Fermentations de l’urine
A l'état pathologique, par le repos au contact de l’air et quelquefois déjà dans la vessie, l’urine subit une décomposilion provoquée par des organismes végétaux apportés par l’air. La principale et la plus connue est la fermentation alcaline ou ammoniacale, pendant laquelle l’urée se transforme en carbonate ammonique, qui produit sur le liquide le mênje effet que l'addition du sel en nature, c’est-à-dire l’atténuation de la coloration et la précipitation des phosphates terreux normaux, de phosphate ammoniaco-magnésien, d’urate ammonique et d’oxalate de calcium.
L’urine peut encore subir trois autres fermentations: — 1° fermentation réductrice de l’acide nitrique qui est transformé en acide azoteux; — 2° fermentation sulfhydrique ; — 3° production d’acides gras volatils, et, en particulier, d’acide acétique, sans doute aux dépens des hydrocarbonés contenus dans l’urine. On connaît aujourd’hui les microbes occasionnels des deux premières fermentations, mais non celui qui détermine la formation d’acides gras.
Scherer et Lehmann (2) ont admis f existence d’une fermentation acide de l’urine qui se produirait dans les quelques jours qui précèdent l’apparition de la fermentation ammoniacale, et se traduirait par une augmentation de l’acidité urinaire. Voit et Hoffmann ont contesté l’exactitude du fait, et Rôhmann (3) a reconnu que l’augmentation de l’acidité de l’urine était une rare exception. Enfin, la théorie d’une fermentation urinaire acide a reçu un nouveau coup des recherches plus récentes de Salkowski (4).
L’urine contient encore d’autres ferments que ceux dont on vient de parler • ce sont des organismes microscopiques mobiles ou non, dont on ne connaît pas encore l’action ; l’urine sucrée renferme souvent des champignons en spores ou en filaments [saccharomyces).
Quand on veut recueillir de grandes quantités d’urine, il est nécessaire d’empêcher les fermentations en stérilisant le liquide par des réactifs appropriés. La plupart des résultats qui suivent résultent des expériences de Al. Muller (3) ;
Pour stériliser un litre d’urine, il faut lui ajouter les proportions suivantes des divers réactifs : acide chlorhydrique de D = 1,12 : 10 centimètres cubes-
(1) Ehrlich, Zeitsch. f. klin. Med., t. V, p. 285, 1882.
(2) Lehmann, Lehrbuch der physiol. Chem., 1853, t. Il, p. 356.
(3) Rohmann, Zeitsch. f. physiol. Ch., t. V, p. 94, 1881.
(4) Salkowski, Zeitsch. f. physiol. Ch., t. XIII, p. 264, 1889.
(5) Alei. Millier, Berichle d. chem. Gesellsch., t. XIX, ref. 257 1886
PROPRIÉTÉS GÉNÉRALES DE l’üRINE HUMAINE
acide oxalique b»r,S, acide acétique pur 6sr,3, chlorure de calcium Ssr,3, bichromate de potassium 5sr,7, azotate de plomb 6er,2, sulfure de carbone 2C°,S, éther 5 centimètres cubes, alcool 10 centimètres cubes, chloroforme 2C°,S, thymol 2 grammes (en solution alcoolique), phénol 1 gramme, chlorhydrate de quinoléine 2 grammes (Donath), acide salicylique 10 grammes.