‹ Encyclopédie chimique.Tome IX.- Applications de chimie organique. 2e section (volume 2)Chapitre 474 sur 722 · PHÉNOMÈNES DE NUTRITION DANS LE FOIE. 66D · texte numérisé non relu

PHÉNOMÈNES DE NUTRITION DANS LE FOIE. 66D

Quand nous étudierons l'origine de l'urée et de l’acide urique (voir Urine), nous verrons que le foie est l’un des foyers de production de l'urée qui s’y forme par la déshydratation du carbonate ammonique, produit d’oxvdation ultime des matières albuminoïdes [Schrôder (1), Salomon (2)], et que, d’après les expériences de Mmkowski (3), il semble que l’acide urique y prenne également naissance parla synthèse de l'ammoniaque avec l’acide lactique que l’on voit apparaître en grande quantité, dans l’urine, à la suite de l'extirpation du foie.

Ce fait, découvert d’abord par Marcuse chez les grenouilles, puis confirmé par Nebelthau (4), a été vérifié par Werther (5). Ce dernier a examiné l’ensemble desurines de deux séries de grenouilles, après tétanisation des muscles, les unes an nombre de 20 non privées de foie, les autres (44) sans foie; il y a dosé, à l’état de sel de zinc, 1 acide lactique qu’il a reconnu identique à l’acide des muscles ; voici d’ailleurs ses résultats :

Nature des grenouilles. Urine totale. Lactate de

extrait.

Sans foie. 291™

Avee foie. 467™

0sr,3883

Os',3379

Acide lactique p. 100™ d’urine.

bes grenouilles privées de foie, bien qu’en nombre double de celui des grenouilles normales, ont donné un volume d’urine beaucoup moindre, mais renfermant une proportion presque double d’acide lactique.

Enfin, le foie donne une sécrétion spéciale, la bile, dont on a étudié le rôle dans la digestion intestinale (p. 23b et suivantes).

Comme le fait remarquer justement Bunge (6), l’ensemble de ces faits est la preuve que, dans le foie, les phénomènes de nutrition donnent lieu à des transformations chimiques multiples et complexes dont il serait aussi utile qu’intéressant de connaître les procédés ; malheureusement les moyens directs nous font encore défaut, et les nombreuses analyses comparatives du sang de là veine porte et de la veine hépatique (7), faites dans le but de déterminer les modifications qu’éprouve le sang dans son passage à travers le parenchyme du foie, n ont donné que des différences si faibles qu’elles peuvent rentrer dans les limites des erreurs possibles. Ce résultat était d’ailleurs à prévoir, d’après la comparaison de la quantité énorme de sang qui traverse le foie et du faible volume de lymphe et de bile formé dans l’organe.

En somme, pour se rendre un compte aussi exact que possible des phénomènes intimes de la nutrition du foie, on est encore obligé de recourir à une méthode indirecte et d etudier séparément les conditions et les circonstances de la formation des divers principes qui appartiennent en propre au foie ou qui lui sont plus spéciaux.

(1) Schrôder, Zeitsch. f. Biol., t. IV, p. 364, 1868.

(2) Salomon, Virchow’s Archiv., t. LXXXXVII, p. 119, 1884.

(3) Minkowski, Arch. f. exper. Pathol, u. Pharm., t. XXI, p. II, 4886.

(4) Nebelthau, Zeitsch. f. Biol., t. XXV, p. 123-136.

(5) Werther, Pflüger's Archiv., t. XLVl’, p. 63-92.

(6) Bunge, Chim. biol., p. 329, 1891.

(7) Consulter à ce sujet : Flügge, Zeitsch. f. Biol., t. XIII, p. 133, 1877; et Drosdoff, Zeitsch f. phys. Chem., t. I, p. 233, 1877.

De ces principes, les uns nous sont connus, et leur histoire a été faite ailleurs tels par exemple les éléments de la bile, sels biliaires, pigments et cholestérine et les matières extractives azotées diverses. Nous ajouterons seulement ici quelques faits qui viennent compléter nos connaissances sur le mode de formation des éléments biliaires ; puis nous ferons l’étude approfondie de la glycogénie dans le foie, et nous dirons quelques mots des matières grasses et de la jécorine que l’on trouve dans le tissu hépatique.

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