Bilicyanine ou cholécyanine
Préparation. — La bilicyanine correspond à la coloration bleue de la réaction de Gmelin ; elle a été isolée et étudiée par Jaffé. Pour la préparer, on traite une solution alcoolique de bilirubine ou de biiiverdine par l’acide azotique fumant jusqu’à ce que la solution étendue montre les raies d’absorption a et p, entre, les lignes C et D du spectre. On agite avec du chloroforme et de l’eau; on décante le chloroforme; on le filtre et l’on évapore. Le résidu est repris plusieurs fois par le même dissolvant.
Propriétés. — La substance que l’on obtient finalement est colorée en violet foncé; elle est insoluble dans l’eau, soluble en violet dans l’alcool, l’éther le chloroforme; en brun violet dans les alcalis; en beau bleu dans les acides - en vert foncé dans l’acide sulfurique, dont elle est reprécipitée en flocons verts par l’eau. La solution acide étendue reste colorée en violet verdâtre et précipite en brun par le carbonate de soude.
Ce pigment bleu, en solution neutre, ne montre pas de bandes d'absorptionmais la moindre quantité d’acide fait apparaître les bandes a, p et y; par une action prolongée de l’acide nitrique, a et p disparaissent peu à peu, T devient plus net, puis disparaît à son tour quand la solution est devenue rouge. (Jaffé )
La composition chimique de ce pigment bleu reste indéterminée, bien qu’il dérive certainement de la bilirubine et de la biiiverdine par oxydation. Il se dis tingue nettement de l’indigo en ce qu’il n’est aucunement décoloré par la solution alcaline de glucose.
Autres pigments biliaires bleus. — Ritter a retiré de la bile de l’homme, du bœuf, du porc, du chien, du mouton et du chat un pigment biliaire bleu, dont la présence n’est pas constante, et qui se distingue du produit d’oxydation de la bilirubine, étudié par Jaffé, par son insolubilité dans le chloroforme et dans les acides, et par la couleur à peine jaunâtre de sa solution alcaline. Cette substance paraît avoir des rapports avec l’indigo, le pigment bleu des urines, et peut-être la pyocyanine. Le seul caractère qui la différencie de l'indigo est le suivant • s-i solution jaunâtre alcalino-glucosique, neutralisée par un acide et exposée à
1 air, laisse lentement déposer un corps brun qui ne redevient bleu qu’après plusieurs jours, ou même plusieurs mois.
On 1 obtient en épuisant la bile filtrée par le chloroforme, décolorant la solution chloroformique par agitation avec une solution très étendue de soude, puis neutralisant par l’acide chlorhydrique. On obtient par le repos deux couches, 1 une chloroformique, qui a repris sa coloration jaune, l’autre d’un liquide acide qui tient en suspension la matière bleue qu'on en sépare par filtration. Ce nouveau pigment pourrait bien n’être qu’un produit d'oxydation, à l’air et au contact des alcalis, des matières colorantes normales de la bile. (A. Gautier.)
En 1877, Andouard a extrait, de vomissements mélangés de bile bleue, une mal 1ère colorante bleue, soluble dans l’eau bouillante, peu soluble dans l’alcool, insoluble dans l’éther, le chloroforme et la benzine, soluble dans les alcalis en jaune, oxydée par l’acide azotique un peu rutilant avec coloration violette, rouge, puis jaune pâle, l.a solution aqueuse neutre est colorée en bleu avec fluorescence rouge, et possède une large bande d’absorption entre C et D, qui devient plus nette par addition d’acide chlorhydrique.