SELS
Lieux et mode* (le (lig-estiun des sel».
Les sels qui se trouvent dans nos divers aliments solides ou liquides, ceux qu’on y ajoute dans la préparation qu’on leur fait subir au préalable, ceux enfin qu’on introduit dans l’économie par le tube digestif dans un but thérapeutique quelconque, sont dissous dans la bouche et dans l’estomac, par la salive et le suc. gastrique.
Outre le phénomène de simple dissolution sous l’influence de l’élément aqueux, il se produit encore, dans le suc gastrique, une dissolution spéciale de certains corps insolubles dans l’eau distillée, sous l’influence des acides normalement contenus dans le ventricule, acide chlorhydrique et acide lactique. C’est ainsi que se comportent les carbonates et phosphates de chaux et de magnésie, le carbonate ferreux, le fer porphyrisé, le kermès, l’oxyde blanc d’anlimoine, etc., qui donnent naissance à des chlorures et lactates solubles, avec dégagement d’acide carbonique pour les carbonates, et formation de phosphates acides pour les sels terreux correspondants.
Les sels primitivement solubles, ou rendus solubles par les acides de l’estomac, sont absorbés sur place; une partie cependant pénètre dans l’intestin et y subit l’action de l’alcalinité du milieu qui détermine la reprécipitation des corps qui doivent leur solubilité aux acides. Les phosphates terreux, les bases métalliques se reprécipitent et passent dans les fèces qui prennent des colorations diverses ; on a vu la coloration noire que communiquent à ces dernières la médication ferrugineuse (sulfure de fer), la coloration verte que provoque le calomel, etc.
line faut pas oublier cependant que, au contact des matières albuminoïdes et des éléments salins contenus normalement dans les sucs digestifs, les sels métalliques peuvent rester en dissolution dans l’intestin sous la forme nouvelle d’albuminates rendus solubles soit par les alcalis (Berzélius), soit par les chlorures alcalins (Miahle), et Subir, dans cet état, des phénomènes d’absorption bien manifestes, auxquels doivent être attribués les phénomènes d'intoxication chronique consécutifs à la pénétration dans l’organisme de certains dérivés métalliques, particulièrement ceux du plomb et du mercure.
On a vu précédemment que la bile est la voie d’élimination normale de la plupart des composés métalliques: ceux-ci, déversés d’une façon continue dans l’intestin et transformés sur place en chloroalbuminates, éprouvent un peu plus bas une réabsorption qui constitue un cercle vicieux auquel doit être rattachée la persistance singulière des symptômes de l’intoxication plombique et mercurielle. De là l’idée de détourner l’élimination des poisons mélalliques de la voie biliaire vers l’émonctoire rénal, au moyen des iodures qui forment des sels doubles solubles, très dialysables, iodures doubles de plomb ou de mercure et de potassium, qui sont rejetés définitivement de l’organisme parla voie urinaire.
DIGESTION. - TRANSFORMATION CHIMIQUE DES ALIMENTS
Après la digestion, ou transformation chimique des aliments préalablement à leur absorption, le tube digestif renferme, à l’état de mélange :
t° Les produits divers de la digestion divisés, d’après leur nature, en matières piotéiques peptomfiées, graisses émulsionnées ou saponifiées, corps sucrés divers, sels et eau;
2° Les éléments constituants des diverses sécrétions digestives.
Ce qu. divise l'absorption dans le tube digestif en deux séries d’actes concotants, absorption alimentaire ou digestive véritable, et résorption sécrétoire. Disons un mot de cette dernière pour n’avoir plus à y revenir.