‹ Encyclopédie chimique.Tome IX.- Applications de chimie organique. 2e section (volume 2)Chapitre 568 sur 722 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

HYDROCARBONÉS

Généralités

La présence constante de petites quantités d’hydrocarbonés dans l’urine normale paraît aujourd’hui démontrée (Udranszky) (1): on y trouve delà gomme animale de Landwelir et de la glucose, mais celle-ci en quantité si faible qu’on ne peut la déceler par lés réactions habituellement employées pour sa recherche ; elle peut contenir également quelque peu des hydrocarbonés qui résultent de la présence de la mucine.

La fermentation ammoniacale de l’urine détermine la disparition, par combustion, d’une partie au moins, sinon de la totalité, des hydrocarbonés qu’elle contient normalement (Salkowski) (2).

Après l’ingestion d’une grande quantité d’un sucre quelconque, glucose, sucre de cannes ou sucre de lait, une minime proportion passe dans les urines (Worm-Müller) (3); dans ces conditions, c’est la lactose et la galactose qui passent le plus facilement, la glucose, la lévulose et le sucre de cannes étant plus complètement et facilement assimilés (Ilofmeister) (4).

A l’état pathologique, l’urine peut contenir, en proportion d'ailleurs très variable, de la glucose (glucosurie), mélangée ou non de lévulose et de laïose (diabète sucré) ; quelques urines de diabète renferment du glycogène. On a signalé, récemment, la possibilité de l’apparition d’un nouveau groupe de matières sucrées, des pentoses dans les urines.

La présence d’hydrocarbonés dans l'urine normale est décelée par un ensemble de réactions que nous allons passer en revue :

(1) Udranszky, Zeitsch. f. physiol. Ch., t. XII et XIII.

(2) Salkowski, Zeitsch. f. physiol Ch., t. XIII, p. 270, 1889.

(3) Worm-Müller, Pflüger's Àrchiv, t. XXXIV, p. 576, 1884.

(4) Hofmeister, Arc h. f. exp. Pathol., t. XXV, p. 240, 1889.

Réactions communes aux hydrocarbonés contenus dans l’urine normale

Ces réactions se divisent en trois groupes: — 1° Réaction du furfurol;

2° réaction du chlorure de benzoyle en milieu alcalin ; — 3° enfin action réductrice de l’urine.

iü Réaction du furfurol. — Cette réaction est basée sur la décomposition de tous les hydrocarbonés au contact de l’acide sulfurique concentré et chaud, avec production de furfurol (Guyard) (t) que l’on décèle à l’aide, soit de la xylidine (Scliiff) (2), soit du thymol ou du naphtol-a (Moliscli) (3).

а) Réaction de la xylidine. — Une bandelette de papier à filtre blanc trempée dans un mélange de volumes égaux de xylidine et d’acide acétique glacial additionné d’un peu d’alcool, puis bien desséchée et exposée aux vapeurs de furfurol, se colore en rouge; la réaction réussit encore avec les vapeurs qui se dégagent d’une goutte d’une solution à 0,2 p. 100 de glucose chauffée avec 1 centimètre cube d’acide sulfurique, et se montre souvent d’une exquise sensibilité pour l’urine normale (Udranszky).

б) Réaction du thymol. — Le mélange de 1/2 à 1 centimètre cube de solution sucrée et de deux gouttes d’une solution à 15 ou 20 p. 100 de thymol dans l’alcool prend, par l’addition de 1 à 2 volumes d’acide sulfurique concentré, une coloration cinabre, rubis ou rouge carmin. Le liquide étendu d’eau reste coloré en rouge et abandonne, après quelque temps, des flocons rouges d’une matière soluble dans l’alcool, l’éther et les lessives alcalines, avec une coloration jaunâtre que l’ammoniaque rend franchement jaune. On peut ainsi déceler jusqu'à 0&r,000.01 p. 100 de sucre en solution. La réaction s’applique également bien aux hydrocarbonés et aux glucosides.

c) Réaction du naphtol-a. — En opérant comme pour le thymol, avec une solution alcoolique de naphtol-a à 15 ou 20 p. 100, on obtient un mélange de couleur violet foncé un peu pourpre. L’addition d’eau provoque la formation d’un précipité bleu violet ou bleu sombre, soluble en jaune dans l’alcool et l’éther en jaune d’or dans les lessives alcalines; l’ammoniaque le réunit en gouttelettes jaune brun. La réaction de coloration réussit encore avec une solution de sucre à 0,000.01 p. 100, mais l’addition d’eau ne détermine plus la formation du précipité au-dessous de 0,1 p. 100 de sucre. Cette réaction décèle aussi bien les sucres et les glucosides que la cellulose, les gommes, la lichénine, la dextrine, l’inuline le glycogène.

Le mélange sulfurique concentré, coloré en violet bleu, présente, au spectroscope, deux bandes d’absorption, l’une entre D et E, l’autre allant de F jusqu’à l’extrémité du violet (Udranszky) (4).

(1) Guyard, Bull. d. la Soc. chim. (2), t. XLt, p. 289, 1884.

(2) Schiff, Ber. d. ch. Ges., t. XX, p. 540, 1888.

(3) Molisch, Monatsh. f. Ch., t. VII, p. 198, 1886, et Centralbl. f. d. med Wiss

p. 34 et 49. ’’ 888>

(4) Udranszky, Zeitsch. f. physiol. Ch., t. XII, p. 364, 1888.

HYDROCARBONÉS

On ne connaît pas le résultat de la réaction du lurfurol sur la gomme animale ; pour l’acide glycuronique, il serait positif, d’après Udranszky, négatif au contraire, suivant Molisch.

2° Réaction du chlorure de benzoyle. — Baumann fi) a montré que, si l’on traite l’urine par le chlorure de benzoyle, puis par une solution de soude pour le décomposer, on obtient un précipité formé par les combinaisons benzoylées de diverses substances, parmi lesquelles Wedensky (2) a constaté la présence constante de la gomme animale et d'un corps très ressemblant à la glucose.

Ce précipité forme une poudre non nettement cristallisée, jaunâtre, ramollie à 40°, fusible à 60°, qui réduit la liqueur cupro-potassique et se décompose, au contact de l’acide sulfurique dilué, en acide benzoïque et en une substance soluble qui réduit les oxydes cuivrique et bismuthique en milieu alcalin et peut régénérer la combinaison benzoïque dont elle provient (Wedensky).

100 centimètres cubes d’urine fournissent de O^ISS à l«r,309 d’éther benzoïque, proportion essentiellement variable suivant les individus, le moment de la journée et diverses circonstances (Wedensky).

La réaction est assez sensible pour que l’on obtienne encore un précipité floconneux très net avec une solution de 1 ou 2 milligrammes de glucose dans 100 centimètres cubes d’eau que l’on additionne de 2 centimètres cubes de chlorure de benzoyle et de la quantité suffisante de soude.

3° Action réductrice de l’urine normale. — L’urine normale possède souvent (quinze fois sur soixante urines d’après Worm-Müller (3), quatorze fois sur cent d’après Nylander) (4) un pouvoir réducteur manifeste, bien qu’extrêmement faible, aussi bien pour les solutions alcalines d’oxyde cuivrique ou mercurique que pour l’acide orthonitrophénylpropiolique qu’elle transforme en indigo bleu en présence des alcalis (5) ; nous verrons plus tard que, par suite de son peu d’intensité, cette action réductrice ne gêne en rien la recherche et la détermination quantitative du sucre dans le diabète, ainsi qu’on pourrait s’y attendre.

La réduction de la liqueur de Barreswill par l’urine normale varie proportionnellement à la densité du liquide, et correspond à celle d’une solution de glucose de 0,15 à 0,40 p. 100 (Flückiger, Munk, Salkowski), de i«r,50 à lBr,75 seulement, pour les vingt-quatre heures, suivant Stillingfleet Johnson (6) ; elle diminue de 1/3 par l’évaporation de l’urine à 60°, des 5/6 par l’évaporation à 100°. Les éléments réducteurs de l’urine sont solubles dans l’alcool, insolubles dans l’éther, précipités plus ou moins complètement par la baryte, l'acétate et le sous-acétate de plomb, l’acide phosphotungs tique (Flückiger) (7).

(1) Baumann, Ber. cl. chem. Gesellsch., t. XIX, p. 3220, 1888.

(2) Wedensky, Zeitsch. f. physiol. Ch.,t. XIII, p. 122, 1888.

(3) Worm-Müller, Pflüger's Archiv , t. XXVII, p. 110. 1882.

(4) Nylander, Zeitsch. f. physiol. Ch., t. VIII, p. 181, 1883-1884.

(5) La production d’indigo bleu par l’urine, aux dépens de l’acide orthonitrophénylpropiolique, a été étudiée par Ileckenhain (liber das Vorkommen reducirender Substanzen im Ilarn, Diss. Erlangen, 1887) qui a montré qu’elle est indépendante de la présence des éléments azotés de l’urine, acide urique et créatinine, sans influence sur le réactif.

(6) Flückiger, Zeitsch. f. physiol. Ch., t. IX, p. 333, 1885.

(7) Stillingfleet Johnson, Jahr. f. Ihierch., t. XX, p. 68, 1890.

Outre les hydrocarbonés, l’urine contient des principes azotés auxquels revient une part de son action réductrice ; ce sont l’acide urique et la créati nine, auxquels Salkowski attribue de 1/6 à 1/5 de cette action, tandis què Worm-M aller (1) en donne 1/4 à l'acide urique et seulement une partie insieni haute à la créatinine, et que Stillingffleet Johnson en attribue les 3/4 à la créa" tine et 1/4 seulement à l’acide urique, c’est-à-dire n’admet pas la présence de là glucose. Cependant Worm-Müller a montré que la levure de bière fait disparaître dans l’urine normale, une proportion de substance réductrice correspondant à 0,01-0,02 p. 100, rarement 0,05 p. 100 de sucre, sans faire tomber complètement l’action réductrice du liquide fermenté. D'après Flückiger (=>) ja majeure partie de l’action réductrice de l’urine, abstraction faite de la pari revenant à l’acide urique et à la créatinine, paraît devoir être attribuée à une combinaison conjuguée et azotée de l’acide glycUronique analogue à celle nue Schmiedeberg (3) a pu en retirer; mais cette combinaison possède-t-elle seulement une action sur la liqueur de Barreswill ? en tout cas, l’acide phénylglvcu romque pur, préparé par Külz (4), en est dépourvu. b y

GLUCOSE

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