APPENDICES DE LA PEAU : POILS, CHEVEUX, PLUMES, ETC
chlorure de sodium, et précipitant la solution par de petites quantités d’acide chlorhydrique.
Le produit obtenu répond à la constitution C30Il!0Az10O,ii ; insoluble dans l’eau, il se dissout dans les alcalis.
La solution alcaline, neutralisée par les acides, donne un précipité soluble dans un excès d’acide; elle précipite également par l’alun, le sulfate ferrique basique, le tannin, mais non par le chlorure ferrique. Le précipité donné par l’alun se redissout dans un excès de réactif.
Cestà la coriineque devrait être rapporté l’intime accotement des fibres de la peau, pendant la dessiccation, et le tannage des peaux agirait spécialement sur elle pour la rendre insoluble.
Nous aurons à étudier les produits des glandes sébacées et sudoripares en faisant l’histoire des divers produits de sécrétion.
APPENDICES DE LA PEAU : POILS, CHEVEUX, PLUMES, ONGLES, CORNES, ÉCAILLES.
Les appendices de la peau peuvent être divisés en deux classes : l’une renferme les poils, les cheveux et les plumes, l’autre, la matière cornée proprement dite, c’est-a-dire les ongles, les griffes, les serres, les cornes, les sabots, les écailles des reptiles et de la tortue, les piquants du hérisson, les dards du porc-épic, les fanons de baleine. Toutes ces variétés sont caractérisées par la présence d’une matière fondamentale unique qui constitue aussi la couche cornée de l’épiderme; cest la kératine qui reste comme résidu lorsque les produits précédents ont été épuisés successivement par l’eau, l’alcool, l’éther, les acides étendus.
KÉRATINE.
Cette kératine n’a pas encore été obtenue dans un état de pureté parfaite, et paraît nôtre qu’un mélange de dérivés albuminoïdes et non un principe chimique particulier.
Cest une substance sèche, d’aspect particulier, hygroscopique, qui se gonfle ai e oie nt dans 1 eau, plus fortement dans l’acide acétique concentré, y devient gé aliniforme et peut même s y dissoudre. Elle se gonfle encore au contact des alcalis et s’y dissout très facilement à chaud; la solution alcaline, additionnée d un acide, dégage de l’hydrogène sulfuré et donne un précipité.
L’eau bouillante ramollit la kératine et la rend malléable.
Maintenue longtemps à ISO” au contact de l’eau sous pression, elle se décompose en partie, et donne un liquide laiteux à forte odeur sulfureuse; ce liquide, vaporé à sec, laisse un résidu qui ne se dissout plus dans l’eau.
Lucide azotique concentré colore la kératine en jaune; la tache brunit an contact de 1 ammoniaque; l’acide sulfurique étendu la décompose, à l’ébullition, avec production de leucine, de tyrosine, d’ammoniaque, d'acides gras volatils, et d’acide aspartique.
La kératine, réfractaire à l’action du suc gastrique, est attaquée et dissoute par les alcalis des sucs intestinaux.
La composition centésimale de la kératine varie légèrement suivant sa provenance, surtout au point de vue de sa teneur en soufre :
Composition de la kératine.
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La kératine est riche en soufre; ce sont surtout les cheveux et les poils qui en renferment le plus, 5 p. 100 en moyenne; la kératine des poils roux en contient jusqu’à 8,3 p. 100.
La proportion de soufre contenue dans les divers tissus cornés varie d’ailleurs dans les limites suivantes :
Cheveux de l’homme . 3,7 h 7,9 p. 100 (Bibra).
Poils des mammifères . 2,1 h 1,9 — id.
Laine de mouton . 1,3 h 3,4 — (Grothe).
Autres tissus cornés . 0,74 à 4,23 — (Bibra, Mulder).
Cheveux et poils.
Les poils et les cheveux ont la même origine : le follicule pileux ; ils sont constitués par une sorte de tube formé de cellules épithéliales allongées, imbriquées par rapport à l’axe du poil et aplaties, réunies par une matière cimentante, et dissociables par immersion dans l’acide sulfurique. Au centre de ce tube se trouve une partie moins dense, formée de grandes cellules peu serrées et souvent séparées par de l'air. Ces cellules, formées de kératine, sont imprégnées d’un pigment variable avec la couleur du poil ou du cheveu.
Chauffés, les poils et cheveux fondent et dégagent une odeur de corne brûléepar la distillation sèche, ils donnent des produits volatils solubles (ammoniaque dérivés prussiques, bases pyridiques) et insolubles dans l’eau (goudron phénols, etc.).
Les cheveux et les poils sont jaunis par l’acide azotique qui les attaque profondément à chaud, en donnant une liqueur jaune qui, au contact de l'ammoniaque, prend une teinte brune et renferme finalement de l’acide oxalique et une matière amère. Les alcalis concentrés les gonflent et les rendent gélatineux.
L’acide chlorhydrique concentré les colore en rouge pourpre et, par une macération prolongée, les dissout même à froid.
Le chlore les décolore et les altère profondément; l’eau oxygénée fait disn raître à la longue le pigment d’imprégnation, et fait passer les cheveux noirs au roux plus ou moins clair.