‹ Encyclopédie chimique.Tome IX.- Applications de chimie organique. 2e section (volume 2)Chapitre 536 sur 722 · II. — Alcalinité du sang diminuée · texte numérisé non relu

II. — Alcalinité du sang diminuée

Nucléoalbumine (> 1 °/0 de Ph)

Albumine Nucleine (3 à 4 o/# Ph)

(peptone) "■ - «■" —

Albumine Acide nucleinique (9 à 10 o/0 Ph)

Acide phosphorique -f bases xanthiques + hydrocarbonés I spcrmine

phosphate de spermine insoluble

(spermine inactive) I

Corps xanthiques -j- groupe urique.

Dans les conditions biologiques normales, les produits ultimes, de la désassimilaton de la nucléo-albumine sont donc l’urée et l’acide urique, qui sont éliminés par les urines sous la forme du sel double [urée -f chlorure sodique] et de l’urate d’urée de Rüdel, tous deux très solubles. Au contraire, dans le cas de diminution de l’alcalinité du sang, on voit s’accumuler dans l’économie, outre les hydrocarbonés (graisses), les produits azotés de la métamorphose régressive insuffisamment oxydés (corps xanthiques et acide urique) qui vont ensuite à l’émonctoire rénal.

Poehl fait observer que, dans toutes les circonstances pathologiques où Horbaczewski a constaté une augmentation de l’excrétion urique provoquée par une altération particulière des tissus nucleiniques de l’organisme (leucémie, empoisonnement phosphoré, maladies fébriles aiguës, etc.), il y a toujours diminution des oxydations internes consécutive à celle de l’alcalinité du sang et, par suite auto-intoxication. Il cite encore, à l’appui de sa thèse, l’augmentation notable de l’acide urique dans la chorée, l’épilepsie, la neurasthénie et la migraine qu'ont constatée Herter et E. Smith (1), et la rétention ou accumulation de l’acide à laquelle Haig attribue les accès de goutte, de rhumatisme, de migraine, d’épilepsie, de dépression cérébrale, etc. ; dans toutes ces affections, l’alcalinité du sang est amoindrie et les oxydations internes sont diminuées, du fait de l'inactivité plus ou moins complète de la spermine. Cependant, il ne faut pas être Iroi absolu, et Poehl dit lui-même que cette diminution des oxydations n’est pas la cause unique de l’augmentation urique, qui doit encore résulter de la décomno sition suractivée des substances nucleiniques dans des conditions anormales c’est-à-dire probablement en milieu acide ; et, en effet, l’observation montre que l’ingestion d’acides agit comme le régime azoté, et provoque une augmenta ti°n de l’acide urique qui diminue, au contraire, sous l’influence des alcalins' ainsi qu’après une alimentation végétale (Grunlich, Coranda).

Comme conclusion, l’auteur recommande naturellement, pour le traitement de la diathèse urique, l’emploi de la spermine en ingestion ou en injection avec les alcalins comme adjuvants indiqués par la nécessité d’assurer l’alcalinité du milieu dans lequel la spermine se montre active ; par l’impulsion énergi U qu’elle imprime aux oxydations, elle assure la combustion interne des leucQ6

(t) Herter et E. Smith, Jahresb. f. Thierch., 1892, p. 203.

DE LA DIATHÈSE URIQUE

maïnes xanthiques et la transformation plus complète de l’acide urique en urée.

Tout récemment, dans une communication à la Société des médecins de Vienne, Kôliseh (1), abandonnant complètement les vieux errements, s’est emparé de l’idée énoncée par Horbaczewski d'une diathèse xanthique et l’a faite sienne, tout en la modifiant un peu. Pour lui, la diathèse dite urique est essentiellement constituée par une intoxication due aux bases alloxuriques (bases xanthiques et nucléiques de Poehl) qui sont la cause immédiate des lésions du rein goutteux, du système vasculaire et des organes divers qu’affecte la goutte; en d autres termes, il s’agit là d’une diathèse alloxurique et non uratique.

Tant que les reins sont sains, les composés alloxuriques sont éliminés à l’état d’acide urique, ce qui explique l’augmentation de l’acide urique dans la diathèse urique véritable qui paraît précéder la diathèse alloxurique; puis, les reins se fatiguant, les bases alloxuriques échappent en partie à l’oxydation normale et augmentent dans les urines, tandis que la proportion d'acide urique redevient normale. Alors éclatent les symptômes de la goutte légitime avec quantité normale d acide urique, ainsi que Bartels l’avait constaté depuis longtemps (1866)(2); puis les lésions rénales s’accentuant avec l’augmentation des bases, l’acide urique diminue et peut même être réduit à des traces, dans un stade avancé de 1 affection. Aussi, certains auteurs, Garrod en particulier, ont-ils pu soutenir que 1 acide urique est diminué dans la goutte. Il y a donc, en résumé, dans la goutte, d abord augmentation, puis diminution de l'excrétion urique; si l’auteur ne déclare pas expressément que l'acide urique se forme dans les reins, il dit que 1 intégrité des reins est nécessaire à la formation de l’acide urique qui résulte de 1 activité spécifique des cellules et du processus d’oxydation. Il base son opinion sur ce fait que l’ingestion d’hypoxanthine provoque, chez les animaux, des lésions rénales analogues à celles de la goutte, et sur l’apparition dans les urines de bases alloxuriques au lieu d’acide urique, dans toute néphrite.

La goutte consiste essentiellement en une destruction exagérée de la nucleine dont les produits sont éliminés par le rein, sous forme d’acide urique quand il est sain, sous celle de bases alloxuriques quand le rein se sclérose graduellement ; c est alors qu’apparaissent les accidents d'auto-intoxication. L’accès de goutte aiguë est l’expression clinique d’une destruction subitement accrue de la nucleine dont les dérivés irritent les reins, ce qui se traduit du côté des urines par l’apparition d’albumine, d’éléments figurés, etc. ; cet accès ne peut donc plus être considéré comme un heureux incident, ainsi qu’on le croyait autrefois, d’autant plus que, de sa répétition, naissent les lésions et dépôts articulaires qui aboutissent aux déformations permanentes et à l’infirmité. Comme conséquence thérapeutique, Kôliseh dit qu’en l’absence d’un spécifique connu capable d empêcher ou de diminuer la destruction de la nucleine, il faut éviter toutes les causes qui peuvent augmenter ou provoquer cette destruction, et écarter de 1 alimenlation toutes les substances! riches en nucleine ; il termine en insistant sur l’importance de la recherche de basophylie périnucléaire (3) dans le sang et des corps alloxuriques dans l’urine.

(1) Kôliseh, Société imp. roy. des médecins de Vienne, oct. 1893.

(2) Bartels, D. Arch. f. ktin. Med., t. I, p. 28, 1866.

(3) Les globules blancs normaux et adultes contiennent, dans leur protoplasma, des

Influence de l’alimentation sur la diathèse urique. — Régime alimentaire rationnel de la goutte

Il en est de l’alimentation comme des agents thérapeutiques, à l’égard de la diathèse urique : c’est encore sur des goutteux qu’on a étudié son influence et les résultats obtenus depuis longtemps déjà, alors même que l’on n'avait pas encore établi la relation de l’excrétion urique avec la désassimilation des éléments cellulaires nucleiniques, étaient assez nets pour que Pfeiffer pût déclarer formellement qu’un régime alimentaire rationnellement et pratiquement institué rend toute médication inutile.

Hermann (1), goutteux et expérimentant sur lui-même, avait observé une fois de plus que c'est avec le régime carné que l’excrétion urique atteint son maximum et qu’elle tombe au minimum avec l’alimentation purement végétale, les diffél rences constatées n’étant, d’ailleurs, pas considérables.

Haig conseille aux goutteux un régime dans lequel dominent les végétaux et le laitage : pain, nouilles, fruits avec lait, beurre et œufs.

Pfeiffer (2) diffère sensiblement de Haig dans ses recommandations; comme base de l’alimentation, il préconise les albuminoïdes naturels : viande et œufs les graisses et les végétaux herbacés, en écartant les hydrocarbonés et, surtout" les farineux et les sucres.

Les aliments albuminoïdes empêchent l’apparition de la cachexie et, par les sels alcalins que contiennent viandes et œufs, maintiennent l’acide urique produit dans un état de solubilité saline tel qu’il est rapidement éliminé sans pouvoir se déposer à l’état cristallin dans les tissus, d’autant plus que les légumes verts, la salade, les racines, les fruits augmentent l’alcalinité du sang et des liquides plasmatiques, et neutralisent l’acide sulfurique qui résulte de la désas similation des matières albuminoïdes. En fin de compte, cette diète carnée et végétale, bien que provoquant une augmentation manifeste de l’acide urique et de l’urée dans les urines, donne aux liquides divers de l’économie un maximum d’alcalinité qui comporte une promple et facile excrétion de l’acide urique Le lait doit être rejeté parce qu’il donne trop facilement lieu, dans le tube digestif, à une production d’acide lactique ; il en est de même des hydrocarbonés qui fermentent si facilement dans l’intestin; et les acides qui en résultent

grains éosinophyles (a i-granula de Ehrlich, colorés, après fixation, par les couleurs d'a ' line dites acides) qui paraissent constitués par une globuline. Cuénot a constaté o m" quelquefois, dans le sang normal, mais plus généralement dans des circonsta^*16’ pathologiques, on trouve des cellules identiques comme forme et granulations aux ?eS bules blancs, sauf que les granulations protoplasmiques sont devenues basophyles c’ à-dire sont colorées, après fixation, par les couleurs d'aniline dites basiques (Ar’ck ri biolog., t. XIII, 1893) ; c’est à ce dernier fait que Kolisch fait allusion par l’expressio " h basophylie périnucléaire. n °e

(t) Hermann, D. Arcli. f. klin. Med., t. XLI1I, p. 273. f2) Pfeiffer, Verh. d. Congr. f. inn. Med., 1889, t. VIII, p. 193.

DE LA DIATHÈSE URIQDE

comme d’ailleurs ceux qu’introduisent les boissons fermentées, vin, bière, saturant les alcalis des aliments et des sucs digestifs, diminuent l’alcalinité du sang et favorisent le dépôt de l’acide urique libre dans les tissus. Pfeiffera observé, en elfet, qu’un homme sain soumis à un régime carné exclusif n’excrète dans les 24 heures que 25 d’acide urique libre sur 100 que contient l'urine, tandis que la proportion d’acide libre atteint 46 p. 100, c’est-à-dire presque le double, sous l’influence d'une alimentation amylacée.

Le vin et la bière sont nuisibles, surtout la dernière, non seulement par les acides qu’ils renferment, mais aussi par leur alcool. Aussi Pfeiffer recommande-t-il, au cas où l'alcool serait nécessaire au malade, de l’administrer sous une forme aussi pure que possible, par exemple à l’état de cognac, rhum, etc., avec adjonction d’eau alcaline pour contrebalancer son action nuisible.

Ebstein (1 ), d’accord avec l’auteur précédent, élimine aussi les hydrocarbonés et recommande les albuminoïdes, les corps gras, en particulier le beurre bien lavé, les fruits et l’eau comme boisson.

Avant d’énumérer les éléments du régime qu’il conseille aux goutteux et, en général, aux individus prédisposés à la gravelle et aux concrétions uriques de la vessie, Bunge (2) discute les conditions de variation de la réaction des urines sous l’influence des divers régimes alimentaires.

L urine, normalement acide, ne devient alcaline qu’après absorption de sels de potassium dont l’acide organique, brûlé dans l’économie, donne naissance à du carbonate de potassium. Les fruits acides et les baies contiennent la potasse combinée aux acides végétaux, tarlrique, malique, citrique, etc. ; aussi, après leur ingestion en quantité suffisante., l’urine peut-elle présenter une réaction franchement alcaline et faire effervescence par addition d'un acide fort. Il en est de même après un repas de pommes de terre qui renferment beaucoup de malate de potassium, à côté d’une quantité très minime de matières protéiques ne produisant que très peu d’acide sulfurique. La viande, au contraire, elles aliments végétaux les plus importants, céréales et légumineuses qui, comme elle, sont riches en matières protéiques et en combinaisons phosphorées, donnent, par leur combustion dans l’organisme, de notables quantités d’acides libres, sulfurique et pliosphorique, qui diminuent considérablement l’alcalinité du sang et augmentent l’acidité de l'urine. Qui dit alcalescence du sang fortement réduite suppose, par cela même, moindre solubilité de l’acide urique dans ce liquide, tendance pour lui à devenir libre et, dès lors, par suite de sa presque insolubilité dans l’eau, à se déposer dans les tissus. L’augmentation de l’acidité de l’urine dans les conditions susvisées n’est donc que le résultat tangible de la diminution de l’alcalinité des liquides plasmatiques de l’organisme, diminution qu’il faut combattre.

Pour ce faire, il suffit de recommander les fruits acides, les baies, les végétaux herbacés, les pommes de terre dont les sels potassiques neutraliseront les acides forts résultant de la combustion de l’albumine alimentaire et de celle des tissus, et satureront l’acide urique, et de restreindre la quantité des ali—

(t) Ebstein, loc. cit., p. 162.

(2) Bunge, Chimie biologique, trad. franç., 1891, p. 314.

ments riches eu albuminoïdes et pauvres en bases capables de saturer les acides sulfurique et phosphorique dérivés de l’albumine. Dans ces conditions, l’acide urique maintenu en solution dans le sang grâce à l’excès d’alcali, amené au rein à l’état d’urate neutre très soluble, passe facilement dans l’urine dont l’acidité réduite à son minimum, quelquefois môme remplacée par une réaction alcaline] le maintient en dissolution sous la forme d’urate acide infiniment plus soluble ■que l’acide libre (i).

Bunge insiste particulièrement sur la nécessité, pour le goutteux, de supprimer complètement, de son alimentation, le fromage qui ne contientquela caséine (et le beurre) du lait à l’exclusion des sels restés dans le petit-lait, la viande salée et les poissons salés dont les sels basiques, passés dans la saumure et remplacés par le chlorure de sodium, sont complètement perdus pour le consommateur.

Il fait remarquer, avec beaucoup d’à propos, que les calculs vésicaux sont fréquents dans les pays comme la Saxe, l’Altembourg où l’on mange beaucoup de fromage, et que, s’il n’en est pas de même en Suisse (ajoutons dans les Vosges et dans la Normandie), cela tient à ce qu’à côté du fromage on manque beaucoup de fruits (et de pommes de terre) ; de môme, les concrétions uriques se produiraient souvent parmi celles des populations de la Russie qui se nourrissent surtout de poissons salés. Nous pouvons donc en conclure que l’adjonction de la pomme de terre aux aliments salés ne combat pas seulement le scorbut, mais prévient encore la formation des calculs de la vessie.

Voyons maintenant ce que la théorie actuelle, qui rattache la production de l’acide urique pour la plus grosse part à la décomposition de la nucleine et particulièrement à la désassimilation des leucocytes, va nous permettre d’ajouter aux judicieux conseils que nous venons de recevoir de Haig, Pfeiffer, Ebstein et Bunge.

Et d’abord, au point de vue thérapeutique, si nous ne connaissons aucun .spécifique capable d’enrayer la désassimilation de la nucleine, on peut, au moins contribuer à l’oxydation aussi complète que possible et à la solubilisation de ses produits de décomposition, et, par suite, atténuer leur action nocive sur les reins et sur les divers tissus et organes, en maintenant à un degré suffisant l'alcales cence du sang par l'usage des alcalins; dans les cas aigus, on y joindrait, suivant les indications de Poehl, l’injection ou l'ingestion de la spermine soluble.

Quant au régime, consultons à son tour Kôlisch, l’auteur de la théorie nouvelle de la goutte envisagée comme diathèse alloxurique et non plus urique. Il parta e complètement l’opinion des physiologistes que nous avons cités et recommande comme eux, les légumes verts, les corps gras, les œufs, avec usage modéré des albuminoïdes (bœuf bouilli de préférence) et défense del’alcool. Mais il complète la prescription, en ce qui concerne l’origine nucleinique de la goutte, en inter disant les tissus glandulaires riches en noyaux et les extraits de viande riches e~ bases xantho-nucleiniques, et permettant, au contraire, le lait et les œufs dont la nucleine ne se dédouble pas en bases alloxuriques. D’après lui, les efforts

(1) 11 y a intérêt à diminuer l’acidité du liquide urinaire sans toutefois le rendr souvent alcalin, sinon il faut craindre de substituer au dépôt urique que l'on veut é t°P un dépôt de phosphates terreux qui peut avoir des inconvénients sérieux par sa r *ler tion dans la vessie. F a loruia-

BASES XANTHIQEES

musculaires exagérés sont nuisibles, par suite de l’augmentation qu’ils entraînent de la destruction de la nucleine ; mais un exercice modéré est salutaire.

En résumé et pour conclure, en l’état actuel de nos connaissances sur l’origine de l’acide urique et sur la nature de la goutte, le régime alimentaire de l’arthritique peut être formulé de la manière suivante : — Viande en quantité modérée, lait, œufs, corps gras (beurre), légumes herbacés, tubercules, racines (oseille, épinards, choux, salade, salsifis, cardons, krônes, navets, carottes, pommes deterre); comme boisson, eau ou eau vineuse; — restreindre les légumes dits farineux, pois, haricots, lentilles ; éviter les viandes et légumes conservés par la salaison, le fromage, l’alcool et la bière ; supprimer absolument les tissus glandulaires divers, la cervelle, les extraits de viande.

BASES XANTHIQUES

Les bases xantliiques qui ont été trouvées dans l’urine sont au nombre de huit: laxanthine CSH3Az<02, l’hétéroxanlliine ou méthylxanthine C3H3(CH3)Az-'02, la paraxanthine ou diméthylxanthine C5H2(CH3)2Az402, l’hypoxanthine ou sarcine OWAz^O, la guanine C3H3Az;iO, l’adénine C5HsAz5, la carnine C7II8Az<03, enfin répisarcineC,HGAz30, que Balke aobtenue concurremment avec l’hypoxanthine, dans la purification de ce dernier corps.

La xantliine, l’hypoxanthine, l’adénine et la carnine ayant été étudiées à propos du tissu musculaire (p. 483 et suivantes), il ne nous reste à décrire en particulier que les quatre autres.

HÉTÉROXANTHINE, MÉTHYLXANTHINE C°HcAzi02 = CsH3(CH3)Azl02

L’hétéroxanthine, découverte par Salomon (1) dans l’urine humaine, est une substance blanche, amorphe, formée de grains de la grosseur de ceux du pavot, mais cristallisant en lamelles de sa solution ammoniacale. Sous l’influence de la chaleur, elle se volatilise sans fondre, et dégage de l’acide cyanhydrique.

Peu soluble dans l’eau froide, elle se dissout mieux dans l’eau bouillante, mais est insoluble dans l’alcool et dans l’éther.

Elle se combine aux acides pour former des sels définis, parmi lesquels le chlorhydrate est remarquable par son insolubilité relative et sa cristallisation en feuillets superposés et transparents qui ont jusqu'à 1 centimètre de long ; au contact de l'eau qui les rend très blancs et très limpides, ils se décomposent, sur-

(1) Salomon, Ber. d. chem. Ges., t. XYilI, p. 3407, 1885, et Zeitsch. f. physiol. Ch., t. XI, p. 412 et 415.

tout à chaud, avec mise en liberté d’hétéroxanthine. Le chlorhydrate se combine avec le chlorure de platine sous la forme d'un sel double.

Si l’on dissout le chlorhydrate d’hétéroxanthine dans une solution étendue et chaude de soude, puis qu'on refroidisse, il se dépose rapidement des cristaux brillants d'hëtéroxanthine sodce très peu soluble dans la lessive de soude, soluble au contraire, dans l'eau. Cette dernière solution, neutralisée par un acide, laisse’ déposer la base organique amorphe et peu soluble ; elle est également précipitée par le sous-acétate de plomb et l'ammoniaque.

Le chlorure mercurique donne, dans la solution d’hétéroxanthine, un précipité gris jaunâtre qui se transforme spontanément, en 12 ou 24 heures, en cristaux incolores. La solution ammoniacale ou azotique de la base est précipitée par le nitrate d’argent ; le précipité se dissout à chaud dans l’acide azotique dilué et se dépose ensuite, de la solution pas trop concentrée, en cristaux prismatiques et tabulaires d 'azotate d'hétéroxanthine-anjcntiquc.

L’hétéroxanlhine est précipitée par le sous-acétate de plomb ammoniacal et par l’acétate de cuivre à froid.

PARAXANTHINE, D1MÉTH YLXANTHINE C7II8Az'02 = C5H2(ClI3)aAzj,02

La paraxanthine, découverte en môme temps par Thudichum(l) et Salomonf*! dans l’urine de l’homme, est isomérique de la théobromine. Elle forme des cris taux tubulaires hexagonaux groupés en rosaces, incolores etbrillants, anhydres' Elle fond à 2300-270° sans décomposition ; à une température plus élevée ell * donne des vapeurs à odeur d’isonitrile, noircit et brûle.

Elle est peu soluble dans l’eau froide, plus soluble à chaud ; la solution e t neutre au tournesol; d’après Salomon, elle est insoluble dans l’alcool et dan l’éther froids, mais se dissout dans l’alcool chaud (Thudichum).

Elle forme avec les alcalis des combinaisons cristallines, comme l’hétéroxanthi peu solubles dans un excès d’alcali, mais solubles dans l’eau, surtout à Cha 1 et recristallisant facilement par le refroidissement. Elle se combine aussi a, acides; son chlorhydrate se dépose assez difficilement des solutions conr- - X

a 1 état cristallin, et forme, avec le chlorure de platine, tallisé en fines aiguilles de couleur orange.

.... chlorhydrate de paraxanthine, traité par l’acide picrique, donne un préci ’t abondant formé de paillettes jaunes qui se décomposent au contact de l’eau ^ & La solution de paraxanthine additionnée de chlorure mercurique se troubl puis laisse déposer des cristaux prismatiques et incolores, solubles dans l'e bouillante. Le nitrate d'argent précipite la paraxanthine de ses solutions nitri e&U ou ammoniacale en flocons gélatineux qui, dissous dans l’acide azotique chanà

(1) Thudichum, Ann. of. chem. medec., t. I, p. 1G3, Min. Chem., Berlin, 1886, p. 243.

(2) Salomon, Ber. d. ch. Ges., t. XVI, p. 193, 1883, et

, 1879, Grundzûge der anat. u.

t. XVIII, p. 3406, 1885.

BASES XANTHIQUES 797

se transforment, après refroidissement, en aiguilles soyeuses et incolores de nitrate de paraxanthine-argentique.

La paraxanthine est également précipitée par l’acide pliosphotungstique, l’acétate de cuivre chaud, l’acétate basique de plomb et l’ammoniaque.

Page 1