‹ Encyclopédie chimique.Tome IX.- Applications de chimie organique. 2e section (volume 2)Chapitre 567 sur 722 · MATIÈRES COLORANTES DÉRIVÉES DE CHR0M06ÈNES, - MÉLANINE · texte numérisé non relu

MATIÈRES COLORANTES DÉRIVÉES DE CHR0M06ÈNES, - MÉLANINE

filtré, incolore, se colore peu à peu en brun pendant son évaporation et laisse un résidu amorphe, brun noir, qu'on lave à l'alcool et à l’éther et dessèche.

Ce résidu est insoluble dans l’eau, l’alcool froid, l’éther, les acides minéraux étendus, l’acide acétique, partiellement soluble en brun dans l’alcool chaud. Par la distillation sèche, il se décompose en produits ammoniacaux divers avec résidu ferrugineux peu abondant ; la fusion potassique donne des acides gras liquides à odeur butyrique. Dans certaines préparations (précipitation de l’urine par l’eau de chaux), le produit obtenu se composait de deux parties, l’une identique au résidu précédent, la seconde soluble avec coloration brune dans l’alcool, l’éther, les acides et les alcalis.

Extraction et propriétés de la mélanine urinaire . — L’urine noircie par un contact suffisant avec l’air est précipitée par la baryte ; le précipité jaune brun foncé lavé à l’eau, puis à la soude caustique, cède à celle-ci son pigment qu’on reprécipite de la solution alcaline filtrée par saturation sulfurique ; on le purifie par des solutions dans les alcalis et des reprécipitations par les acides, le lave à l’eau, . à l’alcool et à l’éther, et enfin le dessèche sur le bain-marie.

On obtient ainsi une poudre brun noir, amorphe, non fusible à 120’’, insoluble dans l’eau, l’alcool amylique, l’éther, les acides dilués et l’acide acétique, un peu soluble à chaud dans l’alcool acidulé par l’acide sulfurique, en partie soluble dans l’acide sulfurique concentré et chaud etreprécipilé par addition d’eau, très soluble dans les alcalis avec coloration allant du jaune au rouge brun et reprécipitée par les acides, ainsi que par la baryte, le chlorure de baryum, le sulfate de magnésium, le sous-acétate de plomb. Elles se dissout aussi dans l’acide azotique à 25 p. 100, avec une coloration jaune que l’ammoniaque fonce.

Les solutions ne montrent aucune bande d'absorption au spectrophotomètre, mais absorbent partiellement la lumière avec une activité croissante du rouge vers le violet.

Les chiffres suivants donnent la composition centésimale comparée de la mélanine de l’urine et de celle de néoplasmes :

Uromélanine.

Az 12,27

Fe 0,20

Mélanine des tumeurs.

La concordance de ces chiffres montre l’analogie extrême des deux variétés de mélanine, analogie que vient encore accentuer cette remarque que l’uromélanine, mise en digestion dans l’acide chlorhydrique chaud à 10 p. 100, perd la majeure partie de son fer et n’en garde plus que 0,028 p. 100.

Conditions d’apparition de la mélanine dans l’urine

L’uromélanine a été rencontrée surtout chez les malades atteints de cancer mélanique, mais ne constitue pas un signe nécessaire et constant de cette affec-

tion, bien que, par sa présence, elle ait une valeur diagnostique considérable On a pu en signaler la présence exceptionnelle dans le cancer non pigmentaire" dans le marasme simple et môme dans des inflammations et dans la tuberculose intestinale (I). On ignore, d’ailleurs, si la mélanine est un pigment spécial au cancer mélanique, ou si elle ne provient pas de l’augmentation anormale d’une matière pigmentaire dont l’urine physiologique ne contiendrait que des traces La mélanine est le plus souvent en dissolution, mais peut se trouver sous forme de grains microscopiques noirs mélangés au sédiment urinaire. On a dit que ce n’est qu’exceptionnellement qu’elle préexiste dans l’urine fraîchement émise et qu’elle s'y trouve d’ordinaire sous la forme d’un chromogène incolore le mélanogène de Thomas, qui lui donne naissance par oxydation, au contact dé la lumière ; aussi l’urine mélanogénique garde-t-elle sa coloration primitive quand on la soustrait au contact de l’air et do la lumière. Il n’y a aucune proportion entre la quantité de mélanogène urinaire et l’intensité du cancer mêla nique; outre que cette quantité varie constamment, qu’elle peut même devenir momentanément nulle, on la voit quelquefois diminuer lentement jusqu’à dispa ntion complète de la réaction, alors que la néoformation continue sa progression ascendante. 8 uu

On ne sait encore où est le siège de la réduction du pigment de la tumeur entraîne par le sang avec transformation en mélanogène incolore; Ganghofner et Pzribram le placent dans le foie.

Sous le nom de Mélanémie, Thomas (2) entend une modification pathologique du sang et de l’urine observée surtout au cours de la malaria grave et de longue durée, et consistant en la présence, dans ces deux liquides, d’un pigment foncé de nature insuffisamment déterminée, et qu’on trouve encore dans des états morbides autres que la néoplasie mélanique. On a pu extraire ce pigment du sang ; il est noir ou brun noir, et circule dans les vaisseaux à l’état solide, en partie libre sous la forme de grains très fins arrondis ou irréguliers, de la grosseur des globules sanguins, en partie incorporé dans le proloplasma des globules blancs. On a dit depuis longtemps qu’il manque dans la rate (Virchov, Frerichs) et même quelquefois dans le sang(Arnstein) (3), retenu qu’il est dans les capillaires des divers organes et spécialement des reins où il forme de petits amas foncés dans le glomérule et les canaux contournés ; de là, il se répand dans tout l’organe et passe dans l’urine. Par suite d’inflammations localisées autour des vaisseaux obstrués par ces amas de matière noire, l’urine renferme souvent, outre le pigment libre, de l’albumine, du sang, divers éléments cellulaires, des cylindres dans lesquels il peut encore être englobé.

L’apparition de ce pigment dans l’urine vient confirmer l’existence antérieure d’une affection malarienne intense.

Leube (2) a eu l’occasion d’étudier une nouvelle matière spéciale qui colorait noir l’urine d’un malade de soixante-seize ans atteint d’ostéomalacie compliqu * de néphrite et de cystite. *e

(1) Lire à ce sujet, dans Jahr. f. Ihierch., 1892, t. XXII, p. 542, un travail sur

urine noire dans un cas de tuberculose intestinale. r une

(2) Thomas, Anal. des'Harns, Neubauer et Vogel, 1890, semiotischer Thril « c.

(3) Leube, Virclwv's Archiv, t. CVI, p. 418, 1886. U’ P' 6l*

IIYDROCARBONÉS

Page 1