‹ Encyclopédie chimique.Tome IX.- Applications de chimie organique. 2e section (volume 2)Chapitre 523 sur 722 · II. - COMPOSITION DE L’URINE HUMAINE · texte numérisé non relu

II. - COMPOSITION DE L’URINE HUMAINE

La composition de l’urine est extrêmement complexe ; l’urine normale peut être envisagée comme une solution aqueuse de divers corps acides et basiques minéraux et organiques, combinés entre eux, dont les principaux termes sont: d’un côté, la potasse, la soude, l’ammoniaque, la chaux, la magnésie, l’urée la créatinine et les bases xanthiques, de l’autre les acides chlorhydrique, pliosphorique, carbonique, sulfurique (ordinaire ou à l’état d’éthers sulfoconjugués) urique, oxalique, hippurique et autres acides aromatiques. A côté de ces corps groupés entre eux sous la forme de sels, suivant leur affinité relative et leur masse, se trouvent des matières colorantes et des traces de substances voisines du groupe des albuminoïdes et d’hydrocarbonés.

A l'état pathologique, l’on voit s’ajouter à ces parties constituantes normales l’une ou l’autre des substances suivantes, tantôt solubles dans l’urine : matières albuminoïdes, sucres, principes biliaires (sels et pigments), leucine, tyrosine acides organiques divers, matières alcaptoniques, acétone, matières colorantes anormales, etc., ou, au contraire, des éléments figurés tels que : globules du sang, de pus, produits sécrétés par la muqueuse des voies urinaires, cylindres rénaux, etc.

Les urines contiennent encore des produits spécifiques toxiques (leucomaïnes toxines), en proportion plus grande à l’état pathologique qu’à l’état normal.

Enfin, l’ingestion accidentelle de matières alimentaires non usuelles est suivie du passage, dans les urines, de ces matières non transformées ou de leurs produits de décomposition.

Bien que l’urée l’emporte en quantité sur tous les autres principes organiques contenus dans l’urine, ces dernières substances ont une grande importance malgré la très faible proportion de la plupart d’entre elles, en raison de leur qualité de produits de désassimilation résultant soit de phénomènes d’oxydation soit de dédoublements avec hydratation de matières premières beaucoup plus complexes, telles, par exemple, que les matières albuminoïdes.

On peut distribuer, comme l’a fait Hoppe Seyler le premier, les éléments constituants de l’urine, en quatre classes distinctes :

COMPOSITION DE l’üRINE HUMAINE

1° Corps azotés : urée, acide urique, créatine (?), créatinine, xanthine, hypoxanthine, liétéroxanthine, paraxanthine, épisarcine, guanine, allantoïne; acide oxalurique, acide sulfocyanique, acides uramiques, acide taurocarbamique ;

2° Corps de la série grasse : acides volatils de la série acétique, acide oxalique, •dérivés glycuroniques, acide lactique, acide succinique, acide pliosphoglycérique, glucose, cystine ;

3° Corps de la série aromatique : acide hippurique, acide phénacéturique, acides sulfoconjugués phénoliques (phénol, crésol, pyrocatéchine), de l'indoxyle et du skatoxyle, inosite ;

4° Corps minéraux : eau ; acides chlorhydrique, sulfurique, phospliorique, carbonique et silicique, combinés à la potasse, la soude, l’ammoniaque, la magnésie, la chaux, le fer, etc.

Dans une cinquième classe, on peut mettre les corps non sériés , tels que l’urobiline, la nucleo-albumine (ancienne mucine), les ptomaïnes, etc.

L’urine normale, de densité moyenne 1.020, renferme, par litre, de 40 à 44 grammes de principes fixes (Wurtz, A. Gautier), de 35 à 63 grammes d’après Thomas, parmi lesquels prédomine l’urée (25 à 36 grammes) et le chlorure de sodium (10 à 11 grammes). Voici, d’après A. Gautier (1), les proportions des éléments constituants de l’urine humaine.

Le même auteur met en parallèle, d'après les chiffres de Vogel et Kerner, la composition de l’urine, du plasma sanguin et du sérum de la lymphe, pour 100 centimètres cubes.

Composition de l’urine, du plasma du sang et du sérum lymphatique

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