‹ Encyclopédie chimique.Tome IX.- Applications de chimie organique. 2e section (volume 2)Chapitre 19 sur 722 · FER · texte numérisé non relu

FER

Le fer participe aux phénomènes de la vie d'une manière très intime et très profonde, surtout chez les organismes supérieurs. Si l’on fait germer une plante verte dans une solution nutritive ne contenant pas de fer, on constate que les feuilles qui se forment restent blanches, et quelles ne contiennent pas de granulations chlorophylliennes, mais qu'il suffit d’ajouter un peu de sel de fer au liquide nutritif, ou même simplement de badigeonner les feuilles avec une solution très étendue d’un sel de fer pour provoquer l’apparition de la matière colorante verte (2). Le fer est donc nécessaire à la formation de la chlorophylle bien que cette dernière, contrairement à l’opinion professée pendant longtemps, ne conlienue pas de fer dans sa molécule (3) (A. Gautier).

Le fer est également indispensable aux végétaux sans chlorophylle; c’est du moins ce que Raulin a nettement établi pour YAspergillus. Les cendres de la levure de bière contiennent également du fer d’une manière constante. Chez les animaux à sang rouge, le fer entre dans la constitution de l’hémoglobine du sang, et il joue à ce titre un rôle capital dans la respiration et le transport de l’oxygène de l’air extérieur jusqu’aux tissus.

Le cycle parcouru par le fer à travers la matière vivante est encore assez obscur. Tous les terrains renferment, a l’état de sesquioxyde, du fer en quantité suffisante pour la nutrition de la plante, et l’on peut admettre qu’en présence des matières organiques en voie de décomposition, le sesquioxyde est réduit à l’état de protoxyde, soluble dans les eaux riches en acide carbonique et absorbable sous cette forme par la plante. Mais ce ne sont là que de pures hypothèses. Une fois absorbé, le fer est engagé dans des combinaisons organiques complexes (probablement de l’ordre des nucléines ou nucléo-albumines) qui, ingérées par les animaux, servent à ceux-ci de matière première pour la fabrication de l’hémoglobine (voy. plus loin, p. 14t.)

Quant au mode d’élimination du fer, il est encore assez mal connu. Une cer-

(t) Sur l’état de la chaux dans la terre et les plantes, voyez : Berthelot et André, Annales de chimie et de physique (6), t. XV, p. 114.

(2) 1. Sachs, loc. cit., p. 266.

(3) A. Gautier, Bull. Soc. chim., 1877, t. XXVIII, p. 147.

taine quantité de ce métal quitte l’organisme par la surface intestinale et se retrouve dans les fèces à l’état de sulfure de fer. Une autre portion s’en va par les urines, sous la forme de combinaisons organiques mal étudiées encore, mais que la putréfaction de l’urine décompose sans doute avec séparation finale de sulfure de fer.

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