‹ Encyclopédie chimique.Tome IX.- Applications de chimie organique. 2e section (volume 2)Chapitre 526 sur 722 · CH2.S02.0H CH2.S02.0H · texte numérisé non relu

CH2.S02.0H CH2.S02.0H

Taurine. Ac. cyanique. Ac. taurocarbamique.

En résumé, il paraît très plausible d’admettre que c’est par des phénomènes successifs ou concomitants de dédoublement et d’oxydation que l’urée prend naissance aux dépens des matières albuminoïdes ; mais il est encore impossible de préciser le procédé de cette oxydation. Et l’on a pu émettre à ce sujet trois hypothèses qui font dériver l’urée, en fin de compte, de trois produits d’oxydation différents, tous trois azotés, savoir : l’acide cyanique, l’acide carbamique et l'ammoniaque.

1° Salkowski (1) et H. Seyler(2) admettent la formation de l’urée grâce à la production, comme dernier dérivé par oxydation des matières protéiques, de Y acide cyanique dont deux molécules naissantes s'uniraient, avec élimination d’acide carbonique, suivant la formule que propose Salkowski :

20CAzH -f I120 = CO<^ + CO2 XAzH2

Ac. cyanique Eau. Urée.' Ac. carboniq.

L hypothèse de H. Seyler et de Salkowski est uniquement basée sur ce fait que la fusion potassique des matières albuminoïdes donne de l’acide cyanique qui devrait prendre naissance aussi dans l’économie pour expliquer la transformation des acides amidés (taurine) en uramides acides (acide taurocarbamique), lesquels passent dans les urines ; elle paraît peu s’accorder avec les conditions qui régissent les combustions dans notre organisme et qui ne sont rien moins que favorables à la production de l'acide cyanique par une simple oxydation.

2° Drechsel (3) a prétendu que l’urée provient de Y acide carbamique dont il a constaté la présence dans le sang. Après avoir constaté la formation d'acide carbamique dans l’oxydation du glycocolle en milieu alcalin, l’auteur conclut, de diverses recherches, que cet acide prend naissance partout où ont lieu les combustions de matières organiques azotées en milieu alcalin, et, plus généralement encore, partout où l’acide carbamique et l’ammoniaque se trouvent à l’état naissant :

/O.AzIl*

CO2 + 2AzH3 = CO<

\AzIl2

Carbamate d’ammonium.

(1) Salkowski, Zeitsch. f. physiol. Ch., 1. 1, p. 26, 1877.

(2) Hoppe-Seyler, Physiol. Chem., p. 809 et 810. 1881.

(3) Drechsel, Journ. f. prakt. Ch.,t. XVI, p. 180; et Physiol. Chem, de Hoppe -Seyler,

La formule suivante montre que la réaction de formation de l’urée aux dépens de ce carbamate d’ammonium serait une déshydratation :

.O.AzH-*

,Aztl2

\AzH2 xAzH2

Carbumatü uuimoniq. Urée.

La théorie de Dreclisel a été combattue par Hofmeister (i) qui a contesté la valeur du procédé employé pour caractériser l’acide carbamique. Mais, plus, récemment, Dreclisel (2) a démontré d’une manière indiscutable la présence de l’acide carbamique à l’état de sel calcique, dans l’urine fraîche du cheval; et il en conclut que les carnivores se distinguent des herbivores en ce que, chez eux, le carbamate ammopique devient urée par perle d’eau, tandis que, chez les herbivores, il est excrété sous sa forme primitive et contribue à l’alcalinité des urines. D’autre part, Abel et Muirliead (3) ont observé que l’ingestion d’eau de chaux à haute dose détermine, chez l’homme aussi bien que chez le chien, l'excrétion d’une urine alcaline qui se comporte comme une solution étendue de carbamate de calcium, c’est-à-dire dégage à l’air beaucoup d’acide carbonique et de l’ammoniaque, en même temps qu’il se précipite du carbonate de chaux, d’après, la formule :

(H2Az.C02)2Ca + H20 = CO2 + Azll3 4 + C03Ca

Dans ce cas, l’économie humaine et animale utilise l’acide carbamique qui y prend naissance, pour assurer l’excrétion de la chaux résorbée en excès.

3° Enfin, dans une dernière théorie plus généralement admise aujourd’hui et plus plausible, on dit que l’oxydation des produits azotés de l’organisme se poursuit, comme il est naturel, jusqu’à la production des deux termes ultimes,. aiide carbonique et ammoniaque, et que le carbonate d’ammonium en résultant donne l’urée par déshydratation.

Cette déshydratation ne soulève aucun argument sérieux contre sa réalisation pratique, puisque c’est de même façon que les peptones se retransforment en albumine à leur passage à travers la paroi du tube digestif, que les glucoses donnent naissance au glycogène du foie et des muscles, et qqe ces modifications chimiques ne peuvent tenir qu’à l’activité spéciale de certaines cellules de l’organisme animal. D’autre part, la présence de l’ammoniaque dans le sang (Hallerworden, Coranda, etc.) est démontrée, et l’on a réalisé au laboratoire la transformation du carbonate d’ammonium en urée.

Ivnieriem (4) a annoncé, le premier, que l’ingestion de chlorhydrate et de nitrate d’ammonium était suivie, chez le chien et chez l’homme, d’une augmentation

(1) Hofmeister, Pflüger's Arch., t. XII, p. 337, 1876.

(2) Drechsel, Du Bois Baymond's Arch., 1891, p. 236.

(3) Abel et Muirhead, Arch. f. exper. Palh.u. Pharm., t. XXXI, p. 13, 1892.

(4) Knieriem, Zeilsch. f. Biol., t. X, p. 263, 1874.

CRÉE

•de l’urée dans l'urine ; Salkowski (1) a vérifié le fait chez le lapin, mais non chez le chien, à moins cependant que, comme l’a fait Munk(2), on ne rende l'urine ■du chien alcaline comme celle du lapin, par une alimentation végétale, auquel cas le chlorhydrate d’ammonium ingéré passe, pour une notable partie, transformé en urée.

Dans ces conditions, on évite l’action nuisible à la production d’urée de l'acide -chlorhydrique (et des acides forts) qui, par sa grande affinité pour l'ammoniaque, l’empêche de se combiner à l'acide carbonique et détermine, chez l’homme et le chien, son excrétion en nature dans l’urine à l’état de chlorhydrate ammonique, ainsi que l’ont démontré Walter (3) et Coranda (4). Aussi Hallervorden (o), substituant le carbonate d’ammoniaque aux sels ammoniacaux ■à acides forts, a-t-il pu observer constamment, chez le chien, une augmentation correspondante do l'urée, ce qu'ont vérifié ensuite Feder et Voit (G).

On doit donc admettre l’augmentation de l'excrétion de l’urée après l’ingestion de sels ammoniacaux et surtout du carbonate.

Feder a prétendu que celte augmentation tenait non à une transformation des -sels ammoniacaux, mais à une exagération des phénomènes de désassimilation de l'albumine ; mais Salkowski, puis Feder lui-même et Voit (7) ont démontré •que l'ammoniaque ingéré à l'état salin servait pour une grande partie à la formation de l'urée. Et, d’ailleurs, Schmiedeberg (8) a constaté, dans l’urine du chien, la présence d'éthylurée après administration de carbonate d’éthylamine. Comment s’effectue cette transformation?

D’après Salkowski, la déshydratation du carbonate d’ammonium est peu plausible ; les faits lui semblent favorables à l’hypothèse de la production cyanique ■de l'urée en présence de l’ammoniaque, d’après la formule :

/AzH1 2

20CAzH 4- 2Azll3 4 * 6 7 = 2CO(

\\zll2

Ac. cyanique. Ammoniaq. Urée.

De cette discussion il résulte que l’urée est certainement le principal produit •de désassimilation des matières albuminoïdes, mais que nous en sommes toujours réduits à des hypothèses sur les corps intermédiaires desquels elle pourrait directement provenir; celle qui paraît le plus plausible repose sur la déshydratation du carbonate ammonique, sans que l'on puisse, d’ailleurs, refuser toute valeur à celles qui font provenir l’urée des amides-acides ou de l'acide «arbamique.

(1) Salkowski, Maly's Jahresb., t. VII, p. 222, 1877, et t. VIII, p. 169, 1878.

(2) Munk, Zeitsch. f. physiol. Chem., t. II, 1S77.

',3; Walter, Arch. f. exper. Path. u. Pharm., t. VII, p. 148, 1877.

(4) Coranda, Arch. f. exper. Path. u. Pliarm., t. XII. p. 76, 1880.

.(5) Hallervorden, Arch. f. exp. Path. u. Pliarm., t. X, p. 124, 1879.

(6) Feder et Voit, Zeitsch. f. Biol., t. XVI, p 177, 1880.

(7) Feder et Voit, Zeitsch. f. Biol., t. XVI, p. 177, 1880, et Maly's Jahresb. t. X, p. 231. <8) Schmiedeberg, Arch. f. exper. Pathol., t. VIII, P- 1-

Lieu de formation de l'urée

î/urée provenant de la désassimilation des principes azotés de l’organisme, il semblerait qu’elle doive prendre naissance dans tous les tissus en voie de désintégration et particulièrement dans les muscles qui forment 40 p. 100 du poids du corps entier, pour, de là, être recueillie par le sang et éliminée par les reinson trouve, en effet, de l’urée dans la lymphe.

Mais on a observé depuis longtemps que le tissu musculaire ne renferme pas plus d’urée que la proportion correspondante au sang qui l’irrigue (Déniant recherche sur 5 kilogrammes de muscles de cheval). Plus lard Sclirœder (l) à fait circuler du sang contenant du carbonate ammonique à travers le train postérieur d un chien tout récemment tué, et, malgré les mouvements spontanés observés dans les pattes de derrière, il n’a pas trouvé plus d urée, après 4 heures de circulation artérielle qu’au commencement de son expérience.

Enfin, tout récemment, Kaufmann (2) a démontré, par l’analyse du sang artériel et veineux du masséter du cheval en activité, que le lieu de formation de l’urée ne réside pas dans le muscle, les deux sangs contenant très sensiblement la même quantité d’urée. On est donc conduit à admettre, avec la plupart des physiologistes, que l’urée se produit dans un ou divers organes spéciaux, tels que le foie et la rate.

Hoppe Seyler (3) est le seul aujourd’hui qui semble encore soutenir la forma-tion de l’urée dans le rein. Il n’en est rien; car la ligature des uretères, mais surtout l’extirpation des reins, déterminent l’accumulation de l’urée dans le san" et les divers organes (Voit, Meissner, Gréhant, Schrœder), et n’empêchent pas la transformation en urée d’un sel ammoniacal ingéré (Schrœder) ; de plus la néphrotomie unilatérale, bien que diminuant de moitié la surface de l’organe d’excrétion, n’exerce aucune influence sur la quantité d’urée qui est éliminée en totalité par le rein conservé (llosenstein). Enfin, la circulation artificielle dans un rein extirpé, de sang additionné de carbonate d’ammoniaque, n’augmente pas la proportion d’urée contenue dans le sang primitif (Schrœder) (4).

En se basant sur les expériences de Gsclieidlen qui a trouvé plus durée dans la rate que dans le sang, et celles de Gréhant et Quinquaud(o) qui ont démontré que le sang de la veine splénique contient plus d’urée que celui de l’artère correspondante, il semble qu’on ne puisse refuser à la rate un certain rôle dans la production de l’urée.

Heynsius et Ivuthe ont émis, les premiers, l’opinion que le lieu principal de formation de l’urée devait siéger dans le foie ; Meissner (6) a fait observer que, dans l'atrophie jaune aiguë du foie, l’urée disparaissait de l’urine, remplacée par la leucine et la tyrosine. Stolnilcow a constaté que l’électrisation du foie, chez

(1) Schrœder, Arch.f. exper. Path. u. Pharm.,t. XV, p. 364, 1882, et t. XIX

(2) Kaufmann, C. R. Soc. de Biol., 2 mars 1895.

(3) Hoppe-Seyler, Physiol. Chem., p. 902.

(4) Schrœder. loc. cit.

(5) Gréhant et Quinquaud, Journ. de l’Anat., 1884.

(6) Meissner, Zeitsch. f. rationn. Medi-.., N. S., t. XXXI, p, 234.

URÉE

1 homme et le chien, était suivie d’une augmentation d'urée dans l’urine, et que l’urée prenait encore naissance, sous la même excitation, dans un mélange de foie frais haché et de sang défibriné.

Hallervorden (1) et Stadelmann (2) ont démontré que, dans la cirrhose interstitielle avec atrophie des cellules hépatiques, en même temps qu’on observe une diminution de l’urée, on trouve dans l’urine une augmentation des sels ammoniacaux, de telle sorte que si l’homme sain sécrète dans les 24 heures 0Kr,4 à 0sr,9 d ammoniaque, on en trouve jusqu’à 2®r,3 dans la cirrhose hépatique. Des faits analogues ont été observés par Stôqvist (3) dans la cirrhose atrophique ou hypertrophique, dans l’intoxication phosphorée aiguë, dans la plupart des tumeurs du foie, et Weintraud (4) a démontré que, dans la cirrhose du foie suffisamment avancée, les sels ammoniacaux ingérés (citrate) ne ‘sont plus transformés en urée.

Schrœder (a), en faisant circuler à travers le foie vivant du sang contenant du carbonate d ammoniaque et introduit par la veine porte, a trouvé dans le sang sortant du foie une plus forte proportion d’urée.

Enfin, par une série de dosages comparatifs de l’urée dans le sang artériel et veineux, dans le sang avant et après l’isolement du foie et du rein, dans les divers tissus des animaux tués par hémorrhagie, Kauflinann (6) a été amené à conclure que, si la formation de l'urée appartient à tous les tissus, le foie en est le foyer le plus actif chez l’animal à jeun.

Toutes ces observations et expériences, et le fait que le foie est un foyer de désassimilation très active, conduisent évidemment à admettre que l'urée se forme dans le foie (7) ; mais la persistance du chiffre élevé d'urée dans 1 urine de certains cas de dégénérescence phosphorée où il atteint encore 83 p. 100 du chiffre normal, ou de cirrhose atrophique (84,6 p. 100), semble indiquer, suivant Stôqvist, que le foie n’est pas le seul, ni même le plus important organe de production de l’urée dans l’économie humaine.

Pour A. Gautier (8), le mécanisme de la formation de l’urée consiste en une véritable fermentation anaérobie produisant le dédoublement par hydratation des matières azotées amenées par le sang au foie, et siégeant dans la partie protoplasmique des cellules hépatiques. Ce dédoublement anaérobie, d'ailleurs commun au protoplasma de la plupart des cellules de l’organisme, donne naissance non seulement à l’urée, mais aussi à des éléments très réducteurs et très toxiques comme les toxines, les matières extractives, les ptomaïnes, les matières colorantes. A 1 exception de l’urée et des corps azotés correspondants directement éliminés par les urines, les produits de la désintégration directe des

(t) Hallervorden, Arch. f. exper. Palh. u. Pharm., t. XII, p. 237, 1880.

(2) Stadelmann, Deuetch. Arch. f.klin. Med., t. XXXIII, p. 326, 1883.

(3) Stôqvist, Jabr. f. Thierch. t. XXII, p. 206, 1892.

(4) Weintraud, Arch. f. exp. Pathol, u. Pharm., t. XXXI, p. 30, 1892. (3) Schrœder, Arch. f. exper. Path. t, XIX, p. 373, 1883.

ivduumann, L. Ji. Acad, des Sc., t. CXV11I, p. 937, 1894.

(7) Il y a lieu de mentionner l’idée émise par Edlefsen (D. Archiv f. hlm. Med. t. XXIX, p. 432) que la destruction de l'hémoglobine des globules rouges du sang serait 1 un des principaux facteurs de l’urée fabriquée dans le foie.

(8) A. Gautier, C. R. Acad, des Sciences, t. CXV1II, p. 902, 1894.

matières protéiques, dans le protoplasma anaérobie (lr0 phase), sont ensuite soumis à l'oxydation (2e phase) dans la partie périphérique des cellules. L'auteur base sa théorie sur l'observation de Richet que le foie fraîchement pris sur un animal vivant, outre qu'il jouit de propriétés réductrices démontrées par les réactions colorées d’Ehrlich, continue pendant cinq à six heures à fabriquer de l’urée, alors même qu'il est préservé sous une couche de paraffine fondue du contact de l’air, et sur la présence de l’hydrogène libre dans les gaz extraits par Gréhant des vaisseaux d'animaux sains.

La théorie de Gautier trouve encore un appui en Drechsel (1) qui, se basant sur la formation de l'urée caractérisée chimiquement, par un processus de dédoublement hydrolytique de la caséine traitée par l'acide chlorhydrique et le chlorure de zinc, suivant la méthode de Hlasiwetz et Habermann, calcule que, dans l’organisme, 100 parties d’albumine peuvent donner par simple dédoublement sans oxydation 3,8 parties d urée sur les 34,3 d’urée totale qu'elle fournit; mais il n’en reste pas moins 8/9 qui résultent de processus d’oxydation successifs.

Élimination de l’urée

Après sa formation dans l’organisme, et quel que soit le lieu où elle prenne naissance, l’urée est recueillie par le sang veineux, transportée jusqu’aux reins excrétée par l’épithélium des canalicules et, en particulier, des canaux contournés, entraînée par le courant liquide qui sort des glomérules, et, enfin, excrétée avec l'urine. On a prétendu que, dans certains cas pathologiques, tels que l’urémie, le choléra, elle éprouvait une transformation partielle dans le sang en carbonate d’ammonium. Après ce que nous avons vu de l’origine de l'urée il semble que c'est l’inverse qui a lieu, c'est-à-dire une non-transformation du Lel ammoniacal en urée.

L’obstruction des reins (néphrites, ligature des uretères) ou leur extirpation (néphrotomie) est rapidement suivie des accidents caractéristiques de I’urémie : coma, délire, vomissements, crampes, accidents d'éclampsie etc On les a attribués tout d’abord à la rétention de l’urée (Gallois, Hammond Picard, etc.,); mais Feltz et Ritter ont montré qu’ils étaient dus à l’ammoniaque et non à l’urée chimiquement pure; puis Gréhant et Quinquaud n’ont observé d'accidents qu’après injection veineuse de quantités très fortes d’urée (3 grammes par kilogramme chez le chien). D’ailleurs, on ne peut invoquer la rétention de l’urée chez les oiseaux, qui sont cependant sujets à des accidents urémiques

On a prétexté aussi la présence du carbonate d’ammonium qui proviendrait de l’hydratation de l’urée dans le sang (Frerichs) ; mais, outre que cette transformation ne se produit pas dans le sang, et seulement dans les sérosités intes finales (Feltz et Ritter) qui contiennent alors de l’urée, les accidents de l'ammoniémie se distinguent de ceux de l'urémie par l’absence de coma et la pré dominance des phénomènes d’excitation (Oppler, Munk).

Feltz et Ritter, dans leurs recherches sur l'urémie experimentale, ont attribué

(1) Drechsel, Ber. d. deutsch. chem. Gesellsch., t. XXIII, p. 3096, 1890.

URÉE

les accidents à la rétention des sels de potassium. Puis on a fait intervenir l'acide urique, la créatinine, les matières xanthiques, etc., sans que l'expérience ait pu leur attribuer un rôle bien net.

Il semble donc que les accidents de l'urémie sont sous la dépendance d’un ■ensemble d’éléments urinaires dont il est encore impossible de distinguer exactement l’action pour chacun d'eux; mais nous verrons que, parmi ces éléments, ies leucomaïnes physiologiques paraissent jouer le principal rôle.

Variations physiologiques de l’urée

L’étude des variations de l’urée dans les urines roulève immédiatement une objection capitale relativement aux procédés de dosage employés, les réactions utilisées pouvant encore se produire avec des éléments autres que l’urée, de telle sorte que, pour avoir une valeur absolue, une semblable discussion ne devrait porter que sur des chiffres réellement comparables, c'est-à-dire obtenus par une méthode d analyse identique (1), ce qui, malheureusement, n’est pas souvent le cas, même pour un observateur déterminé.

Les causes sont multiples de ces variations et peuvent être : le sexe, l’âge, le volume de I excrétion, l’alimentation, l’état de repos ou de mouvement, la température extérieure, etc.

1° Influence du sexe et de l’âge. — En poids absolu, l’excrétion de l’urée des 24 heures est plus grande chez l’homme que chez la femme (2), et chez celle-ci que chez 1 enfant ; au contraire, rapportée à l'unité de poids du corps, elle est plus considérable chez l'enfant que chez l’adulte.

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