Élimination et transformations
L’élimination d’une partie au moins des pigments biliaires par les excréments paraît résulter de la décoloration des selles, dans certains cas d’ictère par obstruction du canal cholédoque et chez les animaux à fistule biliaire permanente. Il est donc incontestable que la coloration particulière des fèces résulte de la présence de produits d’altération des matières colorantes de la bile; mais il n’y a pas de preuve décisive à l’appui de cette proposition.
Ainsi les parties inférieures du contenu du tube digestif ne renferment guère de matière colorante reconnaissable à l’aide de l’acide azotique; il en est de même des excréments, à moins que, à la suite d’une hypersécrétion intestinale profuse, les éléments de la bile ne puissent être résorbés et passent par le rectum, comme cela se produit dans les diarrhées catarrhales primitives ou consécutives à 1 emploi de purgatifs, auquel cas les excréments peuvent être colorés par la biliverdine.
Que deviennent donc les matières colorantes de la bile déversées dans l’intestin? La bilirubine et la biliverdine sont décomposées et donnent naissance à leurs dérivés, parmi lesquels prédomine V hydrobilirubine ou urobiline, qui prend naissance localement par un phénomène de réduction, provoqué peut-être par l’hydrogène naissant des fermentations bactériennes de l’intestin ; cette urobiline est résorbée dans l’intestin et va à l’émonctoire rénal par lequel elle passe, pour colorer les urines.