‹ Encyclopédie chimique.Tome IX.- Applications de chimie organique. 2e section (volume 2)Chapitre 206 sur 722 · VII. GAZ DE L’INTESTIN GRÊLE · texte numérisé non relu

VII. GAZ DE L’INTESTIN GRÊLE

L intestin grele contient des gaz, hydrogène, acide carbonique et azote, dont une partie peut provenir de l’air introduit avec les aliments, mais dont la plus forte proportion a certainement pour origine des fermentations anormales.

Une partie de l’acide carbonique peut provenir d’une extravasation du sang, comme pour l’estomac, ou peut-être des glandes mêmes de l’intestin. Strassburg a observe, en effet, qu’en liant une anse intestinale et y injectant de l'air, on trouvait la tension du gaz carbonique dans celte atmosphère gazeuse, supérieure a celle qu’il possède dans le sang. On ne trouve dans l’intestin que des traces d’oxygène.

Des fermentations qui se produisent dans l’intestin, certaines s^efifectuent aux dépens des matières féculentes et amylacé' s, ou plutôt de leurs produits de saccharification qui se transforment, en partie, en acides lactique et butyrique, comme 1 indiquent les formules suivantes :

C«ni208 2C»H60*

Glucose. Acide lactique.

2CsH«Os = C‘I180! + 2CO» + H*.

U dernière de ces formules établit que la fermentation butyrique de la glucose s accompagne du dégagement de volumes égaux des gaz hydrogène et carbonique que l’on retrouve dans l’intestin.

Chevreul a fait l’analyse des gaz intestinaux recueillis sur un homme de 34 ans, supplicié qui, deux heures avant sa mort, avait mangé du pain et du fromage et bu de l’eau vineuse, et sur deux autres individus également condamnés à mort.

Composition des gaz intestinaux de suppliciés (pour 100 vol. de gaz).

NATURE DES GAZ

Acide carbonique Hydrogène. . . .

Azote .

f hev Uni d l“ T g6nre °nt é'é fHileS Par Ma°endie SUr d<* suppliciés,

Chevillot sur des typhiques, Valentin sur des chevaux, enfin Marchand sur 1 homme sam. Elles soulèvent des critiques nombreuses, dont la moindre est qu elles remontent, comme d’ailleurs celles de Chevreul, à une époque où les méthodes d analyse volumétrique n’avaient pas le degré de perfection qu’elles ont atteint de nos jours.

On doit à Planer et à Ruge des analyses faites, cette fois, avec toute la précision désirable, des gaz de l’estomac et des intestins.

Planer a expérimenté sur des chiens soumis à une alimentation régulière continuée pendant plusieurs jours, et a obtenu les résultats suivants, pour 1 00 volumes de gaz.

Dans une autre série d’expériences, Planer a analysé les gaz du tube intestinal de cadavres humains, conservés à basse température pour empêcher la pulréfaction.

Composition des gaz de l’intestin grêle de l’homme (Planer).

NATURE DES GAZ

Acide carbonique. . . .

3ÏL27

Hydrogène .

Hydrogène sulfuré. . . .

traces

Azote. . .

Oxygène .

On trouve donc presque toujours de fortes proportions d’hydrogène dans les gaz de l’intestin grêle, dont la composition varie d’ailleurs notablement avec le régime.

Tout ou presque tout l’oxygène de l’estomac est absorbé et remplacé par de l’acide carbonique.

La proportion d’azote varie de S4,2 à 4,9; mais rien ne prouve que ce gaz provienne des matières organiques azotées; une partie au moins a été ingérée avec les aliments sous forme d’air emprisonné parla salive.

L’hydrogène sulfuré n’apparaît, et encore seulement à l’état de traces, que dans l’alimentation composée de viande; avec des aliments exclusivement végétaux, on n’en trouve plus du tout, et d’autre part le dégagement gazeux est considérablement diminué.

Planer a observé qu’après addition de magnésie aux aliments, la production de gaz dans l’intestin, notamment celle de l’hydrogène, était activée; qu’elle était diminuée, au contraire, en présence des acides. 11 a reconnu également la pro duction plus forte de gaz carbonique et l’apparition de quantités considérables d’hydrogène, dans le régime féculent. 11 n’a jamais pu constater la présénce de

DIGESTION. — SUC INTESTINAL OU ENTÉRIQUE. 337

l’hydrogene protocarboné dans le gaz intestinal du chien, ce qu’a confirmé Hoffmanu, en opérant sur des chiens et des lapins soumis à un régime de légumes

Apres un séjour plus ou moins prolongé dans l’intestin grêle (et le gros intestin), les gaz diminuent de volume. Planera démontré, en effet, expérimentalement, qu'en restant longtemps dans l’intestin, ils finissent par être résorbés tandis que ceux du sang, et notamment l’acide carbonique, par un phénomène d osmose inverse, peuvent pénétrer dans l’intestin. Cette diffusion réciproque est très rapide, et sensible surtout pour le gaz sulfhydrique; si l’on remplit des anses intestinales de chien avec un mélange de 1 d’hydrogène sulfuré pour 9 d’hydrogene, es symptômes de l’intoxication sulfhydrique apparaissent rapidement. I laner n’a pas réussi à retrouver l’acide sulfhydrique absorbé par le sang bien que Kühne prétende qu’on peut le déceler dans l’air expiré, au moyen du°papier plombique. En tout cas, il est incontestable que, à un moment donné, les gaz intesinaux non oxydables doivent apparaître dans les produits gazeux de la respiration ce qu, est en harmonie avec les observations de Régnault et Reiset, Petenkofer et Voit, et explique la présence de l’hydrogène libre dans l’air expiré par les animaux. r

L’intestin des enfants mort- nés ne renferme jamais de gaz (Breslau); on en trouve apres la naissance, avant même qu’ils aient ingéré du lait; ces gaz ne penerent onc dans le tube digestif qu’après les premiers mouvements delà respiration et indépendamment de l’alimentation; ils proviennent de l’air dégluti avec la salive. °

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