récemment calciné, dans la proportion de 1 partie de matière pour 6 d’oxyde.

Le mélange est introduit dans un creuset de porcelaine, puis récouvert d’oxyde de plomb. Le creuset muni de son couvercle est pesé avant, puis après

calcination, et la différence donne l’eau à condition que la substance ne renferme pas d’autres éléments volatils et en particulier qu’elle ne contienne pas de carbonates.

Sulfate de chaux. — On traite 10 grammes de spath porphyrisé par 3 litres d’eau et on maintient en digestion pendant plusieurs jours en agitant fréquemment. On sépare alors le liquide, on verse de nouveau de l’eau sur la substance, et après nouvelle digestion on évapore à sec une partie de la nouvelle liqueur pour savoir si elle contient encore du sulfate. Dans ce cas, on ajoute les nouvelles eaux de lavage aux premières et on continue l’opération.

Quand tout le sulfate de chaux a été dissous, on concentre les liqueurs et on précipite la chaux à l’état d’oxalate.

Carbonate de chaux. — On traite 2 grammes de fluorure de calcium par de l’acide azotique étendu et tiède, on filtre et on lave la riiatière insoluble; le carbonate de chaux et les traces d’oxydes qui parfois colorent la fluorine sont ainsi dissous. On évapore la liqueur nitrique à sec dans une capsule .de platine et on calcine au rouge somhre, de manière à détruire les nitrates, puis le résidu est repris par une dissolution concentrée de nitrate d’ammoniaque qui ne dissout que la chaux. On filtre, et dans la liqueur on précipite la chaux par l’oxalate d’ammoniaque; on calcule ensuite la quantité d’acide carbonique qui lui est uni et on le retranche de la perte constatée par calcination et qui représente la somme de.sjpoids de l’eau et des matières volatiles contenues dans la substance

Fluor. — Le résidu insoluble dans l’acide nitrique est placé dans un creuset de platine avec de l’acide sulfurique concentré et chauffé doucement, d’abord jusqu’à ce que tout le fluor ait disparu à l’état d’acide fluorhydrique, puis plus fort de manière à volatiliser tout l’acide sulfurique en excès. Le nouveau résidu, calciné etpesé, est constitué par un mélange de sulfate de chaux, de sulfate de baryte et d’un peu de quartz qui a résisté a l’action de l’acide fluorhydrique formé. Après l’avoir pesé, on le met en digestion avec de l’eau, de manière à se débarrasser du sulfate de chaux, comme nous l’avons indiqué plus haut; le résidu séché et pesé ne contient plus que du quartz et du sulfate de baryte. On a de cette façon la quantité de sulfate de chaux que contenait le mélange; en en retranchant celle qui préexistait dans le minéral, on aura le poids de la chaux qui était à l’état de fluorure.

8ulfatc de baryte et quartz. — Le mélange de ces deux matières est ensuite attaqué par un excès d’acide fluorhydrique qui transforme le quartz cn fluorure de silicium, tandis que le sulfate de haryte reste inaltéré, en sorte qu’il suffit de le peser après lavage.

Quant au quartz, il s’obtient en ajoutant tous les autres éléments dosés, et par différence avec le poids de substance sur lequel porte l’analyse.

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CRYOLITHE

La cryolilhe est un fluorure double d’aluminium et de sodium qui contient de petites quantités de manganèse et de vanadium.

ANALYSE PAR LA CHAUX. — Méflioile «le Deville. ^ — La cryolitho mélangée avec de la chaux pure et une assez grande quantité d’eau est portée à l’ébullition, qu’on maintient longtemps en remplaçant l’eau au fur et à mesure qu’elle s’évapore. Toute l’alumine passe à l’état d’aluminate de soude; on filtre pour se débarrasser de la chaux en excès et du fluorure de calcium, et Ton obtient une liqueur qui contient de Taluminate de soude et de la chaux; on l’évapore à sec en présence d’un excès d’acide nitrique, puis le résidu, chauffé vers 200 à 300 degrés, est repris par une dissolution de nitrate d’ammoniaque additionnée d’un peu d’ammoniaque; l’alumine reste seule et complètement insoluble, on la calcine et on la pèse.

La dissolution de nitrate d’ammoniaque contient la soude et des traces de chaux; on l’extrait par de Toxalate d’ammoniaque, on filtre et on évapore la liqueur filtrée jusqu’à sec en présence d’acide oxalique; le résidu calciné donne du carbonate de soude, on dissout celui-ci dans l’eau, on évapore la liqueur à sec dans une capsule tarée en présence d’un excès d’acide chlorhydrique, le résidu est du chlorure de sodium que Ton pèse après l’avoir porté avec précaution au rouge sombre ; on dose ainsi directement la soude et le fluor se déduit par différence.

lîeelierelie «lu ■iiauga.iiùse et «lu vaua«lîuiu. — Deville a constaté leur présence en opérant sur ao grammes de cryolithe pulvérisée, qu’il fond au rouge avec trois fois leur poids de potasse caustique et quelques grammes de salpêtre dans un creuset d’argent. La masse fluide obtenue est alors coulée dans une capsule d’argent refroidie, puis dissoute dans Teau à laquelle elle communique une teinte vert intense; la liqueur filtrée est réduite par quelques gouttes d’alcool qui précipitent tout le manganèse et rendent le liquide incolore. L’oxyde de manganèse est séparé, puis pesé.

On traite alors la liqueur par un courant d’hydrogène sulfuré; elle se colore d’abord en brun par des traces de sulfures d’argent ou de plomb, puis elle devient rouge à cause' de la formation de sulfovanadale de potasse; après l’avoir filtrée, on la sature presque complètement par de l’acide chlorhydrique, qui précipite le vanadium à l’état de sulfure; on sépare et on grille .celui-ci pour le transformer en acide vanadique, qu’il n’y a plus qu’à peser. 50 grammes de cryolithe ainsi traités ont djnné 5o“5,9 d’oxyde de manganèse et 9 milligrammes d’acide vanadique. ,

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