‹ Encyclopédie chimique.Tome IX.- Applications de chimie organique. 2e section (volume 2)Chapitre 479 sur 722 · PKÉSENCE DU GLYCOGÈNE DANS LE FOIE · texte numérisé non relu

PKÉSENCE DU GLYCOGÈNE DANS LE FOIE

La richesse du foie en glycogène, toutes conditions physiologiques égales d’ailleurs, est en raison inverse de l’âge de l’individu; on en trouve une plus forte proportion chez les animaux jeunes que chez les animaux adultes ou plus âgés.

L’état de faiblesse, de maladie, la fièvre, la douleur amènent une diminution du glycogène dans le foie; ceci peut expliquer pourquoi le foie des cadavres humains morts d’affections diverses en est d’ordinaire totalement exempt, et comment il se forme en abondance chez les individus robustes, gras et bien nourris.

Pendant la période d’hibernation de la marmotte (1), la proportion de glycogène contenue dans le foie ne diminue que fort peu, à mesure que se prolonge l’état d’engourdissement de l’animal. Ce fait semble bizarre, mais on observe aussi que, chez les animaux éveillés, si la privation d’aliments entraîne une diminution du glycogène, cette diminution est fort lente (2). Ainsi après douze jours de jeûne, le foie des chiens en expérience contenait encore du glycogène (Heynsius) (3), et ce n’est qu'à partir du quatorzième au vingt et unième jour que le foie des animaux inanitiés complètement n’en renferme plus (Luchsinger) (4). Dans ces conditions, la piqûre du plancher du quatrième ventricule ne provoque plus l’apparition de la glucose dans les urines (Dock) (5).

Ce n'est que vers le printemps que le glycogène a complètement disparu du foie des grenouilles qui n’ont rien mangé pendant toute la durée de l’hiver.

Les animaux à sang chaud perdent, par l’inanition, beaucoup plus vite leur glycogène que les animaux à sang froid, et d’autant plus vite, qu’ils sont plus petits et qu'ils offrent une plus grande surface de refroidissement par rapport à leur volume (Luchsinger).

Les animaux dont la peau est enduite d’un vernis imperméable perdent rapidement le glycogène hépatique, par suite du refroidissement qu’ils éprouvent. Le glycogène reparaît dès qu’on réchauffe artificiellement l’animal.

De même, on peut amener, en quelques heures, la disparition du glycogène hépatique en refroidissant des lapins par des bains froids ou les plongeant dans une atmosphère à basse température [Külz (6), Bœhm et Hoffmann (7)J : ce qui prouve que le glycogène est à la fois une source de chaleur et d’énergie.

L’exercice poussé à ses dernières limites fait presque disparaître le glycogène du foie chez les chiens [(Ktilz (8), Luchsinger)].

11 résulte d’ailleurs des recherches de Wittisch (9), dont nous allons citer les

(1) Külz, Pflügcr’s Arch., t. XXIX, 1880.

(2) Voir, à ce sujet : De l’influence de l’inanition sur le glycogène du muscle et du foie, Aldchoff, Zeitsch. f. Biol., t. XXV, p. 137-162, 1889.

(3) Heynsius, Physiol. Chem, de Hoppe-Seyler, p. 709.

(4) Luchsinger, Dissert. Zurich, 1875, et Pflüger’s Archiv., t. XVIII, p. 472, 1878.

(5) Dock, Arch. f. Physiol., 1872, p. 571.

(6) Külz, Pflüger's Archiv., t. XXIV, p. 46, 1881.

(7) Bœhm et Hoffmann, Arch. f. exper. Path. u. Pharm., t. VIII, p. 295, 1878.

(8) Külz, Arch. f. exp. Pathol, u. Anat., t. III, p- 184.

(9) Wittisch, Centralbl. f. d. med. Wiss., 1875, p. H3.

résultats, que la proportion normale de glycogène qui se trouve dans le foie est en raison inverse de l’activité motrice de l’animal considéré :

Proportion de glycogène pour 100 de foie d’animaux divers (Wittisch).

Tanche . 11,7 à II 6

Carpe . 7,0 à 8,9

Sandre . 1,7

Brochet . 2,5 à 6,7

Anguille . traces

Emys eoropœa . 5,06

Grenouille d’hiver . 3,7 à 8 o

Pigeons on cage . 2,0 uj

Pigeons très fatigués . 1,1 à 1 1

Corneilles en cage . 3;4

Moineau libre . 4 4

Rats en cage . . o’iàO,6

D’après Konjikoff (1), l’absorption de composés arséniés, du nitrite d’amyle et du nitrobenzol, du curare et de la strychnine, d’après Demant (2), peut faire disparaître la matière glycogène presque complètement; il en est de même de la ligature du canal cholédoque; par contre, l'ingestion de l’arbutine, glucoside qui se dédouble dans l’organisme en glucose et hydroquinone (qui passe dans }es urines), donne lieu à une accumulation de glycogène.

La proportion de glycogène contenue dans le foie des mammifères est au maximum de 10 p. 100, de telle sorte que, chez l’homme, la glande hépatique qui pèse 1.500»' en moyenne, en renferme 150*' au plus; et, si l’on se rappelle qu’après un repas riche en hydrocarbonés le sang delà veine porte amène au foie en un temps relativement court, une quantité beaucoup plus considérable de produits sucrés, on est conduit it admettre qu’une notable partie du sucre provenant de la digestion traverse directement la glande pour aller se localiser à l’état de glycogène, dans d’autres organes, do telle sorte que le sang de la grande circulation conserve sa richesse constante en glucose.

Il semble que ce soit dans les muscles que s’accumule cette nouvelle provision d’amidon animal ; mais c’est toujours dans le foie que le glycogène se trouve en plus forte proportion, les muscles en contenant beaucoup moins et en quantité très variable suivant les espèces; ainsi, tandis que Bœhm (3) n’a trouvé que 1 p. 100 au maximum et souvent moins de 0,5 p. 100 de glycogène dans les muscles du chat, Aldehoff (4) en retirait de 1 à 2,4 p. 100 des muscles d'un cheval, après neuf jours de jeûne. Bœhm a observé en outre que, chez le chat la quantité absolue de glycogène contenue dans l’ensemble des muscles est à peu près égale à celle du foie; ce résultat est très important, surtout si l’expérience venait en montrer la généralisation.

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