‹ Encyclopédie chimique.Tome IX.- Applications de chimie organique. 2e section (volume 2)Chapitre 150 sur 722 · Cholétéline · texte numérisé non relu

Cholétéline

La cholétéline de Gmelin correspond à l’anneau jaune de l’oxydation de la bilirubine par l’acide nitrique; elle se présente sous l’aspect d’une poudre brune, amorphe, soluble dans l’alcool, l’éther, le chloroforme, l’acide acétique, soluble aussi dans les alcalis dont elle est reprécipitée par les acides. Maly lui attribue la constitution C‘.«H»Az*0* ou plutôt C«H8*Az‘0», formule qui la rattache directement a la bilirubine C!!U8«Az*0*, dont elle diffère par trois molécules d’oxygène en plus.

L amalgame de sodium transforme la cholétéline en hydrobilirubine.

La solution alcoolique jaune ne présente pas de bande d'absorption; elle ne devient pas fluorescente au contact du chlorure de zinc ammoniacal, et ne se colore pas parles acides étendus, ce qui la distingue de l'urobiline.

D. Cholestérine.

CJ6ll**OH.

La cholestérine est un corps à fonction alcoolique, monoalomique, qui se raiachc a la sene cinnamique. Waliizky l’envisage plutôt comme un composé analogue aux hydrates de terpène.

Présence dans l'organisme. - La cholestérine est un des principes constituifs normaux de la bile, chez les animaux supérieurs; elle se trouve aussi, et quelquefois exclusivement, dans les calculs des canaux ou de la vésicule biliaire. Très répandue dans les liquides et tissus de l’organisme, elle a été trouvée dans le sérum et les globules du sang, le pus, les liquides hydropiques ou kystiques, les exsudais normaux, l’humeur vitrée, les cataractes, la matière sébacée de ta peau , le suint du mouton (associé à l’isocholestérine, sous le nom de lanoline ), le sperme, le lait, la sueur; dans le cerveau et la substance nerveuse, la rate, lés ovaires et les testicules malades, les tumeurs diverses, les masses tubereu-

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leuses, la dégénérescence graisseuse du cœur, le contenu intestinal, les excréments et le méconium. Elle se trouve aussi dans le jaune de l'œuf de poule, les œufs de poissons et de crustacés, la laitance des poissons, dans le protoplasma, surtout dans les tissus jeunes en voie de développement.

Loin d’être spéciale au règne animal, elle se trouve encore, très répandue, dans les végétaux; ainsi dans les graines de lentilles, de pois, de céréales, dans les parties vertes des jeunes plantes, pousses, bourgeons, etc., dans les champignons, etc.

La proportion de cholestérine contenue dans les divers tissus et liquides animaux est assez faible, et oscille entre 0,02 (sérum sanguin) et 1,46 (jaune d’œuf) p. 100; la substance grise du cerveau en contient 3,43, la substance blanche 16,42; elle forme 15 p. 100, environ du suint, et de 64 à 98 p. 100 des calculs biliaires.

Propriétés. — La cholestérine est un corps solide, blanc, cristallisé en fines aiguilles soyeuses (anhydre) ou en larges tables rhomboïdales (1 aq.), incolore, insipide, gras au toucher, combustible avec flamme fuligineuse. Elle fond à 145 degrés, et se volatilise à 360 degrés dans le vide. Insoluble dans l’eau qu’elle surnage, elle se dissout dans l’alcool bouillant qui la laisse cristalliser en larges paillettes par le refroidissement, dans l’éther, le chloroforme, la benzine, l’essence de pétrole ; elle est également un peu soluble dans les solutions aqueuses de savon, de sels biliaires, dans les huiles végétales.

Les solutions sont neutres au tournesol, et dévient la lumière polarisée à gauche. En solution éthérée, le pouvoir rotatoire est

et en solution chloroformique

[«]„ = — 36-61 (Hesse).

La cholestérine est insoluble dans les solutions aqueuses d’alcalis, ce qui la distingue des corps gras. Elle présente un certain nombre de réactions caractéristiques :

1° Traitée par un mélange de cinq volumes d’acide sulfurique pour un d’eau et chauffée à une douce température, elle donne une coloration rouge carmin très nette au microscope sur le bord des cristaux, qui passe au violet au bout de quelques heures; la coloration violette se produit immédiatement, suivie d’une succession de teintes jaune, verte, bleue, après addition de teinture d’iode. Avec un mélange de trois volumes d’acide pour un d'eau, les cristaux deviennent violets, et passent au lilas par addition d’eau; ces colorations sont dues à la formation d’hydrocarbures, cholestèrilènes, isomères les uns des autres C26H*1, qui prennent naissance par déshydratation.

2° La solution chloroformique de cholestérine, additionnée d’un égal volume d’acide sulfurique concentré, prend une couleur rouge qui vire ensuite au violet au bleu , au vert ou enfin au jaune. On peut traiter d’abord la cholestérine par l’acide, et ajouter alors seulement le chloroforme.

3° Chauffée modérément avec de l’acide azotique jusqu’à dessiccation, la cholestérine laisse un résidu jaune (acide cholestérique ? C*H">0‘) qui, humecté à

chaud par une goutte d’ammoniaque, donne une solution rouge vif (Schiff) ; dans celte réaction d oxydation, la cholestérine est décomposée en acide carbonique, acide acétique et homologues, et acide cholestérique qui donne un sel ammoniacal rouge.

4° Chauffée avec de l’acide chlorhydrique mélangé de chlorure ferrique, d’or ou de platine, ou encore de bichromate de potassium, elle laisse un résidu d’un violet magnifique (H. Schiff).

Sous l’influence des acides, elle donne naissance à des éthers avec élimination d’eau.

Préparation. — On prépare 'généralement la cholestérine à l’aide de calculs biliaires pulvérisés qu’on traite d’abord par l’éther froid, pour enlever les corps gras, puis par 1 alcool bouillant qui la dissout et la laisse cristalliser en paillettes blanches et brillantes par le refroidissement.

111. VARIATIONS DE COMPOSITION DE LA RILE NORMALE DANS L’ESPÈCE HUMAINE ET DANS LA SÉRIE ANIMALE.

Les variations de composition de la bile humaine, sous l’influence des diverses conditions physiologiques, sont très imparfaitement connues, d’autant plus que la plupart des recherches qui ont été faites dans ce sens l’ont été sur des animaux.

Influence de l’âge. — Contrairement à l’opinion de quelques auteurs, la bile du foetus contient des acides biliaires et donne la réaction de Pettenkofer; Beaunis et Ritter ont démontré qu’on obtient cette réaction dès les premiers temps de la vi» embryonnaire, aussitôt qu’ont apparu les premiers rudiments du foie; ces physiologistes l’ont constatée sur des embryons de poulet au troisième jour de l’incubation.

Chez les enfants, la bile est généralement verte.

Influence du sexe. — Le sexe paraît avoir plus d’influence que lage, sur la composition de la bile; les analyses de Ritter tendent à faire admettre que la bile de 1 homme est plus riche que celle de la femme en principes fixes et spécia-. lement en taurocholate de soude et sels minéraux. D'après Gorup-Besanez, la première contiendrait plus de matières grasses que la seconde.

Influence de l’alimentation. - L’influence de l’alimentation sur la sécrétion biliaire est manifeste; d'après Bidder et Schmidt, un régime abondant, riche en matières azotées, augmente la proportion des matériaux solides de la bile, qui devient plus aqueuse à la suite de l’ingestion de grandes quantités d’eau. La sécrétion biliaire est maximum pour un régime mixte de viande et de graisse, minimum pour un régime exclusivement azoté; un excès de graisse alimentaire parait la diminuer beaucoup. Bien que les herbivores sécrètent relativement beaucoup plus de bile que les autres animaux, la quantité de bile fournie par une même espèce est moindre pour un régime végétal que pour un régime animal.

On a dit que le régime azoté, riche en matières protéiques qui renferment du

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soufre, provoquait un accroissement dans la proportion des taurocholates. Mais les expériences de Ritter ont montré l’influence à peu près nulle de ce genre d’alimentation sur la proportion des acides biliaires l'un par rapport à l'autre, cliez le cliien et les poules. Elle devient plus appréciable chez le veau nourri au lait et le veau sevré : la proportion de taurocholates s’abaisse alors de 75 à 53, et cela parce que le veau, de carnivore qu’il était pendant la période de lactation, devient peu à peu herbivore.

Tschelzow a fait encore quelques essais, au point de vue de l’action des épices sur la sécrétion de la bile; il introduisait le condiment dans l’estomac de chiens porteurs de fistules biliaires. 11 a trouvé que le poivre active la sécrétion biliaire; la moutarde agit de même, mais moins énergiquement; l’aïl n’a pas donné de résultat, des vomissements l’ayant rejeté aussitôt après son ingestion.

Influence de la digestion, -r- Nous avons indiqué, au début de cette étude, l’influence des phases de la digestion sur la quantité de bile sécrétée. Voit a trouvé qu’après les repas, la proportion des matériaux solides augmente; en expérimentant sur le chien, Hoppe-Seyler a observé, vers la cinquième heure qui suit le repas, une augmentation simultanée du volume de la bile sécrétée et du poids absolu des taurocholates, des principes solubles dans l’éther et des sels minéraux. Comme pigment, au moment de la digestion, la bile de chien est jaune brun et contient surtout de la bilirubine, tandis qu'à jeun elle est plus verte et plus riche en biliverdine.

Influence des heures de la journée. — Nasse a trouvé que, pendant la nuit la bile de chien paraît plus riche en matières solides que celle du jour.

Influence de la rétention biliaire. — Par son séjour dans la vésicule biliaire, la bile se concentre par résorption d’eau, de sorte que la proportion de l’extrait sec qui n’est que de 5 p. 100 en moyenne, dans la bile hépatique, monte à 10 et 20 p. 100 après son séjour dans la vésicule (Bidder et Schmidt, Nasse, Jacobsen). llanke a vérifié le même phénomène chez un homme atteint de fistule hépatique s’ouvrant dans le poumon.

Influence des substances introduites dans le sang. — L’injection veineuse des sels biliaires, chez le chien, augmente la proportion de ces sels dans la bile (Huppert); et cependant Socoloff n’a pas retrouvé, dans labile des chiens, le glycocholate de soude qu’il avait injecté dans leurs veines.

L’injection intraveineuse de solutions d’oxyhémoglobine ou de bilirubine détermine aussi, chez le chien, une augmentation de pigment dans la bile (TarchinofF).

Un grand nombre de substances salines ou métalliques, introduites par le tube digestif, s’accumulent dans le foie et sont éliminées en dernier lieu par la bile et les fèces, plutôt que par les urines. Il y a là une action élective spéciale des cellules du foie, encore mal déterminée, mais indéniable, et qui joue un grand rôle dans les recherches toxicologiques. L’arsenic, l’antimoine, le plomb, le cuivre le mercure, le zinc, etc., l’iodure de potassium, le salicylatc de soude, l'essence de térébenthine, le cyanure jaune passent plus ou moins vite dans la bile.

En se basant sur l’isomorphisme des combinaisons salines du phosphore et de l’arsenic, et sur le remplacement d’une partie du premier corps par l’arsenic, dans le phosphate de chaux du système osseux, à la suite de l’usage prolongé de pré-

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