‹ Encyclopédie chimique.Tome IX.- Applications de chimie organique. 2e section (volume 2)Chapitre 532 sur 722 · I -ij · texte numérisé non relu

I -ij

COOH COOH

Ac. oxalique, Ac. glycolique.

En résumé, les oxydants ou bien donnent, avec l’acide urique, des composés qui renferment 4 atomes d'azote et constituent des diuréides (allantoïne) ou bien dédoublent sa molécule en urée, d’une part, et en corps à 2 atomes d’azote seulement (alloxane) qui fonctionnent comme uréides simples.

Constitution de l'acide urique. — L’étude des produits de décomposition de l’acide urique permet de l’envisager soit comme une uréulc ou dérivé de l’urée soitcommeune cyamide ou dérivé de la cyanamide CAz.AzlR Aussi n'est-on pas encore fixé sur- sa constitution exacte eL a-t-on pu proposer, pour la représenter, un certain nombre de formules différentes dont nous ne citerons que les plus récentes :

AzII — CO

CO HC.Az = C

AzH — CO

AzH

AzH — C - AzH

AzH — C — AzH

FiUig.

Azll — CO '

CO Az.CH2.CAz I I AzH — CO

Wurtz.

AzH — CO

CO CH — AzII.CAz

IzlI — CO

A. Gautier.

AzH

CO

AzH

— CO

Toutes rendent plus ou moins bien compte des décompositions de l’acide urique ; mais celle de Fittig et surtout celle de Medicus (1) admise par Wisliceuus Fischer, Grimaux, paraît le mieux s'adapter à ces réactions et expliquer la pre' mière synthèse de l’acide urique par le glycocolle et l’urée, et la nouvelle du môme auteur par l’urée et l'acide trichloracétique (2) ; l’acide urique renfermerait deux restes de l'urée [CO(AzH)2] et serait par suite une diuréide.

Présence de l’acide urique dans l’organisme.

L’acide urique est, après l’urée, l’élément azoté le plus important de l’urine de l’homme et des carnivores. Dans les ï4 heures, l’homme bien portant excrète de 0«r,2 à 1 gramme, à côté de 30 à 35 grammes d’urée. Il se trouve darr l’urine sous la forme d’urates acides alcalins et terreux, et surtout d’urate moilo! sodique qui accompagne l’acide libre dans les sédiments briquetés ; cependant

(1) Medicus, Ann. de Ch. u. Phann., t. CLXXV, p. 230, 1875.

(2) Horbaczewski, Monalsh. f. Chemie, t. VIII, p. 201 et 584, 1887.

ACIDE URIQUE

une très minime quantité doit s'y trouver en liberté, dont on reconnaît la forme cristalline dans ces sédiments.

L’acide urique a été trouvé dans le sang, les reins, le cerveau, le foie, le poumon, la rate, les muscles et dans certaines sécrétions: salive, mucus nasal, bronchique et utéro- vaginal, etc. A l'état pathologique, il augmente notablement dans le sang, les divers organes et l’urine (gravelle urique) où il peut donner naissance à des concrétions (sables, graviers, calculs). Chez les goutteux et dans le rhumatisme articulaire, il s'accumule au voisinage des articulations et s’y dépose à l’état d’urate de soude, sous forme de concrétions topliacées. Dans la le leucémie, la proportion d’acide urique augmente considérablement et peut atteindre jusqu’à en 24 heures (Schultzen).

L’acide urique contenu dans l’urine des carnivores fait place à l’acide hippurique dans celle des herbivores; ainsi, tandis que l'urine du veau allaité est fortement acide et contient autant d’urée et d’acide urique que l’urine humaine, l’urine de la vache devenue herbivore est alcaline et riche en acide hippurique. Il forme la presque totalité de l’excrétion boueuse des oiseaux et des reptiles et des déjections des insectes (mouches).

Origine et mode de formation de l’acide urique

De même que pour l’urée, l’origine albuminoïde de l’acide urique paraît résulter de l’observation que son excrétion par les urines augmente en même temps que celle de l’urée, dans toutes les circonstances où la décomposition des matières albuminoïdes est suractivée dans l’économie animale (alimentation carnée, fièvre, etc.).

L’acide urique étant une uréide et se transformant sous l'influence des oxydants en urée et en d’autres uréides plus simples qui aboutissent elles-mêmes à la production d’urée, on en a conclu naturellement qu’il devait être un produit d’oxydation intermédiaire entre les matières albuminoïdes et l’urée ; cette théorie est élayée par la transformation directe de l’acide urique en urée sous l’influence de l’ozone ou après ingestion dans l’organisme des chiens (1), par sa synthèse au moyen de l’urée et du glycocolle, par sa décomposition inverse, au contact de l’eau, en urée et glycocolle que l’oxydation transforme à son tour en urée, puis par sa production chez les oiseaux aux dépens de la leucine, de l'acide aspartique, du glycocolle et de l’asparagine, acides amidés dont la plupart sont les produits de dédoublement par hydratation de l’albumine (Meyer et Jaffé (2), Cech) (3).

On sait, d’autre part, que, dans la fièvre et dans toutes circonstances où les oxydations sont ralenties dans l’organisme, troubles respiratoires, rhumatisme, goutte, etc., la proportion d’acide urique augmente dans les urines, aussi bien

(1) Zabelin, Liebig’s Ann. Vol. suppl. II, p. 326, 1862 et 1863.

(2) Meyer et Jaffé, Ber. d. d. ch. tiesellsch., t. X, p. 1930, 1877.

(3) Cech, Ber. d. d. ch. Gesellsch., t. X, p. 1461, 1877.

'expliquent p cavité de leurs

qu’avec une nourriture azotée surabondante. Tous ces faits, de môme ordre tendent à faire envisager l’acide urique comme un terme intermédiaire, comme’ un produit vers l’urée, et expliquent le but cherché dans l’usage des alcalins que 1 on représente comme devant assurer une transformation plus complète des albuminoïdes en urée et, par la suractivité imprimée aux combustions intraorganiques, diminuer la production de l’acide urique.

Si les faits qui précèdent sont corroborés par l’excrétion presque unique d’acide urique chez les serpents dont la respiration est lente, en revanche ils ient les oiseaux, dont la respiration est si active que la ! se trouve remplie d’air, excrètent une si grande quantité d’acide urique (Knieriem) (i) ; malgré l’intensité des phénomènes respiratoires, la sécrétion boueuse ne contient presque que de l'acide urique et des urates, avec 2 à 4 p. 100 environ d’urée seulement (Minkowski). On n'explique rien en faisant remarquer que la consistance de l'excrétion, due à une pénurie d’eau, s’accommode bien de la présence de l’acide urique peu soluble et que si l’oxydation des matières protéiques s’arrête pour la plus grande partie à là phase d’acide urique, une autre partie subit une oxydation plus complète l’azote étant éliminé à l’état gazeux. 1 2 * 4 ’

D ailleurs, chez les chats, chiens ou lapins placés dans une atmosphère raré fiée, la diminution des phénomènes d’oxydation ne se traduit pas par une au-' mentation de l'acide urique dans les urines (Senator) (2), mais par un accrois sement de l’urée que l’on doit attribuer à une suractivité des hydratations (Frankel etGeppert)(3). Il est vrai qu’on constate une relation manifeste entre la production de l’acide urique et les fonctions de la peau (respiration cutanée sueur, etc.) ; car il augmente notablement chez les individus et dans les espèces dont la peau fonctionne mal, tels les rhumatisants, les oiseaux et les serpents tandis que son élimination et sa combustion sont suractivées par tous les moyens hygiéniques qui assurent le bon fonctionnement du tégument externeS Par exemple le massage, les frictions sèches, les douches, les bains de vapeur m*' (Forestier) (4). ’ ’’

Les relations de formule qui existent entre la xanthine, l’hypoxanthine 1 guanine et 1 acide urique, et la grande analogie de leurs produits de décompté sition, parmi lesquels on trouve l'urée, l’acide parabanique et l’acide oxaliqu» ont fait supposer que l’acide urique pourrait provenir de ces matières azot’ * par oxydation. On a pu, en effet, transformer la guanine et l’hypoxanthine ^ xanthine, mais non plus celle-ci en acide urique (5) ; en revanche, l'acide urim^ traité par les réducteurs, donne de la xanthine, puis de l’hypoxantir 6 (Strecker et Reineck). QUune

D’autre part, l'ingestion de l’ammoniaque à l’état de carbonate et de formiate

(1) Knieriem, Zeitsch. f. Biol., t. XIII, p, 36, 1877.

(2) Senator, Virchov’s Archiv, t. XLII, p. 35 1888.

Berlin^Ss.1 ** Wirkun^ der ™’dünnten Lu^aufden Organisme,

(4) Forestier, Ann. gènér. d'hydrologie, 1891, p. 328.

(5) Cependant von Mach a observé la transformation de l’hypoxanthine en aria» •

dans l’organisme des oiseaux. * mne en acide un<lue

ACIDE URIQUE

mais non de sulfate ou d’azotate, est suivie d'une augmentation de la sécrétion urique chez les poulets (von Mach) (i) ; l’urée absorbée de la même façon est également transformée en acide urique chez les oiseaux (Schrœder) (2), et ne se retrouve pas dans les excréments. Ces faits, spéciaux, il est vrai, aux oiseaux, sembleraient donc prouver de leur côté que l’acide urique peut se former aux dépens de l’urée et même de l’ammoniaque, par un processus de synthèse, et que, par suite, dans la théorie de l’origine albuminoïde de l’acide urique, il faudrait admettre deux phases successives, l’une d’oxydation avec produits de moins en moins complexes dérivant les uns des autres, l’autre de synthèse. On peut invoquer, comme exemple autorisant cette hypothèse, la synthèse de l’acide urique au moyen du glycocolle et de l'urée; mais aucun fait ne démontre que pareille réaction se produise dans l’organisme.

' La formation de 1,aciide urique paraît, jusqu’à un certain point, liée à celle de l’acide oxalique; car celui-ci résulte aussi d’oxydations insuffisantes, et la gravelle urique est fréquemment accompagnée de gravelle oxalique. En outre, 1 acide oxalique est un produit de dédoublement des matières albuminoïdes et aussi de l’acide urique (p. 762).

Enfin, A. Gautier (3) estime qu’il pourrait y avoir un rapport direct entre l'élimination de la bile et celle de l'acide urique et de l’urée ; en effet, les congestions du foie et l’ictère provoquent des dépôts d’urates dans l’économie, et l’acide glycocholique, qui représente l’un des produits de la destruction des globules rouges, dérive peut-être delà nucleine qu’ils contiennent; or il compte, parmi ses produits de dédoublement, le glycocolle qui est l’un des termes de la synthèse de l’acide urique.

On a plus récemment tenté de rattacher la formation de l’acide urique à la multiplication des leucocytes, et, par suite, au dédoublement de la nucleine de leurs noyaux cellulaires, en faisant remarquer que les produits de décomposition tout spéciaux (von Noordeu) de cette matière azotée et phosphorée, la xanthine, 1 hypoxanthine, la guanine et l’adénine, leucomaïnes dont la présence en quantité notable dans les organes glandulaires, foie, rate, pancréas, etc., est une preuve de 1 activité cellulaire de ces glandes, accompagnent l’acide urique dans l’urine normale.

Or, 1 une des affections le plus nettement caractérisée par une augmentation considérable de la sécrétion urique est la leucémie (Bartels, Schultzen) (i) dans laquelle 1 urine peut contenir jusqu’à 5^,72 d’acide urique par 24 heures. Dans cette maladie, l’augmentation énorme des globules blancs contenus dans le sang et la suractivité des organes lymphoïdes ont pour conséquence une destruction plus grande de ces globules blancs riches en nucleine et, par suite, le déversement continu et notablement accru des produits de décomposition de la nucleine, cest-à-dire des bases dites xanthiques, d’abord dans le sang où, depuis lông-

(1) Von Mach, Arcli. f. exp. Pat h. u. Pharm., t. XXIV, p. 389, 1888.

(2) Schrœder, Zeitsch. f. physiol. Ch., t. II, p. 228, 1878.

(3) A. Gautier, Chim. bioloy., 1890, p. 615.

(4) Bartels a trouvé 4 '',2 d’acide urique dans l’urine de 24 heures (D. Arch. f. klin. Med., t. I, p, , 23, 1866), et dans un autre cas, Schultzen a trouvé jusqu’à 4«,',5 d’acide libre, et i*r,45 d urate ammonique dans le sédiment de l’urine des 24 heures.

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ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE. — GARNIEI

temps, Steinberget Schultzen (1) avaient signalé la présence des substances qui caractérisent le liquide splénique, telles que les acides formique, acétique, lactique, la leucine, la tyrosine et l’hypoxanthine, puis, de là, dans les urines dans lesquelles, à côté d’une notable diminution de l’urée (12 grammes d’urée pour 1 d’acide urique) (Ranke, Salkowski) provoquée par le mauvais état de la nutrition générale, on constate une augmentation anormale de xanthine, d’hypoxanthine et d’adénine (Stadtliagen) (2), ainsi que d'hétéroxanthine (Salomon) (3). fl y a là une bien curieuse coïncidence dans cette suractivité de destruction des globules blancs de la leucocythémie, suivie de l'apparition d’une proportion anormale de bases xanthiques dans le sang et dans les urines où elles accompagnent un énorme excès d’acide urique.

Puis on a observé, chez l’individu sain, que le moment de l’excrétion maxima de l’acide urique dans les 24 heures coïncide presque avec le maximum d’intensité de la résorption intestinale, et, par suite, avec le maximum d’activité migratrice ou diapédèse des globules blancs de la lymphe et du chyle. Enfin, comment expliquer la diminution de l’excrétion urique consécutive à l’ingestion du sulfate de quinine (Ranke) (4) autrement que par la diminution de l’activité cellulaire des globules blancs dont les mouvements sont notablement ralentis et même supprimés, ainsi que Binz (S) l’a démontré.

Toutes ces considérations montrent que l’on ne peut pas plus séparer la formation de l’acide urique des phénomènes de la vie intime des globules blancs comme on l’a d’ailleurs constaté chez un nombre déjà grand d’animaux inférieurs, ou én général de l’activité physiologique des noyaux cellulaires, que la production des bases xanthiques; et que, si l’opinion de Kossel est vraie pour ces bases, à savoir que ces composés azotés cristallisables que l’on trouve dans les diverses glandes, dans le tissu musculaire, etc., et qui passent dans les urines doivent être considérés aujourd’hui comme dérivant de la nucleine des noyaux cellulaires plutôt que des matières albuminoïdes, il doit en être de même pour la majeure partie de l’acide urique que l’on ne peut plus exclusivement considér rer comme un produit intermédiaire vers l’urée, mais surtout, ainsi que le disait Marès en 1887 (6), comme un des termes distincts du dédoublement de composés très complexes, d’origine cellulaire, arrivés à leur forme d’élimination définitive.

Tel était l’état de la question en 1889, quand l’auteur de la synthèse de l’acide urique, Horbaczewski (7), lui fit faire un pas considérable, qu’on peut même considérer comme décisif pour sa solution définitive.

L’auteur a démontré tout d’abord, par des analyses faites avec le plus grand soin, que la cirrhose du foie est toujours accompagnée d’une augmentation

(1) Schultzen, Ueber Leukœmie, Berlin, 1868.

(2) Stadthagen, Virchov's Archiv, t. C1X, p. 396-402, p. 406, 1887.

(3) Salomon, Zeitsch. f. phys. Chem., 1887, t. XI, p. 41S.

(4) Ranke, Beobacht. a. Versuche ilber die Ausscheidung d. Harnsiiure, Munich 18“8

(5) Binz, Arch. f. mikrosc. Anat., t. III, p. 383, 1867.

.(6) Marès, Jahr. f. Th., t. XV1I1, p. 112, 1888.

(7) Horbaczeswki, Monatsch. f. Chem., t. X, p. 624-641, 1889, et Jahr. /. Th., îggg

ACIDE URIQUE

. -absolue aussi bien que relative de l’excrétion urique. Il en conclut que le foie ne peut pas être le siège de la formation de l’acide urique, sans quoi, il devrait observer pour lui des variations de même sens que pour l’urée ; or, tandis que l’on voit l’acide urique augmenter, l’urée diminue, et corrélativement l’ammoniaque urinaire augmente, ainsi que l’ont prouvé Hallervorden et Stadelmann (1).

Mais si l’acide urique ne se produit pas dans le foie, l’observation depuis longtemps connue de l'augmentation de cet acide dans la leucémie semble indiquer que, a l’etat normal également, les leucocytes doivent participer à la formation de 1 acide urique, ce qu’il s’agit de démontrer. Pour cela, Horbaczewski fait réagir sur la pulpe de rate fraîche, très riche en globules blancs, le sang défibriné et frais du veau, en maintenant le mélange pendant 5 à 8 heures dans un ballon porté à la température du corps, 37°-40°, et parcouru par un courant d’air lent.

Au bout de ce temps, on procède à l’extraction et au dosage de l’acide urique pro ui (), en prenant comme terme de comparaison une partie du mélange non digère qui a été consacrée immédiatement à cette recherche. L’auteur a

Rate et sang de veau (9 expér.).

Rate et sang humains

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