GÉLINE
Étant donné la résistance de l’élastine à tous les réactifs qui attaquent et dissolvent la substance unissante et les fibrilles du tissu conjonctif, on conçoit qu’il soit matériellement impossible de s’en débarrasser complètement et que, dans la préparation de la substance des fibrilles, pour l’obtenir à peu près pure, le seul moyen soit de s’adresser aux variétés de tissu conjonctif les plus pauvres en fibres élastiques.
Préparation. — Rollet découpe des tendons en tranches très fines, les épuise à l’eau froide, et les laisse macérer plusieurs jours dans de l’eau de chaux ou de l’eau de baryte étendue qui dissout la mucine de la substance unissante ; il lave la partie insoluble à l’eau, puis avec une solution très étendue d’acide acétique, puis encore à l’eau pure. Le résidu renferme la substance des fibrilles, mélangée toujours d’une petite quantité de fibres élastiques et d’éléments cellulaires.
Cette substance peut encore être obtenue presque pure en parlant de la vessie
(1) Lohmeyer, Phys. Chem., v. Gorup-Besancz, 2” édit., p. 381.
natatoire de l’esturgeon, ainsi que l'a fait Cannai (1) qui lui a donné le nom de
géline.
Propriétés. - La matière fibrillaire est transparente et d’aspect identique à celui de l’osséine; elle est insoluble dans l’eau froide qui la gonfle ; elle aua mente considérablement de volume dans les solutions acides ou alcalines très étendues qui la transforment peu à peu en produits solubles. Au contact de l’acide sulfurique au 1/100» ou de l’acide acétique très dilué, les fibrilles se o-0n fient énormément, puis se dissolvent en quelques jours, transformées en géla fine. La géline gonflée par l’eau se crispe au contact de l’alcool et de l’éther et durcit par le tannin.
La coclion prolongée avec l’eau ou, plus rapidement, la digestion à 120» dans une marmite de Papin, transforme la géline en gélatine identique à celle que donne l’osséine dans les mêmes conditions; cette propriété démontre la simili tude de composition de l’osséine et de la géline entre elles et avec la gélatine Cannai (2) a admis l’existence d’un terme intermédiaire entre la «éline et la gelatme la géléine, qui prendrait naissance par l’ébullition du tiss°u conionc t,f areolmre ou dermique avec de l’eau, pendant 20 minutes à 1 heure • cette géléine, soluble dans 1 eau bouillante, donne, par le refroidissement, une gelée tremblotante, très aqueuse et putrescible, sans cohérence ; l’ébullition prolongée la transforme en gelatme, dont la gelée se différencie de celle de la géléine en ce qu elle est coherente et se recouvre de moisissures à l’air, sans se putréfier
2° Matière des fibres élastique
On a vu précédemment que la substance des fibres élastiques reste comme résidu final, dans le traitement de l’une des formes quelconques du tissu conjoncfif par l’eau, les acides et les bases moyennement étendues. Ces fibres élastiques sont recroquevillées sous l’influence de leur élasticité propre On part généralement du ligament jaune suspenseur de la tête des ruminants ou de la tunique moyenne des grosses artères, pour préparer l’élasline Préparation. - Muller fait bouillir le ligament cervical du cheval,’ finement découpé au rasoir et hache, successivement avec de l’alcool, de l’éther nuis H l’eau à 120» dans des tubes scellés, de façon à éliminer la matière grasse et 7 substance flbrillaire collagène. On fait bouillir une journée entière avl n l’acide acétique concentré, qui entraîne une partie des cellules conjonctive puis après lavage à l’eau, on fait de nouveau bouillir le résidu avec de la so„d au 1/10», jusqu’à commencement de gonflement, pour dissoudre la mucine ! les cellules. La partie insoluble, neutralisée par l’acide acétique puis lav complètement à l’eau, est mise en macération pendant 24 heures dans de
(1) Gannal, Des substances organiques, thèse de Paris, 1854.
(2) Gannal, toc. cil.