V. BILE DANS LES MALADIES
Étant données l’impossibilité de se procurer de la bile humaine, immédiatement après la mort, et les modifications qu’elle éprouve fatalement par suite de son séjour dans la vésicule, il est tout naturel que nos connaisÿinces sur les variations de composition de la bile dans les conditions physiologiques soient très incomplètes. /
Les mêmes difficultés se présentent dans les ces pathologiques, et malgré lesnombreuses recherches de Frerichs et de Gorup-Besanez, sur la bile dans les maladies, les résultats obtenus sont trop insuffisants pour apporter des éléments réellement utiles au diagnostic des maladies.
La bile est souvent visqueuse, par suite de la forte proportion de mucine.
La couleur peut être modifiée et même devenir nulle; Ritter a signalé le premier l’existence de bile incolore dans la vésicule biliaire de l’homme, à la suite de divers états pathologiques, et notamment dans les dégénérescences graisseuses; et, sauf dans quelques cas exceptionnels, en particulier dans la bile d’un fœtus, il a constaté en même temps l’absence de sels biliaires ; le même fait a été vérifié dans la cirrhose hypertrophique (Garnier).
Tout récemment, Birch et Spong ont également constaté la présence d’une bile incolore, chez deux femmes porteuses d’une fistule biliaire, à la suite d’affections du foie. Le liquide sécrété, variant de 20 à 30 centimètres cubes par jour était limpide ou à peine opalescent, légèrement filant, à réaction alcaline très prononcée. Sa densité variait entre 1011 et 1012. Évaporé à 100 degrés, il laissait un résidu de 20«',70 dont 12,65 de matières organiques et 8,05 de sels fixes. Les substances organiques consistaient principalement en mucine et un peu d’albumine, tandis que les sels fixes étaient formés de 6,34 pour 1.000 de chlorure de