III. ANALYSE IMMÉDIATE DU TISSU CONJONCTIF
Le procédé de séparation des éléments du tissu conjonctif que nous allons décrire a été imaginé par Rollet(l), qui a mis à profit la constitution chimique différente de ces éléments pour les isoler plus ou moins parfaitement.
On lave à leau une membrane séreuse, plèvre, péricarde ou péritoine, qu’on expose ensuite, encore imprégnée d’eau, au froid d'un mélange réfrigérant ; grâce aux cristaux de glace qui se forment dans son épaisseur, on peut la triturer dans un mortier bien refroidi et la réduire en une masse pulvérulente qu’on laisse dégeler. 11 se forme une bouillie qu’on jette sur un filtre et qu’on épuise par l’eau froide. La solution aqueuse froide contient des matières albuminoïdes qui paraissent provenir des cellules spéciales du tissu conjonctif, et qu’on retrouve dans l’extrait aqueux de toutes les variétés de tissu conjonctif.
La partie insoluble dans l’eau froide est mise en digestion à 40° dans de l’eau de chaux ou de baryte étendue; on dissout la substance unissante qui passe à travers le filtre.
Il reste sur le filtre les fibrilles conjonctives , les fibres élastiques et les cellules; on dissout les premières par l’acide sulfurique étendu au Î/IOOOV
Le nouveau résidu insoluble, mélange du tissu élastique, des noyaux et enveloppes des cellules, est traité successivement, àla température de l’ébullition, par l’acide acétique concentré, l’eau et la soude diluée qui dissolvent la matière des cellules et laissent inaltérée la substance élastique.
A. Gautier (2) ayant reconnu qu’il est impossible d’arriver à pulvériser les aponévroses congelées après imprégnation d’eau, propose de les triturer dans un mortier avec des fragments de marbre blanc, de laver à l’eau, puis successivement à 1 acide acétique faible, à l’eau de chaux et à l’eau le magma obtenu, et de continuer ensuite comme dans le procédé Rollet.
On conçoit que, pour préparer en plus grande quantité l’un quelconque des cléments du tissu conjonctif, il est préférable de s’adressera la forme du tissu qui renferme la plus grande proportion de cet élément.
Munir, a signalé récemment l’existence, dans le tissu conjonctif, d’une matière spéciale, de nature kératiuique, qui constitue un résidu friable gardant la forme du tissu primitif quand on a épuisé le tissu par l'eau bouillante; celle matière non gélatinisable a reçu le nom de conjonctine.
(1) RoUet, Wiener Acad. Sitzimgsberichte, t. XXX., p. 43, et t. XXXIV, p. 308.
(2) A. Gautier, Chim. biol.. 1892, p. 321.
ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE. — GARNIEK.