‹ Encyclopédie chimique.Tome IX.- Applications de chimie organique. 2e section (volume 2)Chapitre 418 sur 722 · CENDRES · texte numérisé non relu

CENDRES

(l>hO*)lCa3

(PhO‘)sMgS

CO3 Ca

Fœtus de 6 mois .

Garçon de 18 mois .

Femme de 22 ans .

Homme de 40 ans .

— de 8S ans .

de 97 ans .

Chez le bœuf, on a remarqué une augmentation de poids des sels calcaires jusqu’à l’âge de trois ans; à partir de cette époque, se manifeste une diminution simultanée dans les sels terreux et dans la densité.

3° Influence du sexe. — Le sexe paraît sans aucune influence sur la compo sition des os, dans les différentes espèces.

4° Influence de l’espèce animale. — On doit encore à Fremy et à Bibra de nom breuses analyses des os de la série animale; il en résulte que les os de l'honun et ceux des divers animaux renferment exactement les mêmes éléments et presque

en même proportion, de sorte qu’on ne doit pas songer à caractériser une espèce ou une famille parle seul examen de l’analyse de son tissu osseux.

Les seules différences constatées sont les suivantes :

Chez les herbivores, les os renferment un peu plus de carbonate de chaux o ceux des carnivores. Ainsi l’on trouve, dans les os du bœuf, 4 p. ioo de sel cal6

VARIATIONS DE COMPOSITION DU TISSU OSSEUX DANS L’ESPÈCE HUMAINE, ETC. 613. caire en plus que chez l’homme; en outre, ces os sont plus denses et renferment moins d’eau (9 à 10 p. 100) que les os humains.

Les os des pachydermes et des cétacés sont exceptionnellement riches en carbonate de chaux ; ceux des oiseaux, notamment chez les graminivores, contiennent plus d’eau et de sels inorganiques que chez les mammifères; de plus, on trouve de la silice dans les os des graminivores, ce qui tient certainement à leur alimentation.

Chez les amphibies, les os sont moins riches en sels minéraux que chez les mammifères, mais renfermeraient plus de sulfate de soude.

Les arêles et les diverses parties du squelette des poissons sont les plus pauvres en sels inorganiques; leur aspect est d’ailleurs tout différent de celui des os vrais; leur translucidité, leur aspect cartilagineux, leur flexibilité toute spéciale sont l’indice d’une prédominance exceptionnelle de la matière organique.

On y trouve du sulfate de soude, beaucoup de graisse, beaucoup plus d’eau que dans les autres os, et, d’après Wicke(l), ils renfermeraient 0,22 p. 100 de carbonate de magnésium.

On a vu précédemment que le squelette du turbot renferme 34 p. 100 de matière organique contre 66 de matières minérales.

Lesos des ruminants offrent la particularité d’une tendance toiile spécialeaux fractures. On a attribué cette propriété à l'augmentation du carbonate calcaire qui arriverait à dépasser le double du maximum normal; Hoffmann (2), se basant sur une diminution d’azote et une augmentation des matières minérales et des graisses, explique la tendance des os à se fracturer par un appauvrissement eir matière collagène, tandis que Aeby y voit une simple augmentation de porosité corrélative d’une diminution de masse, sans modification aucune dans la proportion relative des matières minérales et de l’osséine, et sans qu'il y ait augmentation de la quantité de carbonates. ’

Nous avons cité l’opinion de Sehwann, suivant laquelle les os du lapin et dir veau, pendant toute la durée de la vie utérine, posséderaient une trame organique qui ne serait pas de nature collagène. Fremy a constaté également que les. os de certains oiseaux et les arêtes de certains poissons renfermeraient une substance isomère de l’osséine, ne donnant pas non plus de gélatine par lie coction.

3" Influence du régime alimentaire. — Les modifications légères éprouvées dans les diverses espèces animales par la constitution du tissu osseux doivent tenir, pour une part au moins, à la diversité de l’alimentation; mais le régime alimentaire n'exerce cependant qu’une influence très lente et bien restreinte.

Chossat (3) puis Dusart (4) ont prétendu déterminer l’ostéomalacie chez despigeons nourris avec des aliments complètement exempts de sels calcaires.

Les os de ces animaux étaient devenus cassants et friables, ce que Bibra (b) et

(1) Wicke, Ann. d. Chem. u. Pharm., t. CXXV, p. 80.

(2) Hoffmann, Journ. f. prakt. Chem., t. CI, p. 129.

(3) Chossat, Compt. rend., t. XIV, p. 451, 1842.

(4) Duzart, Gaz. médic. de Paris, 1874, n” 5.

(5) Bibra, toc. cit.

Forsler (1) attribuaient, par des expériences semblables faites sur des chiens, à une diminution dans la proportion des sels calcaires.

Mais Zalcsky (2) n a rien constaté de semblable chez des pigeons nourris avec une bouillie d’orge contenant, pour un premier groupe d’oiseaux, du carbonate de chaux, et, pour un second groupe, du phosphate de soude, pas plus d'ailleurs que Weiske(3) et Wildt (4) qui opéraient d’une façon analogue sur des chèvres' et que Papillon (S) qui a expérimenté sur des rats.

On ne peut nier cependant que, en général, le développement du système osseux soit entravé par la diminution des sels calcaires dans l’alimentation, et que la soustraction des sels terreux, prolongée pendant des années, n’amène insensiblement une diminution dans la proportion de phosphate de chaux des os.

Pour récupérer la perte quotidenne qui résulte des phénomènes, si lents qu’ils soient, de désassimilation de la matière minérale des os, il ne suffirait pa' d’après Edwards, d’ajouter à des aliments pauvres en phosphate terreux de la poudre d’os; des chiens soumis à un régime exclusif formé d’un mélange de viande, sucre et os n’en arrivèrent pas moins à un état raéhitique prononcé

Il faut donc, de toute nécessité, que les phosphates soient ingérés sous la forme, pour ainsi dire organique, qu’ils possèdent dans les céréales et dans le pain (Gautier).

On doit à Samson des recherches sur l’influence du développement rapide du bétail par une alimentation surabondante spéciale; il a trouvé que les os pr^ coces sont plus minéralisés et plus denses que les os des animaux nourris de la façon ordinaire :

Analyses d’os précoces et d os ordinaires (Samson).

ÉLÉMENTS

FÉMUR

d’animal précoce

d’animal ordinaire

Densité . .

Sels minéraux p. 100 .

Les résultats obtenus par Samson et les expériences suivantes de Roussin et Papillon démontrent nettement que le régime alimentaire exerce une influe réelle sur le développement du tissu osseux.

Certains éléments minéraux isomorphes ou analogues à ceux qui exist dans les os peuvent en prendre la place, quand on les introduit dans l’ali me n

(1) Forstcr, Zeilsch. f. Biol., t. XII, p. -46i.

(2) Zatesky, Med. chem. Unters. de Hoppe-Seyler, fasc. 1, p. 19.

(3) Wciske, Physiol. Chem, de Hoppe-Seyler, p. 626.

(4) Wildt, Physiol. Chem, de Hoppe-Seyler, p. 626.

(5) Papillon, Compt. rend., t. LXXI, p. 352.

VARIATIONS DE COMPOSITION DU TISSU OSSEUX. — INFLUENCES PATHOLOGIQUES. 615

En ajoutant à la nourriture des animaux, lapins ou autres, de l’arséniate de chaux (Roussin)(l), du phosphate de strontiane ou d’alumine (Papillon), les os gardent entièrement leur aspect et leurs propriétés normales, bien que l’analyse y révèle l’existence de l’arséniate de chaux dans le premier cas, de la strontiane et de l’alumine dans l’autre; ces résultats ont été confirmés par les recherches de Kœnig, Aronheim, Farwick, G. Poucliet et Laborde.

Influences pathologiques.

Dans presque toutes les maladies du tissu osseux, les os perdent leurs matières minérales, si bien qu’à un certain moment, ils finissent par contenirplus de sels fixes que de matière organique. Quelquefois les vides qui résultent de la raréfaction de la matière minérale se remplissent de graisses. Quand la guérison se produit, à la suite de nouveaux dépôts de sels terreux, la matière organique reste cependant prépondérante; dans ces dépôts, la proportion entre les phosphates et le carbonate reste la même que dans l’os normal, sauf cependant dans les ostéophytes et les exostoses, où la proportion de carbonate de chaux augmente un peu.

L’osséine peut changer de nature dans les os malades, puisque Marchand et Lehmann ont constaté parfois, dans les os atteints de rachitisme ou d’ostéomalacie, une substance différente de la matière collagène.

Les affections osseuses principales sont l’ostéomalacie, le rachitisme, la carie, la nécrose, etc.

On possédé un certain nombre d’analyses d’os atteints de ces diverses altérations.

1° Ostéomalacie. — Celte maladie consiste essentiellement dans la disparition d une certaine quantité de tissu osseux, par élimination lente de l’ensemble de la masse compacte, c’est-à-dire d’une partie des matières minérales et de l’osséine. Les cavités et les canalicules, considérablement élargis, se remplissent d’une matière d apparence muqueuse, produit de régression encore mal connu de l’osseine, à laquelle vient se mélanger plus tard une très forte proportion de graisse.

Quelquefois même la dégénérescence graisseuse est tellement prononcée que 1 os malade devient mou, blanc grisâtre, se laisse facilement entamer, et présente a la section une surface douce au toucher, semblable à celle du lard frais : c’est alors la nécrobiose graisseuse des os, décrite par Lortet.

L’osséine qui persiste dans les os est plus ou moins altérée; tantôt elle donne encore de la gélatine par la coction, d’autres fois elle n’en fournit pas.

On a attribué cette affection à la dissolution des sels terreux dans l’acide lactique libre que Schmidt (2) puis Weber (3) (1,312 d’acide libre p. 100 d’os frais), ont trouve dans les canalicules; d’ailleurs le liquide extrait de ces os présente une franche réaction acide au tournesol. 11 est cependant bien difficile d’expliquer la presence d’un acide libre dans un tissu dépourvu d’appareils glandulaires et irrigué par le sang alcalin.

(1) Roussin, Journ. de pharm. (3), t. XLIII, p. 102.

(2) Schmidt, Med. Centralbl., 1864, p. 870.

(3) Weber, Bull. Soc. chim., t. VII, p. 271.

tit6 ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE. — GARNIER.

Ilcitzmann (1) a démontré que des animaux, chiens et chats, soumis à un régime normal, mais additionné d’acide lactique libre, finissent par devenir ostéomalaciques; d’ailleurs Gautier (2) a observé sur les jeunes animaux l’influence nuisible, pouvant aller jusqu’à la mort, du laetophosphate de chaux ou phosphate de chaux dissout dans de l’acide lactique ; l’action nocive de ce dernier n’était pas contre-balancée par l’excès de sel terreux fourni à l’économie. Heiss(3) n’a pu vérifier les résultats de llcit/.mann, et dans ses expériences sur des chiens, il n'a pas observé de diminution de la chaux des os.

Stilling et V. Mering(4) ont démontré expérimentalement que la privation de chaux dans les aliments (régime de viande bouillie, graisse et eau distillée) produit chez une chienne, au bout de 126 jours, une modification des os de la colonne vertébrale et du bassin qui sont ramollis et présentent tout à fait le type de l’ostéomalacie, au microscope.

Kobler (5) a étudié comparativement la composition des cendres du sang chez l’individu sain et chez un osléomalacique ; il a trouvé, dans l’affection osseuse, une augmentation notable de l’acide sulfurique (16,04 p. 100 au lieu de 6,85),. une forte diminution de la soude (9,35 au lieu de 23,17) et du chlore (19,93 au lieu de 29,59); l’acide phosphorique n’avait que très peu diminué (7,25 au lieu de 8,49).

Voici quelques analyses, d’ailleurs peu concordantes, d’os atteints d’ostéomalacie :

Analyses d’os atteints d’ostéomalacie.

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