‹ Encyclopédie chimique.Tome IX.- Applications de chimie organique. 2e section (volume 2)Chapitre 452 sur 722 · LA PEAU · texte numérisé non relu

LA PEAU

La peau est la membrane d’enveloppe qui revêt le corps des animaux; elle se compose de deux couches principales : l’une profonde et épaisse, derme ou chorion, se confond par sa base avec le tissu cellulaire sous-dermique infiltré de graisses et constituant le panicule adipeux; l’autre, plus mince, sauf en certains endroits (plante des pieds), est l 'épiderme qui recouvre et protège le derme.

a) Derme. — Le derme appartient au tissu conjonctif; son épaisseur, variable de 0,5 à 2 et 3mm, plus grande à la plante des pieds, à la paume de la main et au dos que partout ailleurs, lui permet de loger, dans sa partie la plus profonde, de petits amas de cellules graisseuses, des glandes sébacées, et les circonvolutions agglomérées des glandes sudoripares qui viennent s’ouvrir, par un canal presque rectiligne, à la surface de l’épiderme. 11 renferme, disséminées, quelques granulations pigmentaires. La partie externe sur laquelle repose l’épiderme est surmontées de nombreuses papilles coniques, vascularisées, dans lesquelles viennent se terminer les vaisseaux sanguins qui doivent assurer la vitalité de l’épiderme, et les corpuscules du tact, extrémités des filets nerveux destinés au toucher et renflées en forme d’ovoïde.

Le derme cède, à 1 eau froide, des matières albuminoïdes ; par la coction avec leau bouillante, il donne de la gélatine et laisse, comme résidu insoluble, uu mélange de cellules conjonctives, de fibres élastiques et de conjonctine, matière kératinique spéciale au tissu conjonctif, soluble dans la liqueur de Schweizer et reprécipitée par l’acide acétique, ce qui permet de la séparer des fibres élastiques.

Il est attaqué et dissout en grande partie par les acides et les alcalis énergiques; il fixe le tannin, le chloral, la plupart des sels métalliques (fer, zinc, plomb, mercure, etc.), et forme, avec tous ces corps, des composés imputrescibles.

Nous avons donné précédemment la composition immédiate du derme déterminée parles analyses de Wienliolt (p. 404).

O) Épiderme. — L’épiderme est formé ltii-rnôme de deux parties. La plus profonde, réseau muqueux de Malpighy représente un tissu épithélial qui n'a pas encore subi la dégénérescence cornée; il est constitué par un conglomérat de petites cellules polyédriques do O"m,008 de diamètre, à noyau granuleux jaune étalé sur les papilles du derme dont il comble les intervalles en recouvrant les extrémités des papilles d’une couche mince à peu près uniforme. C’est dans les cellules du réseau muqueux de Malpighy, et surtout dans l’assise lapins profonde de ce réseau, que se trouve le pigment qui colore la peau, jaune clair ou brunâtre chez le blanc, jaune chez l’asiatique, brun cliiv. le nègre, jaune rougeâtre chez le peau rouge. Les cellules les plus superficielles du réseau muqueux, presque incolores, sont déjà aplaties, et renferment, autour de leur noyau, une substance jaunâtre semi-liquide, éléidine de Ranvier (1', qui se présente sous la forme de gouttelettes colorées par le carmin et paraît être de la kératine en voie de formation.

La couche superficielle de l’épiderme, couche cornée, est formée de couches superposées de cellules aplaties ou d’écailles sans enveloppe ni noyau, qui paraissent résulter de la prolifération continue, vers l’extérieur, des cellules superficielles du réseau de Malpighy, ou peut-être d’une sécrétion de ces cellules dont l'éléidine serait le point de départ. Cette couche épidermique superficielle résistante, homogène, translucide et cornée, se desquame constamment par sa face exlerne et se régénère par la profondeur. La macération prolongée dans l’eau permet de la séparer assez facilement du réseau muqueux sous-jacent. Son épaisseur varie de 0m“,02 (pliant des articulations) à 4 millimètres (plante des pieds).

La matière épidermique ne contient pas d’albumine soluble et ne gélatinise pas par la coclion ; elle est colorée en jaune par l’acide azotique, en brun noir par les sels d’argent, en rouge brun par les sels d’or qui sont réduits, et renferme, d’après Müldcr (2), en faisant abstraction de 1 à 1,5 de cendres p. 100 : C. . . 50,28 H. . . 6,76 Az. . . 17,21 S. . . 0,74 O. . . 25,01

La couche cornée de l’épiderme est constituée par de la kératine que nous allons revoir à propos des ongles et des poils.

CORIINE.

Sous le nom de coriine, Reimer (3) a désigné une substance qu’il extrait de la peau fraîche en la faisant macérer dans de l’eau de chaux ou une solution de

(1) Ranvier, Compt. rend., t. XCVII, 1877 ; Arch. d. physiol:, 188t.

(2) Müldcr, Vers, einer phys. Chem., 18it, p. 542 ; Phys. Chem., t. Il, p. 370.

(3) Reimer, Dingler’s polyt. Journ., t. CCV, p. 143, 248, 358, 457 et 580.

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