INTERVENTION DES BACTÉRIES DANS LA DIGESTION
Il paraît démontré aujourd’hui que toutes les cellules vivantes, de quelque nature qu’elles soient, animales ou végétales, qui veulent utiliser un principe nutritif non directement assimilable, doivent au préalable lui faire subir une de ces transformations digestives qui consistent essentiellement en un phénomène d’hydratation; elles effectuent cette transformation par l’intermédiaire d’un de ces principes que l’on range sous la dénomination de ferments solubles diastases ou zymases.
Le ferment soluble, nécessaire dans chaque cas particulier, est sécrété par la cellule organisée intéressée à la réaction; et, bien que ces cellules soient de nature différente, les diastases produites présentent entre elles la plus grande analogie, quand la réaction finale aboutit au même résultat. Duclaux va même jusqu’à admettre une identité complète entre les ferments solubles sécrétés par les êtres supérieurs et ceux que l’on rencontre dans le monde des infiniment petits.
C’est en vertu de cette analogie que, au moment de la germination, les cellules élémentaires du grain d’orge et des diverses céréales fabriquent de toute pièce la diastase qui va leur permettre de s’assimiler l’amidon, après transformation préalable en principes solubles, dextrines et corps sucrés, au même titre que chez l’homme et les animaux, les diastases salivaire et pancréatique agissent sur les aliments féculents.
Les êtres microscopiques manifestent leur vitalité de la même façon que les organismes supérieurs. Les travaux de Duclaux, sur les ferments de la caséine du genre tyrothrix, ont démontré que la liquéfaction des fromages, leur maturation, n’est qu’un phénomène de l’activité de ces ferments organisés; ces derniers, pour utiliser la caséine alimentaire, sécrètent d’abord une diastase qui fluidifie la matière albuminoïde coagulée et la transforme au préalable en peptone. Il est impossible d’imaginer une ressemblance plus grande des divers modes d’assimilation de la matière protéique chez les infiniment petits et chez l’homme ou les animaux supérieurs.
Toutes les substances que nous introduisons à un titre quelconque dans notre organisme, qu’elles soient solides, liquides ou gazeuses, que ce soit l’eau que nous buvons, l’air que nous respirons, les aliments solides que nous ingérons.