MANGANÈSE, ZINC, CUIVRE
De petites quantités de manganèse accompagnent souvent le fer dans les végétaux et les animaux. On peut en dire autant du zinc, mais aucune signification physiologique ne peut être reconnue à ces métaux. Rappelons pourtant le rôle important joué dans la nutrition de 1 ’Aspergillus niger, par le zinc dont la suppression fait tomber la récolte de la plante au dixième de sa valeur primitive, et qui, à une dilution de 1/50.000 dans le liquide nutritif, provoque au contraire une végétation exubérante.
Le cuivre, comme du reste d’autres métaux tels que l’arsenic, le baryum, etc., se trouve également à l’état de traces dans presque tous les tissus vivants. Dans le sang bleu des céphalopodes, ce métal semble jouer le rôle du fer dans l’hémoglobine (1).
Ainsi se présente à nous, ramenée à ses traits principaux, cette circulation de matière et d’énergie qui s’opère à travers le monde des êtres vivants. Pour faire une étude complète des phénomènes chimiques de la vie à la surface du globe, il faudrait donc suivre, pas à pas, à travers le monde végétal et animal, la série des métamorphoses de la matière et des transformations de l’énergie, en établissant pour l’ensemble des êtres vivants la signification de cette succession de reactions dans les divers processus de la vie normale ou pathologique. Mais ce vaste ensemble de phénomènes — que nous résumerions volontiers sous la rubrique de « Chimie biologique », si celte expression n’avait été prise ailleurs dans un sens moins étendu — dépasse le cadre restreint et plus modeste de cet ouvrage. D’ailleurs la chimie des végétaux et celle des microorganismes ont été magistralement exposées dans une autre partie de Y Encyclopédie. On se bornera donc ici à une partie seulement du cycle des opérations de la vie, à la chimie physiologique des animaux.
La plupart des faits qui vont être rapportés ont trait à l’homme et aux animaux supérieurs. Les connaissances encore très clairsemées que nous possédons relativement aux vertébrés inférieurs et aux invertébrés seront utilisées accessoirement chaque fois qu’elles présenteront quelqu’intérêt de démonstration générale.
L étude des altérations morbides des tissus et des humeurs de l’organisme, et celle des déviations pathologiques des mutations de matière, etc... suivront chaque fois l’exposé des faits physiologiques correspondants.
(1) L. Frédéricq , Comptes rendus, 1878, t. LXXXVII, p. 996.