Origine
Il n’y a rien de positif sur l’origine de la cholestérine dans l’économie.
Trois théories ont été émises relativement à son mode de production: dans la première, on a fait provenir la cholestérine d’une oxydation incomplète des corps gras, ce qui est inadmissible puisque, pour une même quantité de carbone, elle renferme moins d’oxygène que les matières grasses.
La seconde, soutenue surtout par i. Flint, prétend que la cholestérine, qui existe en assez forte proportion dans le cerveau, serait un produit de désassimilation de la substance nerveuse. Flint appuie sa théorie sur des analyses comparatives du sang de la jugulaire et de la carotide chez le chien, analyses qui lui auraient donné plus de cholestérine dans le sang de la veine que dans celui de l’artère. Ses expériences ont été reprises par Ritter qui n’a rien obtenu de net, ni dans un sens ni dans l'autre, et qui fait remarquer que cela n’a rien qui doive nous étonner, vu la faible teneur du sang en cholestérine, et les minimes quantités de sang (de 1 à 3 grammes) sur lesquelles on peut opérer.
Mialhe, enfin, admet que la cholestérine dérive des matières albuminoïdes dont elle se rapproche par la grande proportion de carbone qu’elle contient. Elle augmente dans l’organisme toutes les fois qu’il se produit un ralentissement dans la circulation et par conséquent dans les oxydations, ou encore quand l’alimentation azotée devient trop substantielle. Il y a lieu, en effet, de remarquer : 1» la coïncidence des calculs biliaires avec les calculs rénaux ; 2° l’influence de la vie sédentaire, de l’âge avancé, de l’emprisonnement sur la production des calculs biliaires ; 3° l’augmentation de la production de la cholestérine, dans le contenu de l'intestin, chez les animaux hibernants. Cependant aucun fait expérimental ne vient à l’appui de la théorie de Miahle.
Beaunis a fait observer, qu’étant donnée l’existence bien démontrée aujourd’hui de la cholestérine et de corps très voisins (physostérine, paracholestérine, caulostérine) dans les végétaux comestibles, il y aurait peut-être lieu de rechercher si une partie, au moins, de la cholestérine existant dans l’organisme n’aurait pas une origine alimentaire.