‹ Encyclopédie chimique.Tome IX.- Applications de chimie organique. 2e section (volume 2)Chapitre 283 sur 722 · XI. ROLE PHYSIOLOGIQUE DES GRAISSES DANS L’ORGANISME · texte numérisé non relu

XI. ROLE PHYSIOLOGIQUE DES GRAISSES DANS L’ORGANISME

Les matières grasses jouent, dans l’économie, un rôle important et multiple.

Au point de vue mécanique, elles constituent, par leur accumulation dans le tissu adipeux, de véritables coussinets ou des plans protecteurs qui garantissent les organes qu’elles entourent, comme les reins et le cœur, répartissent les pressions et atténuent les chocs extérieurs ; elles jouent le rôle d une substance de remplissage qui, par sa faible densité, diminue le poids total de l’organisme et de la masse à mouvoir, et permet une moindre dépense de force musculaire dans la mise en mouvement de cette masse.

Au point de vue physique , les graisses donnent de l’onctuosité aux tissus quelles imprègnent, l’épiderme et les poils par exemple, et tout en favorisant eur soup esse, eHes contribuent à leur conservation. Par leur mauvaise conductibilité, elles sopposen a la déperdition de la chaleur animale par rayonnement, ce rôle est dévolu particulièrement au tissu cellulaire sous-cutané qui forme une couche si épaisse sous la plante des pieds.

Au point de vue chimique, les graisses constituent, parleur accumulation dans 1 organisme et par leur oxydation rapide dans tous les cas où la quantité des hydrocarbonés de l’alimentation vient à baisser, une réserve de foïce vive qui en fait un aliment respiratoire et un facteur important de la chaleur et du mouvement. Par la moindre proportion d’oxygène qu’elles renferment comparativement avec les hydrates de carbone, elles jouissent d’un pouvoir calorifique plus considérable que ces derniers, ce qui explique comment, pendant l’hibernation, la combustion lente des réserves graisseuses suffit pour maintenir dans 1 organisme animal une température suffisante à l’entretien de la vie.

43i ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE. - GARNIER.

Les expériences de Hoffmann (1) sur l’inanition ont démontré que l’animal consomme d’abord ses réserves de glycogène, puis ses graisses, et ce n’êst qu’à ce moment que la sécrétion urinaire s’accroît considérablement en produits azotés, preuve de la mise en œuvre tardive des matières protéiques qui entrent alors en jeu et sont comburées à leur tour.

Enfin les corps gras jouent certainement un rôle dans Yhistogénèse des cellules' par sa présence dans le protoplasma des éléments cellulaires les plus différents; par sa prédominance dans certains de ces éléments sous l’influence d’une perturbation apportée au fonctionnement ou à la vitalité de la cellule, la graisse paraît être un des produits nécessaires de l’activité cellulaire. Cette activité atteint son maximum dans certaines glandes telles que le foie, les glandes sébacées, les glandes mammaires, et c’est précisément dans ces mêmes glandes que se manifeste, le plus ordinairement et avec le plus d’intensité, la production de la graisse.

Xlt. MODIFICATIONS PATHOLOGIQUES DU TISSU ADIPEUX.

Nos connaissances sont très restreintes sur les altérations ou modifications pathologiques dont le tissu adipeux peut être le siège. Nous avons vu que la cellule du tissu graisseux provient d’un élément cellulaire du tissu conjonctif dont le contenu disparaît peu à peu, remplacé par la graisse. Cette graisse ainsi emmagasinée constitue une réserve dans laquelle l’économie puise des aliments calorifiques en cas de nutrition insuffisante ; ce n’est qu’après épuisement complet de la réserve graisseuse que l’organisme se met à vivre sur les tissus azotés (Hoffmann).

La cellule adipeuse, épuisée et flasque, remplie d’un liquide séreux, se regarnit à nouveau et plus ou moins vite dès que l’alimentation redevient abondante.

De l’obésité. — Un des points intéressants de la physiologie du tissu adipeux est celui qui est relatif a la recherche des causes de Yobèsilè et des moyens de la prévenir et de la combattre.

On attribue généralement l’apparition de l’obésité à une alimentation trop substantielle ou à l’ingestion de trop grandes quantités de corps gras ou d’hydrates de carbone ; cette richesse dans l’alimentation se remarque justement dans la classe bourgeoise et chez les gens riches où l’on rencontre d’ordinaire les individus obèses.

Ce n’est que tout à fait exceptionnellement que, dans la population ouvrière et chez les travailleurs des champs qui présentent un système musculaire bien développé, l’on rencontre quelques rares individus avec un ventre un peu gros, et encore ceux-ci ne se font-ils pas remarquer par une aptitude exceptionnelle au travail physique. Or, les gens de cette classe ne se nourrissent pas précisément mal ; si leur alimentation n’est pas recherchée, elle n’en est pas moins abondante, très suffisante pour parer aux dépenses nécessitées par un

(1) Hoffmann, Zeitsch. f. Biol., t. VIII, p. 153, 1872.

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