‹ Encyclopédie chimique.Tome IX.- Applications de chimie organique. 2e section (volume 2)Chapitre 284 sur 722 · MODIFICATIONS PATHOLOGIQUES DU TISSU ADIPEUX · texte numérisé non relu

MODIFICATIONS PATHOLOGIQUES DU TISSU ADIPEUX

travail musculaire habituel, et riche surtout en corps gras et en hydrates de carbone (lard, pommes de terre, laitage). Mais il faut observer que, chez eux, les dépenses quotidiennes de force musculaire exigent la combustion d’une quantité correspondante d’aliments calorifiques que fournit l'alimentation et qui se trouvent consommés et transformés au fur et à mesure de leur absorption.

Bungc (1) fait remarquer qu’il n’y a rien d’anormal ni de pathologique à ce qu’un homme mange tout ce qu’il aime et en quantité aussi grande que cela lui plaît; pour peu qu’il mène une vie suffisamment active, il n’engraissera pas. Il n’y a donc pas lieu d’accuser une fonction normale d’être la cause d’un procédé pathologique; et comme l’individu qui fait travailler ses muscles ne devient pas gras, on doit attribuer, dans tous les cas et sans exception, la cause de l’obésité à une insuffisance d’activité musculaire.

De fait, les individus les plus gros sont ceux qui agissent le moins, et ils agissent de moins en moins et deviennent de plus en plus obèses, à cause de la gêne des mouvements ; delà un cercle vicieux dont il est souvent bien difficile de sortir. Il faut reconnaître en outre que la tendance à l’obésité varie beaucoup suivant les individus, et qu’il est des circonstances accessoires qui favorisent cette tendance.

L’alcool et les boissons alcooliques favorisent au plus haut point l’apparition de l’obésité. Est-ce parce que l’alcool, très combustible, épargne les autres aliments qui peuvent dès lors se transformer plus facilement en graisses et s’accumuler ainsi dans l’organisme? ou bien l’alcool favorise-t-il la dégénérescence graisseuse par une véritable action toxiqu'e analogue à celle du phosphore, de l’arsenic et de l’antimoine? Bunge estime que l’alcool doit principalement son influence à son action paralysante sur le cerveau (Schmiedeberg) (2) qui l’end l’homme paresseux.

De tout ce qui précède, découlent bien simplement les principes de la cure de l’obésité (3): interdiction de l’alcool et prescription de l’exercice. Mais cetle cure doit être poursuivie toute la vie, puisqu’elle consiste simplement en une mise en jeu et un emploi tout naturel du système musculaire-; un exercice violent prolongé pendant quelques semaines seulement n’a qu’une action toute momentanée, et dès que le sujet retourne à son genre de vie habituel, du même coup il revient à son affection qui reprend de plus belle.

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