‹ Encyclopédie chimique.Tome IX.- Applications de chimie organique. 2e section (volume 2)Chapitre 467 sur 722 · PRINCIPES CONSTITUANTS DU FOIE · texte numérisé non relu

PRINCIPES CONSTITUANTS DU FOIE

de 37 a 40", et fait place à une réaction acide, en même temps que le tissu devient plus ferme, par suite de la coagulation d’une matière albuminoïde spéciale (Plosz).

( Les *;ellules hépatiques fraîches, soumises au traitement de Kühne pour 1 obtention du plasma musculaire, donnent quelques gouttes d’un liquide opalescent, à réaction alcaline, qui constitue un véritable plasma du foie, et dont se sépare spontanément, à la température de 45°, une matière albuminoïde analogue et peut-être identique à la myosine ; il reste en solution de la sérine et une caséine précipitable par les acides, de la nucléine, du glycogène et de la glucose.

L extrait aqueux du foie de cadavre est acide; abandonné à lui-même, il devient opalin et prend une teinte verdâtre qui part de la superficie et qui provient de 1 oxydation, à lair, de la bilirubine qui se transforme en biliverdine

(Bibra).

Le foie fiais, lavé par injection d’eau salée très étendue dans les vaisseaux, ce e au dissolvant la glucose, un peu d’albumine soluble et de glycogène. des e emenls cellulaires, le sang, la bile et la lymphe; l’organe décoloré et devenu gris terreux, divisé en menus fragments et mis en digestion dans une solution e c orure de sodium à 7-dO p. 400, donne un liquide qui renferme, outre la substance spontanément coagulable analogue à la myosine, une autre matière a uminoï e du gioupe des nucléoalbumines, coagulable à 70°, et susceptible c se dédoubler, par la digestion pepsiquc artificielle, en peptone soluble et en un résidu fin, pulvérulent, riche en soufre et en phosphore et, présentant les caractères de la nucléine.

Les cellules hépatiques gardent leur forme au contact de l’acide acétique étendu ou même a 20 p. 400; mais leurs noyaux deviennent beaucoup plus apparents et sont colorés en rouge par addition de safranine.

La digestion artificielle des cellules du foie ne laisse, comme résidu insoluble que de petits noyaux de nucléine (Plosz) (4). Le foie est donc un aliment digestible et assimilable.

JH- PRINCIPES constituants du foie.

La trame conjonctive de la glande hépatique contient delà matière collagène.

Les cellules du foie paraissent renfermer plusieurs matières albuminoïdes, ont 1 une se coagule après la mort et donne au tissu une consistance plus grande que pendant la vie. Cette variété d’albumine spontanément coagulable a été isolée par Plosz (2), qui a suivi la méthode de Kühne pour la préparation de la myosine musculaire. A côté d’elle, se trouvent une albumine soluble dans le sel marin et coagulable à 45°, de la sérine et de l’albuminate alcalin.

Les granulations protoplasmiques des cellules hépatiques sont formées, les unes de glycogène amorphe, concrété et colorable par l’iode (Cl. Bernard), les aulres de globules gras. A côté de la matière glycogène solide, il doit s’en trouver certainement de dissoute dans les liquides cellulaires.

Le glycogène du foie ne paraît pas absolument identique à celui des muscles; le premier est coloré en rouge brunâtre par l’iode et donne une solution aqueuse opalescente, tandis que le glycogène musculaire donne une solution moins opaline et se colore par l'iode en rouge un peu violacé.

Les matières grasses contenues dans le foie, mélange d’oléine, de palmitine •et de stéarine, sont sujettes à de grandes variations quantitatives, comme la matière glycogène. A côté d’elles, on trouve un peu de cholestérine.

Le foie contient un ferment soluble que l’on peut en extraire par macération dans la glycérine du tissu lavé à l’eau, et qui transforme l’amidon et le glycogène en maltose et dextrine. On y trouve encore du sucre réducteur (glucose ou maltose), de la nucléine, des sels et des pigments biliaires.

Comme produits de désassimilation, le parenchyme hépatique renferme de l’urée, de la xanthine et de l'hypoxanthine, de la cystine, de la guanine de l’inosite ( scyllite du foie du requin et des poissons cartilagineux, Frerichs et Stœdeler) (1), de l’acide urique surtout chez les oiseaux, de la leucine et de la tyrosine souvent en abondance (foies pourris, empoisonnement par le phosphore, atrophie aiguë jaune du foie), de la jécorine (Drechsel) (2), de l’acide sarcolaclique qui n’est peut-être qu’un produit d’altération post mortem, enfin des matières minérales, parmi lesquelles prédomine le phosphate de potassium.

D'après Gorup-Besanez (3), le foie frais et normal ne renfermerait jamais de tyrosine ; et Meissner n’a trouvé que de la leucine, en forte proportion il est vrai mais sans tyrosine, dans le foie de poules soumises à un régime azoté très riche.

11 doit exister, entre la nucléine, la xanthine, l’hypoxanthine et la guanine du foie, des relations analogues à celles qui ont été mises en évidence dans l’étude du tissu musculaire.

Bases du foie.

On a trouvé, dans le foie, des bases alcaloïdiques.Ce sont la neuridine C1 2 3 * 5IluAz* et la saprine C5H“Az, découvertes par Brieger, et la $-mèthyltètramélhylèndiamine dont Oldach (4) a fait la synthèse. Plus récemment, Grandis (8) a découvert dans les noyaux des cellules du foie, une nouvelle base azotée cristallisablé répondant à la formule C5lI14Azs; cette hase, bien distincte de la neuridine, jouit de propriétés paralysantes sur les centres nerveux; son inventeur lui donne le nom de gèrontine, parce qu’elle est spéciale à l'âge avancé.

(1) Frerichs et Stœdeler, Mittheil. d. nat. Ges. in Zurich, juli 1855.

(2) Drechsel, Ber. d. Sachs. Ger. d. Wissensch., 1886.

(3) Gorup-Besanez, Chirn. physiol., trad. franç., I. Il, p. 211.

(■*) Oldach, Bericht. d. d. chem. Gcsellsch., t. XX, p. 1654.

(5) Grandis, Rendi compti d. R. Accad. dei Bincei, t. VI, p. 213 et 230 1890

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