‹ Encyclopédie chimique.Tome IX.- Applications de chimie organique. 2e section (volume 2)Chapitre 529 sur 722 · QUANTITÉS MOYENNES D'URÉE EXCRÉTÉES EN 24 HEURES · texte numérisé non relu

QUANTITÉS MOYENNES D'URÉE EXCRÉTÉES EN 24 HEURES

Six jours avant la marche . 39&r,76 à 52&r,00

Six jours de marche . 6i ,99 à 81 ,40

Six jours après la marche . 58 ,00 à 40 ,00

Il faut tenir compte, dans le calcul de l’augmentation de l’urée pendant la marche, que le coureur a reçu une alimentation azotée plus abondante.

Ivellner (3) a montré que l'excrétion d’urée, augmentée considérablement par un travail excessif, est notablement amoindrie, de façon à ne plus guère dépasser la normale, par une abondante alimentation hydrocarbonée qui préserve la substance musculaire azotée de l'oxydation en fournissant aux organes l’aliment combustible nécessaire à la production de la chaleur et de la force.

Thomas dit que, chez l'homme, l’excrétion d’urée doit être plus forte pendant la nuit. Suivant Laehr (4), le repos au lit augmente un peu l’excrétion, tandis que le sommeil la diminue facilement.

6° Influence du travail intellectuel. — Le travail cérébral augmente un peu la quantité d’urée (Byasson, Gamgee, Paton), tandis que le repos absolu de l'esprit la diminuerait; ces conclusions n'ont pas été vérifiées par Speck.

7° Influence de la température. — Ivnaupp prétend que l’élévation de la tem pérature de l'air amène une diminution de l'urée; cela tient, sans doute à l'au" mentation de la transpiration cutanée qui amène une diminution correspondante dans le volume de l'urine. En effet, Naunyn et Schleieh ont observé que l’élévation de la température du corps par les bains chauds, activant sans doute la destruction des principes azotés des tissus, détermine une augmentation notable de l'urée, encore appréciable trois jours après le bain ; il en est de même après les bains de vapeur (Frey et Heiligentlial).

3° Influence de certaines substances alimentaires ou médicamenteuses On

a prétendu que le thé, le café, le vin et la bière ralentissent les oxydations interne et diminuent, par suite, la quantité d'urée excrétée chaque jour. Les expérience de Rabuteau à ce sujet ont été contredites déjà par lui-même, puis par Voit

(1) Pavy et Flint, Jahresb. f. Thierch., 1876, p. 243.

(2) Argutinsky, Pfîüger's Archiv , 1889, t. XCVI.

(3) Kellner, Landwirthsch. Jahrh., 1879, p. 701 ; et 1880, p. 1 et 651.

(4) Laehr, Allgern. Zeitschr. f. Psyçh. t. XLVI, p. 286.

CRÉE

Falk et Lehmann, qui n'ont pu constater de diminution après l’usage du café, du the, et du vin. Cependant A. Gautier dit que le café diminue un peu l’excrétion de l’urée, mais augmente celle de l’acide urique; d’après Roux, l’urée diminuerait, alors que Oppenheim, Fubini et autres prétendent qu’il y a augmentation. L action de la caféine reste donc encore controversée.

La quantité d unÉE contenue dans les urines est accrue après l’absorption du chlorhydrate de morphine, de codéine, narcéine, narcotine, thcbaine, jpapavérinc,. c est-à-dire des opiacés, à la dose de 0*r,01 (Fubini), de la pilocarpine, du cubèbe, de la cantharidine, du chloral (Peiser), du glycocollc, de Y acide urique, de la leucine, des sels ammoniacaux, du borax (Gruber), des sels potassiques [ Dehn),. des alcalins, du carbonate de lithinc (Gorsky), d’une façon générale des corps à action diurétique tels que : l'eau ingérée en quantité abondante, le chlorure de sodium (Voit), le carbonate de soude (Mayer), le chlorate d’ammonium (Feder), le protoxyde d azote (Ritter), le tartratc ammonique (Axenfeld), Y urée, l'injection deglucose sous-cutanée ou intra-veineuse (Moutard-Martin et Richet), enfin la digitale (Kobler).

Alors que les inhalations d’oxygène pur seraient sans influence (Ivrafft) (1),

1 air comprimé à 2 atmosphères, respiré pendant plusieurs heures, provoquerait une augmentation de l’urée (Hadra) (2); mais Frankel (3) n’a rien observé chez le chien. La faradisation et la galvanisation de la région hépatique donnent,, d apres Siegnst (4), un accroissement dans l’excrétion de l'urée, qu'a confirmé Walter, mais que Sânger a contesté. Lehr (5) a constaté une augmentation de 3Br,2 d urée par jour, après application de bains faradiques dipolaires, tandis que le bain faradique unipolaire agit comme le bain frais.

Le quinine et le salicylate de sodium augmentent légèrement l'excrétion de 1 urée, le jour de leur administration, par suite d’un abaissement de la température fébrile (Bauer et Künstle) (6), dont l’effet est analogue à celui des bains frais et, d une façon générale, à celui de toute diminution de la température du corps, laquelle détermine une augmentation dans la décomposition des matières albuminoïdes de l’économie (Fleischer et Penzoldt (7); mais Sassetzki (8) conteste tous ces résultats et soutient que les bains frais, aussi bien que la quinine et le salicylate, déterminent une diminution dans l’excrétion des matériaux azotés et des phosphates de l’urine. Cependant, Lecorché et Talamon (9) ont reconnu l’hypersécrétion d’urée sous l’influence du salicylate de soude, dans les 24 premières heures de son application à un cas de rhumatisme aigu se prolongeant pendant trois ou quatre jours ; Yirchov, qui opine dans-

(1) Krafft, Forschr. d. Med., 1889, t. XX. p. 776.

(2) Hadra. Zeitsch. f. klin. Med., t. 1, p. 109.

(3) Frankel, Zeitsch. f. klin. Med., t. II, p. 56.

(4) Siegrist, Petersb. med. Wochensch., 1880, n" 12.

(5) Lehr, Archiv f. Psych , t. XX, p. 433.

(6) Bauer et Künstle, D. Archiv f. klin. Med., t. XXIV, p. 63.

(71 Fleischer et Pensoldt, Virchov's Archiv, t. LXXXV1I, p. 210, et Biol. Centralbl., t. XVI. p. 507, 1882.

(8) Sassetzki, Virchov's Archiv, t. XC1V, p. 3.

(9) Lecorché et Talamon, Rev. mens, de Méd. et Chir., t. IV, p. 177.

le même sens, a montré que le benzoate de soude est moins actif que le salicylate. L’action de ces médicaments et d’autres encore, qui activent la sécrétion biliaire en même temps qu'ils augmentent l’excrétion de l’urée, serait due d’après les recherches expérimentales de Noël-Paton (i) à une destruction plus considérable des globules rouges.

La respiration dans l'air raréfié provoquerait une augmentation d’urée momentanée, d'après Frankel, et consécutive à la création d’un état dyspnéique qui disparaîtrait en quelques jours, par suite d’une suractivité dans la respiration musculaire et d’une amplification consécutive des poumons, avec retour à l’excrétion normale de l’urée.

La proportion' d’urée diminue dans les urines après l'ingestion de glycérine (Catillon), de hautes doses d'acétate de soude, phosphate de sodium, sulfate de sodium, consécutivement à une diminution dans la décomposition des substances protéiques (Mayer), des iodures alcalins par suite d'un trouble apporté à l’assimilation de l’albumine circulante (Fiori et Fubini), des bromures alcalins, de la saccharine (Rey) (2), de l'arsenic, du phosphore, des antimoniaux, de la digitale de la coca, de l 'alcool, de l 'éther, de l’essence de thérébenthine, de l'hydrate d’amylène qui, comme hypnotique, doit être préféré au chloral dans les maladies fébriles, la phtisie, le diabète, etc., quand on ne veut pas augmenter la perte déjà grande de l'azote urinaire (Peiser) (3).

De toutes les substances qui agissent sur la sécrétion de l’urée, la plus intéressante peut-être aujourd’hui est laspenmne de Poeld (1), qui existe, d’ailleurs dans la plupart des glandes et des tissus de l’organisme, et dont l'ingestion ou l’injection sous-cutanée, dans des conditions d’alcalescence convenable du san» agit par action catalytique en donnant aux globules sanguins la propriété de porter leur oxygène actif sur les tissus ou sur leurs produits de dédoublement. Elle provoque ou suractive ainsi l’oxydation de ces produits, leucomaïnes créatiniques et xantliiques de Gautier, toxines, etc., en atténuant ou supprimant par conséquent, leur action nocive sur l’organisme, mais, et c’est là ce qui nous intéresse surtout ici, en les simplifiant et les rendant propres à traverser les reins c’est-à-dire en les transformant en urée. Sous l’influence de la spermine active' il y a donc augmentation d’urée manifestée par ce fait que le coefficient d'oxydation, ou rapport de l’azote total urinaire à l’azote de l’urée seule, lequel, dans les conditions normales, est de ÿg~^ mais peut descendre à l’état pathologique jusqu’à — , se rapproche à l’état pathologique de la valeur physiologique et à l’état normal tend vers l’unité, preuve de l’augmentation de l’urée qui représente alors à elle seule la presque totalité de l’excrétion azotée.

Quand l’alcalinité du sang diminue, la spermine normalement contenue dans l’économie devient inactive en se transformant en phosphate de spermine' les oxydations se ralentissent, les produits de dédoublement de la molécule albu

(1) Noël-Paton, Jahresb. f. Thierch., t. XVII, p. 197, 1887.

(2) Peiser, Forsch. de Med., t.XI, p. 1, 1893.

(3) Poehl, C. R. de l’Ac. des Sc., t. CV, p. 129 et 318, 1892, et Zeitsch f klin

t. XXVI, fascic. 1 et 2, 1884. /- ed">

URÉE

minoïde s’amoncellent dans le corps et y produisent des désordres caractéristiques, et le coefficient d’oxydation diminue, l’azote de l’urée S'écartant de plus en plus de l’azote urinaire total. C’est ce qui arrive particulièrement dans les cas où le tissu nerveux irrité déverse dans le sang des produits de décomposition acides, spécialement l’acide phosphorique qui concourt à la fois à diminuer l’alcalinité des liquides physiologiques et, d’autre part, à la précipitation de la spermine sous la forme de phosphate inactif. Ces résultats sont d’accord avecla vie anaérobie des tissus mous, telle que A. Gautier l’a établie (1).

En résumé, par l’injection de spermine avec ingestion d’alcalis pour modifier la réaction des milieux : suractivité des phénomènes d’oxydation, augmentation de l’urée, diminution des produits secondaires, toxines, leucomaïnes, rapprochement du coefficient d’oxydation de l'unité. Au contraire, par suite de la diminution de 1 alcalinité du sang : précipitation et inactivité de la spermine normale, diminution des oxydations et de l’urée, augmentation des leucomaïnes et toxines avec leurs conséquences pathologiques, écart plus ou moins considérable du coefficient d’oxydation de l’unité.

Variations pathologiques de l’urée

C’est surtout à l’état pathologique que l’on observe les modifications les plus considérables dans les chiffres de l’excrétion de l’urée, soit qu’ils dépassent de beaucoup la normale, soit qu’ils lui soient inférieurs.

L’urée contenue dans l’urine augmente :

t° Dans les maladies fébriles. — L'appréciation des variations que peut subir 1 excrétion de 1 urée soulève une objection d'une importance capitale ; il ne suffit pas, pour y arriver, d’effectuer le dosage de l’urée que contiennent les urines de 24 heures, et de comparer le résultat avec les chiffres moyens qui concernent 1 individu sain ; il faut absolument tenir compte de la proportion d’azote contenue dans les aliments, et voir s’il y a excédent ou diminution dans l’azote urinaire par rapport à celui des ingesta. Or, dans les cas de fièvre, l’alimentation est considérablement réduite, quelquefois presque nulle. C’est en observant cette règle que 1 on a confirmé l’exactitude des conclusions de Vogel et autres sur 1 augmentation constante de l’urée dans la fièvre, augmentation que de Renzi chiffre à un maximum de un quart, que Liebermeister et d’autres font monter jusqu à un tiers et même deux tiers, de sorte que l’excrétion atteindrait le double de la normale si l’appétit était conservé et l’alimentation maintenue au taux habituel. Il n'y a rien d’extraordinaire à trouver jusqu a SO grammes d urée au summum de la fièvre, dans une maladie aiguë.

Quelle est la cause de 1 augmentation de l’urée dans la fièvre? On l’a cherchée dans 1 élévation anormale de la température générale du corps. Schleich (2) ayant observé que réchauffement artificiel est suivi d’une augmentation notable des produits de décomposition d’origine azotée, il semble qu’on puisse en inférer que 1 excrétion d’urée doit croître parallèlement au degré de la fièvre.

(1) A. Gautier, Arch. de physiol. de Broum-Sequard, janvier 1893.

(2) Schleich, Arch. f. exp. Pathol., 1873, t. IV, p. 82.

Huppert (1) n’a pas toujours vérifié l’exactitude de cette hypothèse. Un maladedébilité avant l’invasion de l'affection fébrile peut, malgré une fièvre intense, ne rejeter que peu durée, tandis que celle-ci peut être en augmentation notable dans une fièvre plus légère, surtout avec accompagnement -de sueurs très abondantes qui diminuent le volume des urines. Si, au début de l’affection, l’excrétion d’urée a été plus faible que ne semblerait le comporter l’élévation de la température, elle monte et atteint toute soi) amplitude les jours suivants; puis la période de défervescence survenant, elle peut encore augmenter, parfois même au-delà de la quantité maximum excrétée pendant la fièvre. Cette augmentation finale se prolonge deux à trois jours au plus, et se montre surtout dans les. maladies que termine une chute critique de température (excrétion épicritique ), Mais poursuivons : souvent on observe une augmentation considérable durée avant le frisson de la fièvre intermittente (Sidney-Ringer), tandis que, dans la phtisie aiguë, la quantité d’urée croît d’abord avec la température. Dans la fièvre intermittente tertiaire, l’augmentation durée se produit dans l’apyrexie et non dans les accès (Frankel). Enfin A’aunyn, injectant du pus chez des chiens, a constaté une augmentation d’urée préfébrile provoquée sans doute par l’action toxique des éléments du pus sur des cellules organiques dans lesquelles elle détermine, avant l’apparition de la fièvre, une plus forte destruction des albuminoïdes. Ce n’est donc pas par elle-même que la chaleur fébrile, manifestée par l’élévation de température, détermine l’hypersécrétion de l’urée.

Au lieu d’être une cause déterminante, cette chaleur n’est qu’un effet de la combustion d'une quantité plus considérable des matières protéiques de l’orga nisme animal provoquée par la fièvre, de telle sorte que, malgré la diminution très sensible de l’albumine circulante qu’une alimentation faible ou nulle ne vient pas remplacer, les éléments azotés urinaires n’en subissent pas moins une augmentation.

L’excrétion épicritique de l’urée provient donc des produits de déchets de l’organisme, considérablement augmentés par la fièvre ; mais les auteurs sont loin d’être d’accord sur la cause de cette dissimulation momentanée de l’urée produite pendant la fièvre. Les uns voient là une rétention dans l’économie de l’urée et des produits qui y aboutissent (Huppert, Riesenfeld, Unrich) ; d’autrea l’attribuent à la destruction imparfaite de l’albumine circulante (Schultzen Bauer et Kunstle), ou à un trouble dans la fonction rénale (Frankel). Scholze' qui a constaté que la fièvre entrave l’excrétion de l’iodure de potassium, en conclut que la partie de l’albumine circulante qui prend sa source dans les tissus, soumis à une active dépression fébrile, et qui n’est pas sur-le-champ brûlée et transformée en urée, est la première excrétée après la fièvre, par suite de la fin delà décomposition des cellules et du retour des reins à leur fonctionnement normal.

Dans le courant d’une maladie fébrile, l’excrétion de l’urée ne varie pas tou jours proportionnellement à la température ; ainsi on constate une augmenta tion d’urée au moment où la température diminue, dans le cancer, le diabète ]a goutte,- le rhumatisme (Wood et Marshall) (2).

(1) Huppert., Arch. d. Heillcr., t. VII, p. I.

(2) Wood et Marshall, Cehtralbl: f. U. med. Wiss. 1891, p. 572.

URÉE

- ans un certain nombre de maladies apyrétiques, au premier rang desquelles se place le diabète sucré, où l’on voit le chiffre de l’urée' monter quelquefois à plus de 100 grammes dans les 24 heures ; cette énorme augmentation doit être attribuée moins à une alimentation azotée surabondante qu’à une destruction p us considérable des matières protéiques des tissus du malade, ce qui expliqui 1 amaigrissement si fréquent dans Vazoturie, où elle diminue dès l’apparitioi de la période cachectique.

3° Parmi les maladies du foie, on trouve une augmentation durée dans h congestion (Thomas, Brouardel), ce que conteste Kelscli ; l’atrophie jauni aigue serait la seule qui provoquerait une diminution d’urée (Frerichs), hier que Rosenstein ait constaté une augmentation dans un cas analogue.

4° Dans les affections des organes respiratoires, la dyspnée apportant un obs Uicle a la circulation de l’oxygène provoque une destruction plus considérable des tissus et, conséquemment, une augmentation durée (Frankel) (i ) • aussi est-ce quand la dyspnée vient de disparaître, un jour après la crise, que l'on observe

T'® danS k Pncumonie (Scheube), maximum complètement iodépendant de la résorption de l’exsudât (Frankel)

rKonZtZ S,eUle’ SdnS traVaÜ oculaire dyspnéique, réalisée sur le

j . W P£U> * eischer et Penzoldt (2), produit une diminution de l'urée pendant 1 expérience et, ensuite, une augmentation assez grande pour nue le

FxL^atnflrméadUiSe U“e auSmenlati°n, résultat définitif que

u,mXu;r;i:t;eSzer^ qUi 10 SUiVent’ les précédents auteurs ont constaté une élimination d urée également plus considérable ; ce résultat très intéressant

Encore u^d r U" “i' iUVerSeS aUX Précédents> rexcès d'oxygène provoque encore une destruction plus intense des matériaux albuminoïdes de l’économie 5» La congestion des reins augmente l’urée de 5 p. 100 (Bartels).

6o Parmi les maladies générales, les cas graves seulement de leucémie, ainsi que d autres maludiescachecl^ues^éterminen1 une augmentation d’urée (Fleischer

et I enzoldt) ; il en est de même dans le scorbut (Hohlfeld), ainsi que dans les anémies a aggravation rapide, particulièrement l'anémie pernicieuse progressive dont un cas onna a Eiclihorst plus de 30 grammes d’urée en 24 heures. Malgré l'ingestion d une faible quantité d’aliments azotés, l’urée augmente d’une façon de^alhnm6 T* Ume’ par suite d’un accroissement dans la décomposition C°mme BaUCr(3) la COnStaté «^mentalement à la

7 On a constaté que certaines affections nerveuses, et surtout celles qui sont accompagnées d accès d’agitation plus ou moins accentuée, déterminent une superexcie ion urée , il en est ainsi dans les accès de la chorée infantile (de Renzi) dans la paralysie agitante (Mossé et Barrai), après les accès d’épilepsie (Gilles de la Tourette).

Apres les cas d'hystéro-épilepsie de 24 heures de durée, l’urée diminuerait sui-

e diminution d’urée (Frerichs), bien ion dans un cas analogue.

foires, la dyspnée apportant un obse une destruction plus considérable ation durée (Frankel) (1 ) ; aussi est-ce

il musculaire dyspnéique, réalisée sur le (2), produit une diminution de l’urée igmentation assez grande pour que le e augmentation, résultat définitif que

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a0Hiuion plus ou moins accentuée, déterminent une 1 en est ainsi dans les accès de la chorée infantile (de ° agitante (Mossé et Barrai), après les accès d’épilepsie

(1) Frankel, Virchov's Archiv, t. LX p 1

(2) Fleischer et Penzoldt, Virchov’s Archiv

(3) Bauer, Zeitsch. f. Biol., t. VIII, p. 567.’

EXCVCLOP. C1I1M.

752 ENCYCLOPÉDIE CHIMIQL'E. — GARNIER

vant Gilles de la Tourette et Chatelineau, tandis que, d’après Lépine et Mairet, elle augmente.

Turner a trouvé, en examinant un grand nombre d’affections cérébrales diverses, l’urée augmentée dans 48 cas, diminuée 25 fois, enfin 11 fois seulement normale.

8° Pendant Y agonie, on a constaté une augmentation d’urée que Oppenlieim (1) explique par l'élimination rénale persistante des produits de décomposition des divers tissus qui meurent plus vile que le système circulatoire et les organes d’excrétion.

9° Les injections de sérum antidiphtérique produisent constamment une hypeiazoturie dans les 24 heures suivantes; le chiffre de l’urée atteint fréquemment le double de sa valeur avant le traitement ; cette augmentation ne correspondant ni à une modification thermique, ni à une modification du régime alimentaire, doit être mise sur le compte de la sérothérapie (Mongour) (2). La spermine agit de la même manière, pourvu que le sang possède une alcalinité suffisante, et rapproche le coefficient d’oxydation, ou rapport de l’azote de l’urée à l’azote total de l’urine, de l’unité (voir p. 748). En ce cas, l’urée résulte de l’oxydation suractivée des corps xantho-uriques, laquelle exige un certain degré d'alcalescence du sang, au-dessous duquel la spermine, se précipitant à l’état de phosphate insoluble, laisse les leucomaïnes xantho-créatiniques et l’acide urique s'accumuler, tandis que le chiffre de l’urée diminue (Alexandre van Poehl) (3). L’analogie d'action de la spermine et du sérum antidiphtérique n’a rien d’étonnant, si l’on rappelle que, suivant Poehl, tous les liquides séro-lhérapiques doivent à la présence de la spermine, normalement répandue dans tout l’organisme et dans le sang, une action identique sur le chiffre de l’urée dont ils déterminent l’augmentation.

10° La décomposition des éléments albuminoïdes des tissus et, par suite, la production durée se trouvent encore suractivées par certaines intoxications : l’empoisonnement phosphoré se manifeste par une sécrétion d'urée trois à quatre fois plus considérable [Bauer (4), Frankel et Rôhmann (5), Lesselliers (6)1. Thibaut (7) a vu, dans un cas, une diminution au début, puis une augmentation encore suivie d’une diminution finale, et attribue ces variations au développement de la stéatose dans les reins.

On a trouvé également une faible augmentation de l’urée dans l’empoisonnement arsenical (Gaethgens (8) etKossel) (9), par l’oxyde antimonieux (Gaethgens) (10) et par l’alcool (Munk) (11).

(1) Oppenheim, Pflilger's Archiv, t. XXIII, p. 446.

(2) Mongour, Journ. de méd. de Bordeaux, 12 mai 1895.

(3) A. van Poehl, Zeistch. f. klin. Medic., t. XXVI, fasc. 1 et 2, 1894, et Soc. de méd. int. de Berlin, 20 mai 1895.

(4) Bauer, Zeitsch. f. Biol., t. VU, p. 63 et t. XIV, p. 526.

(5) Frankel et Rohmann, Zeitsch. f. physiol. Ch., t. l\,p. 439.

(6) Lesseliers, Centralblatt f. klin. Méd., 1882, p. 501.

(7) Thibaut, C. R. Acad. Sc., t. XC, n« 20.

(8) Gaethgens, Cbl. f. d. med. Wiss., 1875, p. 529 ; et 1876, p. 833.

(9) Kossel, Arch. f. exp. Pathol., t. V, p. 128.

(10) Gaethgens, Cbl. f. d. med. Wiss., 1876, p. 321.

(11) Munk, Arch. f. An. a. Phys., Phys. Abth., 1879, p. 163.

URÉE

L UREE DIMINUE :

1° Après la chute de la fièvre des maladies aiguës qui avaient provoqué une exagération de production pendant leur cours; les tissus ayant à réparer des pertes considérables de matières, l’albumine alimentaire sert à leur reconstitution, et l’excrétion d’urée se trouve diminuée.

2° Dans quelques maladies fébriles aigues du -foie; ainsi dans l'atrophie jaune aiguë du foie, dans laquelle l’urée peut même disparaître presque complètement de 1 urine (Frerichs) par suite de l’anéantissement physiologique de l'organe qui •est son lieu principal de formation ; — dans l 'ictère infectieux aigu, où l’urée peut descendre a 3 grammes par jour au moment du maximum de la fièvre, pour remonter progressivement en même temps que le volume de l’urine au moment de la convalescence (Werther); — dans la cirrhose (Horbaezewski (1), où l’urée diminue encore, tandis que l’ammoniaque augmente dans l'urine, par suite de la lésion des cellules hépatiques dans lesquelles la synthèse de l'urée aux dépens de 1 acide carbonique et de l’ammoniaque ne peut plus s’effectuer (Hallervorden et Stadelmann) (2), dans V empoisonnement aigu par le phosphore et dans la plupart des tumeurs du foie (Stôqvist) (3).

3° Dans la plupart des maladies des reins, consécutivement à une lésion des ce Iules epithe haies des canaux urinifères dont l'intégrité est nécessaire à l'extr 10n 6 Urée’ 0U’ encore> si l’individu est privé de la quantité d’eau néces¬

saire pour assurer la dissolution et l’entraînement des principes constituants de l unne, Kelsch a,. d ailleurs, prétendu que, dans les quelques maladies aiguës du foie ou urée diminue dans l’urine, cette diminution doit être attribuée non au trouble de la fonction uropoïétique de la glande hépatique, mais à une dégénérescence de l’épithélium rénal.

+° Dans les affections chroniques du foie, telles que le carcinome (par suite de la cachexie concomitante), la cirrhose (par augmentation de pression dans la veine porte et diminution consécutive de vitesse du sang artériel), l’abcès et la pyléphlébite suppurative, Y ictère par intoxication phosphorée, l'ictère gravide et pseudo-gravide, la dégénérescence graisseuse, la cholélithiase avec atrophie cellulaire, enfin pour des causes multiples : lésion des cellules du foie, modifications dans la circulation sanguine, troubles de sécrétion biliaire et, par suite, de la digestion.

s sécrétion biliaire et, par suite, de la

a0 Dans des maladies chroniques diverse

ostéomalacie, anémie, affections cancé¬

reuses {■*), r umatisme articulaire, arthritisme (Garrod), et diverses affections cuta- (1) Horbaezewski, Jahr. f Thierch., 1889, t. XIX p 361 p.ïi9HS3.VOrdea 6t Stadelmann- Jdhr- d- Thierch., t. X, p. 260, 1880; et t. XII, (3) Sloqvist, Jahr. f. Thierch., t. XXII, p. 206, 1892.

,vo"!u c°nsidérer comme constante et pathognomonique du cancer, en généra , a imination du taux de l’urée et des phosphates; ainsi Itommelaere (De la mensura ion ie a nu n /ton organique, Bruxelles, 1883} donne, comme maximum de l’excrétion e urte, ii> grammes par jour chez les individus atteints de tumeurs de mauvaise nature. Les expériences de Duplay, Cazin et Savoire (C. Ii. Acad, des Sc ., 10 juin 1895) montrent que ihypoazoturie et l’hypophosphaturie sont, en réalité, sous la dépendance immédiate d une alimentation insuffisante ; 15 cancéreux mis régulièrement au régime lacté suffisamment copieux n’ont pas excrété chaque jour moins de 21^,14 d urée, alors qu un adulte sain excrète dans des conditions identiques un minimum de 20 ^ruinmes environ. °

nées : lèpre, pemphigus, dermatite exfoliante, et, en général, dans les maladies aglobuliques (anémie, cachexies, cancers).

6° Dans quelques troubles nerveux, dépression cérébrale, paralysie, épilepsie, ^hystérie, ainsi qu’après la section du grand sympathique, etc.

7° Enfin, à la suite de Y empoisonnement par l’acide sulfurique, surtout le premier jour (Litten) (1 ), et de Yintoxication plombique pendant les cinq premiers jours (Gaucher) (3).

Valeur relative de l’azote de l'urée à l’azote total, coefficient d’oxydation

Sous ce nom, Poehl (4) désigne le rapport de l’azote de l’urée à l'azote total des urines, rapport qui, dans les conditions normales et satisfaisantes d’oxyda- 92 97 6

tion dans l’organisme, oscille entre — ct-y^jj» mais diminue dans toutes les circonstances pathologiques où les produits azotés de déchets autres que l'urée telles que créatinine, xanthine, hypoxanthine, acide urique, leucomaïnes, toxines, etc., subissent une augmentation.

L’urée étant le terme ultime normal des oxydations des matériaux azotés de l’organisme en lequel les produits de dédoublements accessoires précédemment énumérés se transforment à leur tour dans des conditions d’oxydation satisfaisantes, on comprend que le coefficient d'oxydation de Poehl qui, dans ce dernier cas, doit tendre vers l’unité, soit l’expression exacte du degré de l’énergie des oxydations dans l’économie animale.

Poehl se base sur les résultats de 400 analyses d'urines pathologiques pour donner comme moyenne du coefficient d oxydation, dans les maladies, les chiffres de 80^ 90 ; et même, quand les oxydations sont notablement ralenties, il peut

descendre jusqu’à

Le coefficient d’oxydation diminue particulièrement dans les maladies fébriles, dans les diverses cachexies, dans l’anémie, le scorbut, la diathèse cancéreuse, bien que, dans ces affections, quelques auteurs aient signalé une augmentation de l’excrétion d’urée; il augmente et se l’approche do l’unité sous l’influence du régime lacté.

On a vu précédemment les résultats obtenus par Poehl relativement au rôle que joue la spermine à l’égard de ce coefficient d’oxydation (p. 748) qu’elle relève et rapproche de l’unité à la suite de son injection ou de son ingestion dans toutes les affections caractérisées par une auto-intoxication et par la diminution des oxydations internes (fièvres, cachexie, anémie, scorbut, diabète, diathèses diverses, etc.)

(1) Litten, Berlin, klin. Wochensch., 1881, p. 641.

(3) Gaucher, Cbl. f. kl. Med., 1881, t. II, p. 567.

f4) Poehl, Zeistch. f. klin. Med., 1894, t. XXVI, fasc. 4 et 2, et auparavant, Berlin M. Wochensch., 1890, n" 36. <•«««.

ACIDE DRIQDE

ACIDE UIUQL’E

C3 4HJA 2zi03 =: CCT

CH — AzH — C=Az

AzH - C - Az.IK

L’acide urique a été découvert et extrait des calculs urinaires par Scheele (1775). On en constata ensuite la présence dans les urines normales de l'homme et des carnivores, le sang, les calculs du rein, les dépôts tophacés du rhumatisme noueux et de la goutte, les excréments des oiseaux (guano) et des serpents. Il a été l’objet particulier de beaux travaux de Liebig et Wœhler (1), de Bœyer (2), de Grimaux (3) etc. Horbaczewski (4) en a réalisé la synthèse :

Préparation et synthèse de l’acide urique. — On prépare l’acide urique en partant des excréments de serpents, du guano, des calculs urinaires et même tout simplement de l’urine (Voir Chimie analytique des liquides et tissus de l’organisme, p. 77).

a) Extraction clcs excréments de serpents. — Les excréments réduits en poudre sont maintenus dans une solution bouillante de potasse caustique à 1 p. 20 d eau jusqu à cessation de dégagement d’ammoniaque ; le liquide filtré, traité par un courant d acide carbonique jusqu’à très faible réaction alcaline, abandonne un précipité d’urate acide de potassium qu’on recueille, lave à l’eau et redissout dans un peu de lessive de soude; la solution est filtrée et reçue dans de 1 acide chlorhydrique dilué qu’on a soin de maintenir en excès et qui précipite 1 acide urique qu’on lave à l’eau froide jusqu’à ce que le liquide ne réagisse plus sur le nitrate d’argent (Bensch).

b) Extraction du guano. — Le guano du Pérou est bouilli avec un lait de chaux étendu jusqu’à ce que le liquide renouvelé soit incolore ; le résidu est ensuite épuisé à chaud par une solution de carbonate de soude jusqu’à ce que le filtratum ne donne plus de précipité par l’acide chlorhydrique. Les solutions réunies, additionnées d acétate de soude, sont traitées par l’acide chlorhydrique jusqu’à réaction acide; le précipité mixte d’acide urique et de guanine, lavé à l’eau, est mis en ébullition avec de l’acide chlorhydrique très dilué qui dissout la guanine et laisse l’acide urique qui formait la plus grande partie du précipité (Strecker).

c) Extraction des calculs urinaires. — La poudre de ces calculs est épuisée à froid ou à chaud par l’acide chlorhydrique dilué jusqu'à ce que le résidu insoluble ne diminue plus sensiblement de volume ; ce résidu, lavé à l'eau, est ensuite dissous dans une lessive de soude ou mieux de potasse, et le liquide filtré

(1) Liebig et Wœhler, Ann. de Chim. et de Physiq. (2), t. LXVIII, p. 22a.

(2) Bœyer, Ann. d. ch. u. Pharm. (4), t. CXXVII, p. 1 et 199, t. CXXX. p. 130.

(8) Grimaux, C. R. Acad., t. 137, p. 878, et Ann. de Ch. et Phys., t. XVII, 1879.

(4) Horbaczewski, Monatshef. f. Chem., t. III, p. 796, 1882, et t. VI, p. 356, 1885.

IUIQUE. - GARNIER

est reçu, comme dans le premier procédé, dans de l'acide chlorhydrique dilué maintenu en excès qui précipite l'acide urique.

Quelque blanc qu’il soit, l’acide préparé par l'un quelconque de ces procèdes renferme des matières étrangères décelées par la coloration brune quedonne sa solution dans l’acide sulfurique concentré, chauffée à 100°.

Pour avoir de l'acide urique absolument pur, on le dissout dans le moins possible d’acide sulfurique concentré, au bain-marie ; par le refroidissement, il se forme des cristaux peu colorés, combinaison d’acide urique et de SCQH2 au milieu d’un liquide fortement brun qui retient les impuretés (avec de l’acide urique dissous) ; les cristaux égouttés sont redissous à chaud dans l’acide sulful rique, et l’on continue la solution à chaud et la cristallisation à froid jusqu’à ce qu’on obtienne des cristaux incolores que l’action simultanée de la chaleur et de l’acide ne colore plus. La combinaison est ensuite décomposée par un excès d’eau froide, et l’acide urique mis en liberté est lavé jusqu’à enlèvement de toute trace d’acide sulfurique.

Synthèse de l’acide urique. — On chauffe rapidement, à 200-230», un inélan"ede glycocolle et d’urée jusqu'à fusion et coloration de la masse en jaune brun un peu trouble. Le résidu refroidi, dissous dans la potasse faible, additionné d’un excès de chlorure ammonique, est traité par un mélange de nitrate d'argent ammoniacal et de chlorure de magnésium ammoniacal; l’acide urique forme un précipité mixte argentico-magnésien qu’on recueille et décompose à chaud par le sulfure de potassium ; le liquide séparé du sulfure d’argent est acidulé par l’acide chlorhydrique et évaporé au bain-marie ; l’acide urique se sépare sous la forme d’une poudre cristalline jaunâtre (Horbaczewski).

La réaction peut être formulée de la manière suivante :

C2H5Az02 + 3CHJAz20 = OqPAzAO2 + 2I120 + 3AzIR

Glycocolle. Urée Acide urique.

Elle est l’inverse de la décomposition de l’acide urique par l'acide iodhydrique-

en glycocolle, CO2 et AzH3, réalisée par Strecker (Voir plus loin p. 737).

Propriétés. — L’acide urique pur se présente sous l'aspect d’une poudre d’un beau blanc un peu brillant, formé de tables microscopiques appartenant au système orthorliombique. Les cristaux de l’acide urique impur, tel par exemple qu’il se dépose dans l’urine sous l’influence du froid et surtout après acidula tion légère par l’acide acétique ou chlorhydrique, sont plus volumineux et plus réguliers, constitués par des tables rhomboïdales, des prismes à quatre pans des lames à six côtés, des pierres à aiguiser souvent agglomérées eu rosaces' et colorés en jaune ou en brun.

L’acide urique qui se sépare ainsi lentement île solutions impures trèsdilu' et froides, outre qu’il donne des cristaux plus volumineux, contient 2 mol ' cules d’eau de cristallisation (Fritzche) (1) qu’il perd à 100° et déjà partiellement à la température ordinaire.

(1) Fritzsche, Journ. f. prakt. Chem., t. XVII, p. 56.

ACIDE U1UQDE

Extrêmement peu soluble dans l’eau, il exige environ 16.000 parties d’eau froide et 1.600 parties d’eau bouillante. L’acide impur, par exemple celui qui se dépose dans une urine, paraît plus facilement soluble dans l’eau. Il est insoluble dans l’alcool et dans l’éther, mais se dissout dans la glycérine chaude (Colosanti) (1); il se dissout dans la potasse et la soude, les carbonates, les phosphates, les acétates et les lactates correspondants, ainsi que dans la solution de borate de soude, en formant des urates. Avec le phosphate bisodique, il se produit de l’urate acide de soude et du phosphate diacide monosodique qui donne à la solution la réaction amphotère (2) :

C«H<AzW + PliO'Na2H = C:iH3NaAz*03 + PhO'NaH2.

Acide urique. Phosph. disodiq. Urale acide de soude. Phosph.monosodiq.

L’acide urique se dissout abondamment dans l’acide sulfurique concentré et chaud, sans se colorer quand il est pur(Wetzlar) (3) ; la solution refroidie donne naissance à une combinaison cristalline d’acide sulfurique et d’acide urique; versée dans un grand excès d’eau, elle abandonne l’acide urique sous l’aspect de flocons blancs qui se convertissent en cristaux microscopiques anhydres (Fritzsche) (4).

Par la calcination, l’acide urique sec (et ses sels) est décomposé avec dégagement d’acide prussique, sublimation de carbonate et cyanate d’ammonium, d’urée et d’acide cyanurique, et résidu charbonneux.

Par la fusion potassique, il dégage de l’ammoniaque et laisse un résidu d’oxalate, carbonate, cyanure et cyanate de potassium.

L’acide iodhydrique le décompose, à 160-170°, en glycocolle, acide carbonique et ammoniaque (Strecker) (a) :

C3H'1Az,03 + 5H20 = C2H3Az02 -j- 3C02 + 3AzIl3

Acide urique. Glycocolle.

Strecker admet que, dans cette réaction, l’acide urique commence par se dédoubler en glycocolle et acide cyanique, par un procédé d’hydratation :

C5H4Az'03 + 2H20 = CH2(AzH2).COOH + 30CAzH

Acide urique. Glycocolle. Ac, cyanique.

(1) Colosanti, Zeitsch. f. analyt. Chem., t. XXII, p. 625.

(2) Cette réaction inversée explique la diminution d’acidité de l’urine à mesure que se déposent les sédiments d’acide urique ; le liquide peut même devenir alcalin par suite de la présence du phosphate disodique, et reprend son acidité primitive quand on redissout l'acide urique par la chaleur. Elle prouve ensuite le rôle important que jouent les phosphates neutres alcalins pour maintenir l’acide urique en dissolution dans l'urine normale, rôle qui peut être mis en parallèle avec celui que jouent les mêmes sels à l’égard de l’acide carbonique dans le plasma sanguin. Cette relation entre les phosphates neutres et l’acide urique a été étudiée par Zerner au point de vue de la précipitabilité spéciale de l’acide dans la goutte, et constitue le Coefficient dit de Zerner.

(3i Wetzlar, Beitrage zur Kentniss des menschliclien Harns, Francfort am Mein, 1821, p. 67.

(4) Fritzsche, Ann. d. Ch. u. Pharm., t. XXVII, p. 332.

(5) Strecker, Bull, de la Soc. chim. de Paris, t. X, p. 230; et Liebig's Annal., t. CXLVI, p. 142, 1868.

et il considère 1 acide urique comme un glycocolle uni à l’acide cyanique, analogue à l’acide hippurique, qui est un glycocolle conjugué à l’acide benzoïque.

La solution aqueuse d’un urate ne dégage pas d'ammoniaque quand on la maintient une heure à 180-190» (Cazeneuve et Hugounenq) (1) ; il en est de même au contact de la magnésie pure (Berthelot et André) (2).

Les solutions alcalines d’acide urique conservées à l’air sont rapidement transformées, par oxydation, en acide uroxanique (Slœdeler) (3) :

C*H4Az403 + 2H1 2 3 40 + O = CSHRA7/'0«

Ac. urique. Ac. uroxanique.

et, par un contact prolongé, en acide carbonique, urée et glyoxalylurée (Nencki etSieber) (4).

Les solutions neutres ou alcalines d'acide urique sont oxydées, avec transformation en allantoïne, par le peroxyde de plomb, le permanganate de potassium, le bioxyde de manganèse, le cyanure rouge, les oxydes cuivrique et mercurique' l’ozone :

Cr’HiAz,,03 -f H20 + O = CiHnAzi03 + CO2.

Ac. urique. Allantoïne.

Chauffé avec la liqueur cupro-potassique, l'acide urique la réduit à l’état d’oxyde cuivreux quand il se trouve dans la proportion de 1 molécule (CTFAz-'O3), pour 2 molécules d’hydrate cuivrique (2Cu02H2); si, pour une solution à 0,05p. lOOOd’acide urique au maximum, la proportion est égale ou moindre de 1 seule molécule Cu02H2 pour 1 molécule urique, il se forme alors de l’urate cuivreux insoluble (Worm Muller) (5).

L’oxydation de l'acide urique dans un milieu acide, par l’acide azotique concentré et froid, par le chlore, le brome ou l’iode, le dédouble en alloxane et urée :

CTIiAz-W + II 20 = C<H2Az20‘ + CH*Az20.

Ac. urique Alloxane. Urée.

A chaud, l’alloxane, oxydée à son tour, se transforme en acide parabanique • G,H,Az*Q* + O = C3H2Az203 + CO2.

Alloxane. Ac. parabanique.

La solution d’acide urique dans l’acide azotique ou l’eau de chlore, évaporée à sec au bain-marie, laisse un résidu jaune qui devient rouge à une température un peu plus élevée, et se colore en rouge pourpre par addition d’ammoniaque

(1) Cazeneuve et Hugounenq, (2) Bull, de la Soc. chim. de Paris , t. XLVIII, p. 82

(2) Berthelot et André (2), Bull, de la Soc. chim. de Paris, t. XLVII, p. 840.'

(3) Stœdeler, Ann. d. Ch. u. Pharm., t. LXXV1II, p. 286.

(4) Nencki et Sieber, Journ. f. prakt. Chem. (2) t. XXIV, p. 496.

Worm Millier. Pffiiner's Archiv 1

(purpurate d ammonium, murexide ), en rouge bleu au contact de la soude ou de la potasse.

rsHU Sin7eUe- raCÜOn’ I aCide urique oxydé se ^nsforme en alloxantine L H Az U , qui doit être envisagée comme une combinaison d’alloxane C4H2Az20',

et d’acide dialurique C'H<Az204 ou Co/*** ~ ^CII.OII, avec élimination \AzH — CCK

de 1 molécule d’eau:

C4H2Az204 -f C*HiAz2Oi = CTI'Az'O' -f H20.

L ammoniaque transforme l’acide dialurique en dialuramide, acide amido-bar- ... . /AzH — CO.

1 urique ou uramile ^^CH.AzH2, etl’acide purpurique à son tour

peut être- considéré comme une combinaison d'alloxane et de dialuramide : C4H2Az20< + C4HsAz303 = C8H3Az303 + H20

AUoxanc. Dialuramide. Ac. purpurique.

D ailleurs, le dialurate ammonique se transforme, à 100°, en purpurate d’ammonium, en absorbant l’oxygène de l’air :

2CiH3Az2Oj.AzHî -f O = C8H4AzW.AzH4 + 3H20

Dialurate ammoniq. Purpurate ammoniq.

et 1 alloxantine elle-même se colore en pourpre, au contact de l’ammoniaque, par suite de la formation du même purpurate d’ammonium :

C8H'Az'0‘ -f 2AzH3 — CsH<Az30°.AzHi -f H20

Le purpurate d ammonium CWAz*06.AzH4, cristallise en prismes à 4 pans, avec reflets mordorés et contient 1 aq. qu’il perd à 100“ ; peu soluble dans l’eau froide, il est plus soluble dans l’eau bouillante, avec coloration pourpre; il est insoluble dans lalcoo l el il éther ; l’acide chlorhydrique précipite, de sa solution, de la diauramide CWO3 incolore. L’acide azotique le transforme en alloxane. Il teint a soie mor ancée aux sels mercuriques en rouge et pourpre (Ch. Lauth).

L action prolongée de l’hypobromite de soude, à froid, dégage de l'acide urique 47,1 P .100 de l’azote qu’il contient (Hüfner) (1), 47,8 p. 100 d’après Falck (2) ; a chaud tout 1 azote se dégage (Magnier de la Source) (3).

L acide urique est précipité plus complètement de ses solutions que par l’acide

chlorhydrique, au moyen de l’acide phosphomolybdique, sous la forme de grains brun chocolat. Il en est de même de l’acide picrique qui entraîne aussi la créatinine (Jaffé) (1).

Les .solutions durâtes, traitées par un mélange de nitrate d’argent et de mixture magnésienne, donnent un précipité blanc qui renferme tout l’acide urique (Salkowski) (2) sous la forme d’une combinaison contenant, pour 1 molécule d’acide urique, 1 atome d’argent avec de la magnésie et probablement un métal alcalin (Maly) (0).

En présence d'un excès de carbonate alcalin, les solutions uriques, traitées par l’hyposulfite cuivreux (Arthaud et Butte) (4), donnent encore un précipité blanc, grumeleux, qui, pour 1 molécule d’acide urique, contient 1 seul d’atome de cuivre (Arthaud et Butte, Garnier) (6) ;

Ce précipité ne se forme que partiellement dans les solutions neutres ou trop peu alcalines (Huppert (6), Garnier (7).

L’hydrogène naissant (amalgame de sodium et eau) enlève de l’oxygène à l'acide urique, et le réduit successivement à l’état de xanthine, puis d’hypoxanthine (Strecker et Rheineck, 1864):

CsH’Az''03 + II1 2 = C5 6 7 8 9 10H4Az402 + H20.

C5H4Az403 -f 2I12 = C ’H 'Az'O -f 2H*0.

Ac. urique. Hypoxanthine.

Cependant Fischer (8), n’a pu transformer par le même procédé l’acide urique en xanthine.

Réactions caractéristiques de l’acide urique. — 1° Examen microscopique des cristaux; — 2° Réaction de lamurexide (p. 758); — 3° Réduction à chaud de la liqueur cupro-potassique, avec précipité rouge d’oxydule cuivreux ou blanc d'urate cuivreux (W. Muller) ; — -4° La solution alcaline d’acide urique réduit le carbonate d’argent en noir; une bande de papier à filtre, plongée successivement dans le nitrate d’argent, puis le carbonate de soude, reste imprégnée de carbonate d’argent qu’une goutte de solution urique colore immédiatement en noir (Schiff) (9);

5° Par l’hypo chlorite de soude et le phénol, coloration rouge, puis verte (Engel) ( 1 0) ; — 6° Une solution d’urate, traitée par une solution iodée d’hypochlorite de soude prend une coloration rosée qui disparaît par un excès de soude (Dietrich) ; — 70 solution urique, traitée par l’acide phosphomolybdique, puis par la potasse, donne

(1) Jaffé, Zeitsch. f. physiol. Chem., t. X, p. 393, 1886.

(2) Salkowski, Virchov's Archiv, t. L1I, p. 58, 1871.

(3) Maly, Jahresber. f. Thierck., t. II, p. 178.

(4) Arthaud et Butte, C.RSoe. de Biol., 9 nov. 1889.

(5) Garnier, Rev. medic. de l'Est, 1893, p. 237.

(6) Huppert, Anal, des Harns, de Neubauer et Vogel, 1890, p. 550.

(7) Garnier, Rev. med. de l’Est, 1895, p. 237.

(8) Fischer, Ber. d. chim. Ges., t. XVII, p. 329, 1884.

(9) Schiff, Ann. de Ch. u. Pharm., t. CIX, p. 67.

(10) Engel, Centralblatt, 1875, p. 246.

ACIDE CRIQUE

aussitôt un précipité bleu d’un brillant métallique de molybdate d’oxyde de molybdène; application à la recherche microchimique de l’acide urique, en l’absence de matière albuminoïde qui donne la même réaction.

Urates. — L’acide urique bibasique CsHaAz40,.Hî forme deux espèces de sels. Les urates neutres alcalins sont solubles dans l’eau ; les sels terreux sont moins solubles, mais les urates acides, comparés aux urates neutres, sont moins solubles pour les sels alcalins, plus solubles pour les sels terreux, ainsi que le montre le tableau suivant :

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