‹ Encyclopédie chimique.Tome IX.- Applications de chimie organique. 2e section (volume 2)Chapitre 154 sur 722 · Transformations dans l’organisme et élimination · texte numérisé non relu

Transformations dans l’organisme et élimination

Les acides biliaires déversés par la bile dans l’intestin grêle ne sont éliminés normalement par les fèces qu’en quantité minime; et en effet, si l’on constate facilement la présence de ces éléments dans l’intestin grêle, on ne trouve plus guere que leur produit de dédoublement dans le gros intestin. Les sels de la bile subissent donc, dans le tube digestif, des transformations très probablement analogues à celles qu’ils éprouvent en présence des acides ou des alcalis. Ces transformations commencent à la partie inférieure de l’intestin grêle et deviennent complètes dans le gros intestin (Bidder et Schmidt, Hoppe-Seyler). En effet, les excréments du chien ne contiennent que des acides cholalique, choloïdique, de la dyslysine et de la cholesterine, mais plus d’acide laurocholique, ni de taurine, ni de glycocolle; et les excréments du bœuf et de la vache ne contiennent plus que de très faibles quantités d’acide glycocholique, plus difficilement dédoublé que l'acide taurocholique (Hoppe-Seyler).

L’expérience démontre, en outre, que les produits de dédoublement des sels biliaires que l’on retrouve dans les fèces, sont loin de correspondre à la quantité de bile déversée dans l’intestin; en effet, Hoppe-Seyler n’a trouvé dans les excréments du chien que 0*r,36 d’acide cholalique correspondant à 0*r,45 d’acide taurocholique, alors que Bidder et Schmidt ont démontré que la quantité d’acide biliaire, sécrété dans les vingt-quatre heures, chez le chien, était de 4 grammes Et tandis que les calculs de Voit établissent que, dans le même laps de temps^

1 homme excrète environ H grammes d’acides biliaires, Bischoff n'a retiré des eces humains, en vingt-quatre heures, que 3 grammes d’éléments biliaires, es résultats viennent donc à l’appui de la théorie de la résorption de la bile dans 1 intestin, soutenue d’abord par Liebig, et ont été confirmés par les expériences de Schmidt et Schellbach. Mais nous devons ajouter que les observations recentes de Tappeiner venant à l’appui de cellesde Leyden, tendraient à prouver que

généralement^8 aCldeS bUiaireS daDS ri"teStin eSt plus limitée qu’on ne l’admet

Sous quelle forme les éléments de la bile sont-ils résorbés et rentrent-ils dans ta circulation? On avait d’abord admis que la bile était résorbée à partir de son on.® de déversement dans l’intestin grêle, c’est-à-dire avant d’avoir subi I. moindre dédoublement. De nombreux expérimentateurs, eten particulier Rœhrig, mit démontré qu’il n’en était pas ainsi. Nous savons, en effet, que les acides biliaires sont un poison du cœur et amènent la paralysie de cet organe à la suite de leur injection dans les veines des animaux; ils produisent le même effet quand

on les introduit dansle gros intestin, tandis que, quand on les porte dans l’estomac et le jéjunum, c’est-à-dire quand on leur impose le dédoublement physiologique auquel se trouve soumise normalement la bile, on ne constate aucune action toxique. D’ailleurs, si la bile était résorbée à partir de l’intestin grêle, la matière colorante, bilirubine, devrait aussi pénétrer dans le sang et se retrouver dans les urines, comme cela arrive après une injection veineuse de pigment biliaire, et il n’en est rien. 11 semble donc démontré que les sels de la bile ne sont résorbés et ne pénètrent dans la veine-porte, qu’après avoir été dédoublés.

Que deviennent les éléments biliaires une fois rentrés dans le système de la veine-porte ? D’après Schifif ils seraient repris par le foie et serviraient de nouveau à la sécrétion biliaire; il a constaté l’augmentation de la sécrétion biliaire à la suite de l’injection des sels biliaires dans le sang, dans l’intestin, dans le tissu cellulaire sous-cutané, augmentation qui n’est pas due à l'action de ces sels sur la circulation. Suivant d’autres, les acides biliaires et tous leurs produits de décomposition seraient détruits dans le sang; Iluppert a démontré en effet que, chez des lapins à fistule biliaire, le foie n’élimine par la bile que le quart ou le tiers des acides biliaires injectés dans le sang. Et cependant l’excès disparaît rapidement; ce que l’auteur explique par une oxydation dans le liquide sanguin dont la réaction est alcaline, oxydation d’ailleurs en harmonie avec les résultats des recherches de Gorup-Besanez, relative à l’action de l’oxygène ozonisé sur les acides biliaires, en présence des alcalis.

Nous étudierons le rôle physiologique des sels delà bile avec celui de la bile toute entière.

B. Matières culorantcs de la lillc.

Page 1