‹ Encyclopédie chimique.Tome IX.- Applications de chimie organique. 2e section (volume 2)Chapitre 12 sur 722 · SOUFRE · texte numérisé non relu

SOUFRE

Le soufre entre dans la constitution des matières albuminoïdes; à ce titre il :st un élément indispensable à l’existence des organismes. Il se présente dans

(1) Berthelot, Annales de chimie et de physique, 1888, (6), t. XIII, p. I ; 1889 t XVI n «o

CM 890, t XIX, p. 433. GP-433,

(2) E. Btéal, Comptes vendus, 1888, t. CV1I p 397, et 1889, t CIX, p. 670.

(3) Le fait intéressant mis en lumière par Hellriegel et Willfarth et par Bréal est 1 corrélation que res auteurs ont établie entre la fixation de l’azote par le sol et la plante, et la pré* sence de nodosités sur les racines des légumineuses. Ces nodosités sont produites par des microbes du S' I. puisqu'il suffit, pour en provoquer le développement, d'arroser des légumineuses poussant en milieux stériles avec quelques centimètres cubes de délayure de terre. En même tem >s on voit entrer en jeu le phénomène fixateur d'azote libre. D’autre part, Bréal avant piqué un'e racine de lupin avec une fine aigu Ile trempée dans le liquide blanchâtre qui remplit les nodosités d’une racine de luzerne, et ayant enraciné ce plant en sol stérile à côté d’un aulre plant de lupin non piqué, a vu la plante piquée pousser beaucoup plus vite que sa voisine et augmenter deux foi»

et demie s.i richesse en azote, tandis que la teneur en azote du plant témoin restait stationnaire Enfin les racines du lupin inoculé lurent trouvées garnies de nodosités, tandis que l’autre n’en

portait pas. Atoutons que le sol qui porte de tels plants inoculés s’enrichit manifestement en azote — Le lecteur trouvera de plus amples details dans l’étude très serrée et très suggestive publiée sur cette question par Duclaux ( Annales de f Institut Pasteur, t. lit, p. 82).

(4) Cette fixation de l’azote atmosphérique par les plantes vient d’être vérifiée par Schlcesing fils et E. Laurent, ii l'aide d'un procédé direct, et celle démonstration permet de considérer comme définitivement close la longue polémique qui s’était engagée peudaut ces dernières années sur cette importante question ( Comptes rendus, 1890, t. CXI, p. 750),

le règne minéral principalement sous la forme de sulfates alcalins ou terreux (sulfates de potasse et de soude, de chaux et de magnésie), qui sont contenu- en abondance dans l'écorce terrestre et dont la présence dans les eaux est constante. C est a cet état qu il est absorbé par la plante et qu'il pénètre dans le cycle des opérations de la vie. 11 est certain, du moins, que c’est là un des modes de pénétration du soufre, car si l'on fait pousser une plante (par exemple, des haricots) dans une solution nutritive ne contenant d'autre principe sulfuré que des sulfates, on constate que la plante fournit un développement normal et complet. Il semble donc légitime d'attribuer aux plantes le pouvoir de réduire les sulfates et de les faire servir ainsi à la synthè-e des principes sulfurés complexes tels que les matières albuminoïdes. Il faut ajouter cependant que l’analyse de la terre végétale et du terreau démontre que le soufre est encore offert à la plante sous d’autres états. D’après Bcrlhclot et André (1), cet élément est contenu dans les terres, et — ajoutons-le immédiatement — dans les plantes, sous des formes diverses :

d° Sous la forme de sulfates directement précipitables à l'état de sulfate de baryte ;

2° Sous la forme de composés élhérés comparables aux étlrylsulfates et qui ne sont précipitables à l’état de sulfate de baryte qu'après hydratation sous l'influence prolongée des acides ou des alcalis étendus;

3° Sous la forme de composés minéraux tels que les sulfures, sulfites et hyposulfites, transformables en sulfates par les oxydants énergiques (acide azotique) ;

4° Sous la forme de corps organiques, de l'ordre de la taurine, la cysline, les albuminoïdes, composés dont le soufre résiste énergiquement àl'action des oxydants par voie humide.

U est dillicile de dire actuellement, comment se fait l’utilisation par la plante do ces diverses catégories de principes sulfurés du sol, et quel est leur rôle dans les mutations de matière de la plante. Quoiqu'il en soit, et en mettant à part quelques principes sulfurés spéciaux, tels que l'essence d'ail, l'essence do moutarde, etc., c’est surtout le soufre fixé par les piaules dans les albuminoïdes dont le Cycle rotatif nous irnporle ici. C'est, en effet, par l’intermédiaire de ces substances que cet élément pénètre dans l’organisme des animaux, et qu’il prend part il une manière intime aux phénomènes de la vie (2). Les destinées de ce soufre organique ne sont pas encore bien connues. C’est que toute l’histoire des principes sulfurés de l’organisme est encore pleine d’obscurités.

On est certain cependant que les 4/5 environ du soufre des alhuminoïdesde l’alimentation se retrouvent dans les urines à l'état d'acide sulfurique, ou de dérives elherés (tels que l'acide phénylsulfurique), qui se dédoublent facilement avec production d’acide sulfurique. Le reste s'élimine sous Informe de produits encore mal connus, mais dont la putréfaction sépare probablement Je soufre à état d acide sulfhydrique. On en peut dire autant des matières albuminoïdes que la mort des végétaux et des animaux livre à la destruction microbienne; la putré-

(I) Rerüielot et André, Ann. de chimie et de physique, 1888 (6) t XV p 119

PilS’,en T’ qU° 16 S°Ufre q“C 'CS ani'"a,lx ^oi'b’ent sous la forme de sulfates par exemple, fasse autre chose que traverser simplement l'économie. '

ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE. — LAMBLING.

faction a pour effet d’en séparer le soufre à l’état d’hydrogène sulfuré (1) qu'une oxydation ultérieure transforme en acide sulfurique.

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