FORMATION DES CALCULS INTESTINAUX
A la suite d’inflammation de la muqueuse ou d’hémorrhagies intestinales, il se forme des coagulums fibrineux ou sanguins, mélangés de sels calcaires et de débris d’aliments qui, sous l’action du suc intestinal, perdent la majeure partie de leurs éléments solubles, et se réduisent aux éléments minéraux, avec un résidu plus ou moins abondant d’albumine coagulée; telles sont les concrétions fibrineuses étudiées par Dublanc et Davy.
Les concrétions formées de restes d’aliments, débris de cellules et fibres végétales se forment probablement par l’agglomération des parties réfractaires de la digestion au moyen de mucosités intestinales.
Les concrétions de matières grasses proviennent soit d’une surcharge alimentaire en principes gras, soit d’une anomalie dans la digestion intestinale des graisses. Elles s’agglomèrent par suite de leur plasticité spéciale et de leur ramollissement par la chaleur du corps.
Les calculs de nature minérale, formés de sels terreux avec un corps étranger quelconque comme noyau, sont dus, comme les concrétions alimentaires, à l’agglomération de sels terreux, devenus insolubles et non éliminés avec les fèces de •chaque jour, par le mucus intestinal autour du noyau.
Quelquefois on rencontre, chez les ruminants, des concrétions spéciales formées par un feutrage de poils et auxquelles on a donné le nom üêg agropiles. Des cas analogues ont été signalés dans l’espèce humaine, surtout chez la femme, par Breschet, Russel, Inman et Best; les égagropiles étaient alors constitués par des amas de cheveux avalés en suite d’une dépravation inexplicable du goût; celui dont parle Russel pesait 4 livres 7 onces, et mesurait, dans ses trois dimensions, 12,5 et 4 pouces; il siégeait dans l’estomac dilaté d’une femme de trente-un ans qui mourut d’hématémèse.
Favorisés par l’atonie de l’intestin , la constipation habituelle et toutes les circonstances qui prolongent le séjour des matières dans l’intestin, les calculs intestinaux sont plus fréquents chez la femme que chez l’homme, chez les personnes avancées en âge que chez les jeunes gens.
Ils sont cependant beaucoup plus rares dans l’espèce humaine que chez les carnivores et les herbivores, et surtout chez les ruminants.