MUSCLES STRIÉS
Les muscles striés contiennent, outre les fibres musculaires proprement dites réunies en faisceaux par les prolongements en forme de cloisons longitudinales des aponévroses superficielles, d’autres éléments plus ou moins intimement liés aux fibres musculaires.
Ce sont les libres conjonctives et élastiques qui forment les extrémités tendineuses par lesquelles ils viennent s’insérer sur les organes dont ils commandent le mouvement, les vaisseaux sanguins nutritifs, du tissu gras interstitiel, des nerfs, le tout imprégné de suc musculaire.
Au point de vue histologique, les faisceaux musculaires, séparés les uns des autres par du tissu gras et conjonctif, sont constitués par la réunion de fibres primitives qui montrent, au microscope, une striation transversale bien marquée et une striation longitudinale vague.
Minces et longs, d’aspect cylindrique et séparables par simple dissociation avec des aiguilles, les faisceaux primitifs sont recouverts chacun d’une membrane amorphe non adhérente, mince et transparente, élastique mais non contractile, séparée de la substance musculaire par le liquide additionnel de Ranvier dans lequel se trouvent disséminés quelques noyaux elliptiques aplatis ; cette membrane constitue le sarcolemme.
La substance contractile enveloppée par le sarcolemme est formée d’un faisceau de fibrilles élémentaires, accolées et tenues ensemble par une substance unissante qui cède au contact de l’alcool ou du bichromate de potassium ou même à de simples tiraillements ; cette constitution explique la striation longitudinale un peu vague que présentent les muscles.
La fibre primitive montre aussi une striation transversale très nette, due à l’existence de baudes alternativement claires et obscures, la bande claire étant divisée elle-même en deux couches égales par une très mince bande noire. Cet aspect est en relation directe ayec la structure assez compliquée du contenu du sarcolemme.
Des membranes transversales qui paraissent adhérer au sarcolemme plus fortement que le reste, membranes fondamentales de Krause (1), subdivisent son contenu en loges discoïdes ou casiers superposés et égaux en hauteur. Ces casiers renferment un liquide monoréfringent et incolore qui constitue sans doute le plasma musculaire de Kühne, au milieu duquel se trouvent, orientés d’une façon uniforme, une masse de petits prismes polyédriques, sarcous éléments de Bowmann. Ces prismes sont formés d’une matière demi-solide et biréfringente ils sont groupés les uns à côté des autres, leur grand axe qui est l’axe optique'
(1) Krause, Arch. f. gesamm. Physiol., t. VII, p. 508.