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ACIDE URIQUE TROUVÉ

Après 5 à 8 heures de contact

Analyse immédiate de contrôle

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La conclusion qui en découle naturellement est formulée ainsi par l’auteur: a formation de l’acide urique chez les mammifères est le résultat de l’action du sang vivan sur es éléments lymphatiques qu’il renferme constamment, ce qui est d’accord avec les faits suivants.

Hofmeister et Pcehl ont démontré que toute ingestion d’aliments détermine

rcxeca!fmeT'i-0U !10table d6S Ieucocytes dans le sanS : or, on sait déjà que excrétion de 1 ac.de urique baisse rapidement dans l’inanition et le jeûne, et remonte aussitôt après la reprise de l’alimentation ; d’autre part, l’individu qui reçoit une nourriture abondante et substantielle fabrique plus d’acide urique

que ce u, qui est debihté par un régime insuffisant comme qualité et quantité.

L observation démontre, en outre, l’existence d’une certaine relation, d’une espèce de parallélisme entre la proportion des leucocytes contenue dans le sang et excrétion de l’acide urique chez l’homme sain; ainsi, les enfants, dont le sang s p us riche en globules blancs que celui de l’adulte, fabriquent proportionnellement plus d’acide urique que ce dernier.

(1) Hallervorden et Stadelmann, Jahresb. f. Thierch., t. VI, p. 260, et t. XIII, p. 249.

(2) Le mélange est projeté dans 4 à ü volumes de solution chaude de chlorure sodique a t p. 100, acidulé par l'acide acétique, porté à l’ébullition, puis filtré; le résidu insoluble est encore traité deux fois de la même manière ; les liquides filtrés réunis sont consacrés à la recherche de l’acide urique par le procédé Ludvig-,

Deux ans plus tard, Horbaczewski (1) a modifié un peu le procédé opératoire de son expérience fondamentale, après avoir reconnu que, avant de mélanger la pulpe de rate avec le sang frais, il était préférable, pour obtenir un plus fort rendement, de la délayer dans 8 à 10 fois son volume d’eau et de faire digérer le mélange à KO0 pendant 8 heures environ, jusqu’à ce que le liquide entre franchement en putréfaction, mais en évitant cependant une putréfaction trop prononcée qui rend tout résultat négatif.

Le liquide putride est filtré, puis traité par le sous-acétate de plomb qui précipite l’acide urique et les bases xanthiques ; c’est le nouveau filtratum limpide et coloré en rouge qui est consacré à l’expérience finale. La formation de l’acide urique pendant la décomposition putride partielle du mélange, indique nettement qu’il doit être considéré comme un produit spécial à la décomposition des tissus (2).

Ce liquide, absolument exempt d’acide urique et de bases xanthiques, abandonné quelques heures à 40-S0°, au contact d’un peu de sangartériel, d’eau oxygénée, ou plus simplement d’oxygène, donne naissance à de l’acide urique dans la proportion de OS',0025 pour 1 gramme de rate.

Ce même liquide filtré, porté à l’ébullition, donne immédiatement naissance aux dérivés de l’acide urique, les bases xanthine et hypoxanthine, mais sans trace d’adénine ni de guanine, dont le terme générateur a été oxydé et détruit définitivement dans la putréfaction partielle du tissu de la rate (Schindler) (3)

L’auteur a effectué ultérieurement (4) des dosages précis des principes divers obtenus dans ses expériences, et constaté que la quantité d’acide urique produite dans le premier cas est exactement équivalente à celle des deux bases xanthiques mises en liberté dans le second cas.

Pour lui, cette formation d’acide urique et de bases xanthiques est le résultat du dédoublement d’un terme préliminaire commun, la nucleine des globules lymphoïdes de la rate ; d’ailleurs, la nucleine retirée de la pulpe de la rate après une digestion gastrique artificielle, lui fournit également de l’acide urique sous l’influence de la putréfaction, comme elle avait donné à Kossel les bases xanthiques par ébullition avec les acides. D’autre part, tous les tissus de l’économie qui renferment de la nucleine donnent naissance à de l'acide urique dans les mêmes conditions que la pulpe de la rate. On peut donc conclure que chez les mammifères vivants aussi bien que dans les expériences de laboratoire précédentes, l’acide urique est le produit de la décomposition des diverses cellules nucleiniques de l’organisme. Et comme, dans les conditions normales, abstraction faite de quelques épithéliums glandulaires, ce sont surtout les leucocythes qui, comme éléments nucleiniques, sont sujets à la décomposition la plus active il en résulte que c’est à ces leucocythes que l’on doit rattacher l’origine première de l’acide urique ; mais il peut également provenir de la décomposition des tissus qui accompagne beaucoup d’états pathologiques.

(1) Horbaczewski, Jahr. f. Thierch. t. XXI, p. 179, 1891.

(2) Voir, dans Jahr. f. Thierch , t. XXII, p. 422-431, 1892, la réclamation de priorité H Marès sur l’origine cellulaire de l'acide urique et la réponse d’Horbaczewski résumant 1 théorie de la formation de cet acide dans l’organisme des mammifères.

(3) Schindler, Jahresb. f. Thierch t. XIX, p. 69, 1889.

(4) Horbaczewski, Jahresb. f. Thierch , t. XXII, p. 3s, 1892.

ACIDE URIQUE

Horbaczewski a appuyé ses conclusions de toute une série de preuves qui n'ont cependant pas satisfait tout le monde (Mares, Ricliter, Kossel) ; passons rapidement en revue ses résultats complémentaires, d’ailleurs fort importants par eux-mêmes.

Toutes les circonstances qui déterminent un accroissement du nombre des leucocytes dans le sang, ont pour résultat une augmentation de l’excrétion urique ; ainsi s’explique l’excrétion plus forte de l’acide urique chez les enfants et surtout les nouveau-nés, dont le sang est plus riche en leucocytes que chez 1 adulte. La diminution de l’acide urique dans l’inanition prolongée doit encore être attribuée au plus petit nombre des globules blancs qui augmentent, au contraire, dans le sang, par l'alimentation carnée (Poehî, Lambeclis),et déterminent dès lors une hypersécrétion urique (Ranke, Ilaig, Mares, Camerer). Certains alcaloïdes favorisent la pullulation des leucocytes et, corrélativement, la production d'acide urique, tandis que d’autres diminuent à la fois le nombre des globules et la quantité d’acide urique: agissent favorablement, la pilocarpine, l’antifébrine et l’antipyrine; sont, au contraire, nuisibles, la quinine et l’atropine.

L auteur a constaté encore une augmentation urinaire de l’acide urique et des bases xanthiques après administration de la nucleine par la voie sous-cutanée à des cobayes, avec les aliments chez l'homme ; il est vrai que celte absorption est suivie d’une véritable leucocylhémie, de telle sorte que l’origine des dérivés uriques se trouve être double. Ce fait, corroboré par Ricliter qui fit absorber à son sujet 10 grammes de nucleinate de soude, a été contesté par Stadthagen ; cependant Meintrand (1) a obtenu le même résultat, c’est-à-dire une absorption de la nucleine alimentaire et une augmentation consécutive, constante et très prononcée de l’excrétion de l’acide urique, en faisant ingérer à un adulte, au lieu d aliments azotés ordinaires, des matières riches en nucleine, par exemple 700 à 1.000 grammes de thymus de veau par jour.

Enfin, 1 étude des conditions de production de l’acide urique dans les divers états pathologiques prouve que toutes les maladies dans lesquelles les tissus nucleiniques se décomposent (leucémie, empoisonnement par le phosphore ; maladies fébriles aiguës, particulièrement pneumonie, cachexie, cirrhose du foie, brûlures et inflammations de la peau, anémie pernicieuse et même inanition), sont caractérisées par une augmentation de l'excrétion urique.

On a vu précédemment que l’acide urique et les bases xanthiques qui se trouvent dans les urines normales et pathologiques ont une origine commune, proviennent d une même substance mère ; on conçoit dès lors que, dans la décomposition nucleinique des tissus, les bases xanthiques produites en plus forte quantité peuvent, par une excrétion en proportion anormale, constituer une diathèse xanthique, de même qu'il existe une diathèse urique. Pour celle-ci, on doit la considérer comme une cachexie résultant d’un état pathologique latent ou d’une auto-intoxication analogue à celle que provoque la pilocarpine, avec leucocythose pathologique consécutive (Horbaczewski).

En résumé, dans l’état actuel de la science, sans contester la production d’une certaine quantité d’acide urique comme produit accessoire de la désassimilation

(1) Cité par la Médecine moderne, 14 sept. 1893, p. 403.

des matières albuminoïdes, et malgré les dénégations obstinées de quelques adversaires de la théorie d’Horbaczewski (1), il semble acquis aujourd’hui que J excrétion urique,. ne variant pas dans des limites aussi étendues qu’on l’avait Supposé, suivant la nature animale ou végétale de l’alimentation, suivant que celle-ci est plus ou moins riche en principes albuminoïdes, est, dans une large mesure, indépendante de la destruction plus ou moins complète des substancesprotéiques dans l’organisme. La majeure partie de l’acide urique provient de la désassimilation de la nucleine, c’est-à-dire principalement des globules blancsaussi constate-t-on un rapport constant entre la richesse du sang en leucocytes et l’excrétion de l’acide urique. Quant à l’alimentation, elle paraît n’influencer l’élimination de l’acide urique que d’une manière indirecte, en modifiant la richesse du sang en globules blancs; conséquence immédiate, l’ingestion de substances riches en nucleine accroit l’excrétion urique, peut-être encore indirectement par laleucocylose qui paraît être la suite de l’absorption de là nucleine' ainsi que l’a constaté Horbaczewski.

Nous verrons ultérieurement, en faisant le résumé des théories diverses que 1 on a proposées pour 1 explication de la diathèse urique, que Poehl (2) fait intervenir, dans la désassimilation physiologique de la nucleine , un facteur nou veau, la spermine, qui semble également en provenir; car elle accompagne les bases xanthiques et alloxuriques dans toutes les glandes où la décomposition de la nucleine est si active. Il nous suffira de dire actuellement que celte spermine agissant par action catalytique dans un milieu alcalin, suractive les oxydations des produiLs de déchets azotés de l’organisme, assure la combustion presque complète des leucomaïnes et la transformation de la majeure partie de l’acide urique en urée, en un mot combat l’auto-intoxication. Si donc l’acide urique est surtout l’un des produits de dédoublement de la nucleine, dans les conditions normales il disparaît au contact de la spermine alcaline, transformé dans le produit ultime de la désassimilation des composés azotés de l’organisme, c’està-dire en urée. Que survienne, au contraire, une cause quelconque de diminution dans l’alcalinité normale du sang, la spermine, au contact de l'acide phosphorique qui provient de la désassimilation des tissus et surtout du tissu nerveux devient phosphate de spermine insoluble et par suite inactive ; dès lors, l'acide* urique formé aux dépens de la nucleine n’est plus transformé en urée; les bases xanthiques ne sont plus comburées; ces produits passent, notablement accrus dans l’urine avec l’acide urique, et les symptômes del’auto-intoxication se manT festent.

(1) K.ossel,en particulier, a prétendu que l’acide urique obtenu par Horbaczewski n’éta't que de la xanthine précipitable comme lui par l’acide chlorhydrique {Jahr. f t/ t. XVII, p. 209 ; t. XXIII, p. 38, 1893). Horbaczewski a clos la discussion en répondant* '' l’objection précédente que, dans la décomposition par l’acide chlorhydrique du nr 5 -a pité argentique de Salkowski-Ludwig, les cristaux (uriques) se séparent immédiatement et montrent au microscope les formes caractéristiques de pierres à aiguiser; l’analyse qualitative de ces cristaux donne, d’ailleurs, toutes les réactions de l’acide urique pur Puis, par une longue discussion des procédés analytiques qu’il a employés, il n’aboutit qu a confirmer une fois de plus l’exactitude de ses résultats et des conclusions oui découlent {Jahr. f. Th., t. XXIII, p. 38, 1893).

(2) Poehl, Zeitscli. f. klin. Med., t. XXVI, n- 1 et 2, 1894.

ACIDE CRIQUE

Lieu de formation de l’acide urique

La présence de l’acide urique dans le sang, les muscles, le foie, le cerveau, et l’apparition des dépôts articulaires symptomatiques de la goutte et du rhumatisme noueux, sont déjà une présomption de la non-production de ce composé dans le REIN.

La formation continue des dépôts uraliques dans les divers organes après la ligature des vaisseaux du rein (Pawlinoff), après l’extirpation de cet organe (Schrœder) (I) ou la ligature de l’uretère (Colasanti) (2), ensontune preuve manifeste; Garrod (3) reste le seul à soutenir que l’acide urique prend naissance dans des cellules spéciales du rein.

D’après Meissner (4), le foie, qui renferme plus d’acide urique que le sang, chez les oiseaux, serait le siège principal de la formation de l’acide urique chez les oiseaux et les reptiles, de même que, chez les mammifères, il fabrique l’urée ; (Minkowski) (S) a démontré, en effet, que l’extirpation du foie chez les oies provoquait une diminution d’acide urique et une augmentation d’ammoniaque (50 à 60 p. 100 de 1 azote total) dans les urines, de telle sorte que l’acide urique, qui représente 60 à 70 p. 100 de l’azote urinaire total, descend jusqu’à 3 et 6 p. 100. Il semble donc que l’acide urique prenne naissance chez les autres animaux, en partie au moins, dans le foie; et, comme l’urine des oies opérées renferme une quantité d acide lactique telle qu’elle sature et au delà l’ammoniaque excrétée et conserve à l’urine une réaction fortement acide, Minkowski est d’avis que l’acide urique est normalement produit dans le foie par une synthèse de l’ammoniaque avec un composé exempt d’azote qui n’est peut-être que l’acide lactique. Mais, quelque temps après, Horbaczewski (G), par des dosages soignés, a démontré que la cirrhose du foie s’accompagne constamment d’une augmentation de l’acide urique, alors cependant que la lésion de l’élément cellulaire est démontrée par la diminution de l’urée et par l’augmentation correspondante de l'ammoniaque dans l’urine (Hallervorden et Stadelmann). Si le foie servait réellement à la fabrication de l’acide urique, on devrait observer une diminution parallèle dans l’excrétion de l’urée et de cet acide, et il n’en est rien; donc le foie, qui est 1 organe principal de la production de l’urée, ne paraît plus pouvoir être considéré comme le siège de la formation de l’acide urique (Horbaczewski), du moins chez l’homme et les mammifères.

L’apparition initiale de dépôts d’urates dans les vaisseaux sanguins et lymphatiques, après la ligature des uretères, a conduit Pawlinoff (7) à soutenir que l’acide urique prend naissance dans le sang ; en tout cas, Treskin fait jouer

(1) Schrœder, Moleschott Unters., t. XIII, 1881.

(2) Colasanti, Moleschott Unters., t. XIII, 1881.

(3) Garrod, Procecl. Roy. Soc. London, t. XXV, 1883, t. XXX, 1884.

(4) Meissner, Zeitsch. f. rationn. Med., t. XXXI, p. 144, 1868.

(5) Minkowski, Arch. f. exper. Pathol., t. XXI, p. 41, 1886.

(6) Horbaczewski, Jahr. f. Thierch., t. XIX, p. 361, 1889.

(7) Paulinoff, Centralblatt, 1873.

un rôle considérable à l’alcalinité du sang par rapport à l’acide urique qu’il contient ; comme on trouve le plus d’acide urique chez les oiseaux dont le sérum est faiblement alcalin, tandis qu’il n’y en a que peu ou pointchez les herbivores au sang très alcalin, comme, d’autre part, le carbonate de soude ingéré fait baisser de moitié l’acide urique excrété par le pigeon, Treskin admet que les alcalis décomposent énergiquement l’acide urique, aussi bien in vitro que dans l’organisme (1).

Enfin, d’après une dernière théorie sur laquelle nous nous sommes longuement étendus, on fait provenir l’acide urique des globules blancs, ou, plus exactement de la nucleine des noyaux cellulaires (voir p. 772).

C’était déjà l’opinion de Itanke (2) qui, dès 1858, se basant sur l’augmentation de l’acide urique dans la leucémie et la diminution de l’excrétion urique après usage de la quinine à haute dose, faisait intervenir la rate comme lieu de formation ; mais ni l’extirpation de la rate (Cl. Bernard), ni les affections de cet organe autres que la leucémie n'apportent de modification quantitative à la sécrétion de l’acide urique.

Les beaux travaux d’Horbaczewski sont venus cependant montrer ce qu'avait de bon l’idée première de Ranke qui, malheureusement, n’avait pu se rendre compté du rôle joué par les globules blancs dans la genèse urique ; il fallut nécessairement la découverte ultérieure de la nucleine, par Miescher, et l’étude de ses produits de décomposition, par Kossel, pour mettre ou plutôt remettre Horbaczewski sur la bonne voie et lui permettre d’instituer les remarquables et nombreuses expériences par lesquelles il démontrait la relation de cause à effet qui existe entre la nucleine des cellules, et particulièrement des leucocytes et l’acide urique.

En résumé, sans qu’on puisse nier l’intervention évidente du foie chez les oiseaux, on doit reconnaître aujourd’hui le rôle essentiel des globules blancs ou plutôt, des noyaux cellulaii’es en général dans la production de l’acide urique chez l’homme et les mammifères, et revenir à l’opinion de Schrceder et Colasanti que cette formation à lieu dans tous les tissus et tous les organes, mais en ajoutant, pour mettre au point leur énoncé, quelle se manifeste tout spécialement dans les éléments cellulaires nucleiniques, c’est-à-dire principalement dans les leucocytes.

Transformation et élimination de l’acide urique

Les transformations nombreuses de l’acide urique qui ont été exposées précé demment, et la présence dans le sang et divers organes de certains de ses produits de décomposition tels que l’urée, l’allantoïne, etc., laissent à penser qu’une partie seulement de l'acide urique persiste et se trouve éliminée par les urines qu’une autre partie, dont rien n’indique l’importance, disparaît dans l’organisme parsuite de ses décompositions. Et, en effet, l’injection dans le sang d’urale alcalin

(1) Treskin, Indicateur medical , 1887 (en russe),

(2) Ranke, loc. cit.

ACIDE CRIQUE

ou l'ingestion d’acide urique est suivie, chez les mammifères, d’une augmentation dans la quantité d’urée des urines.

Mais, en somme, l’acide urique doit être considéré surtout comme un produit de désassimilation dont l’émoncloire naturel est le rein, et dont la formation exagérée ou l’accumulaliou dans l’économie humaine s’accompagne de symptômes patholiques spéciaux caractéristiques de la diathèse urique.

Variations physiologiques de l’acide urique

La quantité d’acide urique éliminée dans les 24 heures par un adulte est des plus variables chez un même individu, et oscille le plus souvent en tre 0sr,20 et 0Br,8O.

Salkowski (1) se base sur les oscillations énormes que subit l’excrétion urique chez l’homme sain, dans les conditions de vie habituelles, pour se refuser à adopter une moyenne qu’on considérerait comme physiologique ; il conseille plutôt de rechercher, dans chaque cas particulier, quelle est la valeur de cette excrétion qui est avantageuse ou non pour l’individu examiné, et de ne s’appuyer que sur les commemorata pour reconnaître si un chiffre donné d’acide urique représente une excrétion pathologique. On ne doit pas oublier, en outre, que, par suite de sa solubilité si faible, l’acide urique a une tendance considérable à se déposer à l’état solide en certains endroils de l’organisme et à y produire des troubles locaux (tissus divers et articulations, vessie, bassinets du rein, etc.), de telle sorte que la quantité qui est sécrétée avec l’urine ne représente certainement pas tout l’acide fabriqué par l’économie, et que, en tout cas, rien ne prouve qu’elle lui soit proportionnelle.

1° Influence du sexe et de l’âge ■ — La sécrétion urique est en moyenne, chez l’homme adulte, de 0*r,6 en 24 heures ; elle est un peu plus faible chez la femme, notablement augmentée, au contraire, chez les nouveau-nés, par suite de la richesse de leur sang en leucocytes (Horbaczewski), ainsi que le montrent les chiffres suivants :

Excrétion moyenne d’acide urique en

chez l’homme . 0&',;)96 )

chez la femme . 0er,566 | ^ V°n

chez le nouveau-né, jusqu’à.. . l»r,30

24 heures, et Berlioz) (2).

Chez les nouveau-nés et aux premiers jours de la vie, l’acide urique apparaît en quantité relativement considérable dans les urines où il forme de 7 à 8 p. 100 de l’azote total, ce rapport n’étant que de 1 à 2 p. 100 chez l’adulte; cette quantité croît d’ordinaire depuis la naissance jusqu’au 3° jour, puis décroît ensuite graduellement [Martin, Ruge et Biedermann, (3) Hofmeier] (4). Les jeunes

(1) Salkowski, Fii-càor's Archiv , 1889, t. CXVII, p. 576.

(2) Yvon et Berlioz, Rev. de médec., 1888, 8.

(3) Martin, Ruge et Biedermann, Centralb. f. d.med. Wiss., 1875, p. 387.

(4) Hofmeier, Virchov's Archiv , t. LXXXIX, p. 493.

enfants (île 2 à 9 ans) excrètent encore .relativement beaucoup d’acide urique • de O»1', 10 à 0*r,27 pour bKr,l à 10sr,8 d’urée et un poids variant de 9k*,7 à 20ks 6 (Pfeiffer).

2° Influence du régime alimentaire. — Comme pour l’urée, l’alimentation exerce une influence des plus marquées sur la sécrétion urique, chez le même individu. Une nourriture exclusivement annualisée en fait monter le chiffre à 1 gramme, ier,5, 2 grammes, et même au delà ; le régime végétal le fait descendre à 0*r,30 ; aussi, chez les herbivores, n’en trouve-t-on que des traces, par suite de son remplacement par l’acide hippurique ; d’ailleurs, leur urine contient de l’acide urique, comme celle de l’homme et des carnivores, quand ils sont soumis à l’allaitement, à la diète ou à un régime animalisé. Le tableau suivant permet de comparer cette influence du régime sur le même individu.

Quantités absolues d'acide urique sécrétées dans les 24 heures par l’homme avec une alimentation différente.

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