AUGMENTE
Dans la convalescence clés maladies fébriles aiguës, par suite de la reprise de l’alimentation ;
Dans la plupart des maladies nerveuses, particulièrement dans la chorée idiopathique (Toralbo) (1) ;
Dans l 'épilepsie, où les phosphates terreux augmentent dans la période prodromale; il en est de même dans l’épilepsie et la paralysie générale, toutes deux d origine syphilique, dans certains cas de tumeurs cérébrales (Lépine) (2), dans la myélite chronique (Furbringer) et, bien entendu, dans la phosphaturie (Sendtner). Schelelig estime que, dans les affections du système nerveux central, l'augmentation de la chaux urinaire est aussi peu vraisemblable que non démontrée.
Dans le rachitisme, les opinions sont assez divergentes, ainsi, d’ailleurs, que dans 1 ostéomalacie. En général, ou admet dans le rachitisme une élimination plus abondante du phosphate de chaux par les urines, consécutive à une diminution du coefficient d’utilisation de la chaux contenue dans le sang par le système osseux. Lehmann (3) a trouvé, dans l’urine des vingt-quatre heures d un enfant rachitique, 08r,496 de phosphates terreux contre 0;r,3iS que fournissait un enfant de même âge, bien portant et nourri de la même façon que le petit malade ; il y a donc bien eu, dans ce cas, augmentation de l’excrétion calcique, ce qu’admet Senator, mais ce que Hirschberg, Neubauer et Seemann déclarent n’avoir pu constater; bien au contraire, les auteurs précédents soutiennent que le rachitisme est accompagné d’une diminution notable des sels calcaires de l’urine. Seemann', en particulier, a observé et suivi quatorze enfanls malades, et trouvé chez eux, comme élimination moyenne journalière, par kilogramme de poids vif, 0,r, 00145 de chaux, c’est-à-dire moitié du coefficient 0sr,0033 relatif aux enfants sains; dans la convalescence du rachitisme, l’excrétion augmente et atteint 0"', 00282. Dans un cas grave, on n’a même pas trouvé de chaux du tout dans l’urine. On explique cette diminution par une assimilation insuffisante des sels calcaires contenus dans les aliments, probablement consécutive à une absence d’acide chlorhydrique dans le suc gastrique. Ce qui paraît confirmer l’exactitude de cette hypothèse, c’est que les fèces d’un rachitique gravement malade contiennent de 0s%052 à 0sr,07 de calcium et 08r,0027 de magnésium, contre 08r,03 de Ca et O8', 003 de Mg chez un enfant bien portant (Baginsky) (4) : c’est encore l’observation, faite par Haubner (S), que l’usage
(1) Toralbo, Centralbl. f. klin. Med ., 1890, t. XI, p. 19.
(2) Lépine, cité par Zülzer, - emioloyie des Harns.
(3) Lehmann, cité par Seemann, Virchov's Archiv, t. LXXV1I, p 303, 1879.
(4) Baginsky, Verôff. d. Ges. f. Reilk. in Berlin, 2- fasc. 1879.
(3) Haubner, Jahresber. der Ih-esd. Ges. f. N. u. Heillt., 1876.
alimentaire de fourrages imprégnés des vapeurs industrielles d’acide sulfurique produit le rachitisme, chez les animaux.
Plus récemment, Rüdel ( t ) a repris cette question ; de ses observations, il résulte que la résorption et l’excrétion des sels calcaires est exactement la môme chez les rachitiques que chez d’autres enfants bien portants; et sa conclusion, que le rachitisme n’est pas dû à une résorption insuffisante de la chaux par l’organisme, a été confirmée ensuite par Vierordt (2).
Dans V ostéomalacie, Gerster a constaté une augmentation de la chaux dans les urines, et Wagner a observé un cas dans lequel l’urine renfermait un dépôt abondant de sels de chaux ; Leube a obtenu, de ses analyses, les résultats les plus variables, et Schmuziger n’a trouvé qu’une diminution sensible, soit 0«r,0716 de chaux en vingt-quatre heures, ce qui correspond à 0»r, 1322 de phosphate. Cependant, Schmidt et Weber prétendent avoir constaté la présence de l’acide lactique libre dans le tissu osseux des ostéomalaciques; en tout cas, Heitzmann a vu l’addition de cet acide au régime normal produire l’ostéomalacie chez des chiens et des chats, et il en est de même alors qu’on contrebalance l’action nuisible de l’acide par l’addition de phospliaLe de chaux sous la forme de laclophosphate (Gautier, Rabuteau). Si ces derniers faits sont exacts, ils doivent coïncider avec une augmentation notable des bases terreuses dans les urines.
Dans la plupart des maladies des os, où l’on trouve dans les urines beaucoup de phosphates terreux, et sensiblement moins de phosphates alcalins : ainsi dans la pseudo-arthrose de la jambe 0Br,41 et O5', 43 de CaO, dans la tumeur blanche du genou 0,335 et 0,384 CaO contre 0,21 à 0,31 chez un individu sain (Soborow), dans Yhyperostose diffuse 0îr,87 (Ralhery et Leloir);
L’arthrite ne donne lieu à aucune modification sensible (Stokvis).
Dans Y anévrysme des gros vaisseaux (Toralbo);
Dans la phtisie pulmonaire chronique (Senator) ; Toralbo a constaté que l’excrétion de la. chaux n’augmente qu’au commencement de la maladie et diminue ensuite, d’accord en cela avec Senator, qui n’admet pas que l’augmentation tienne à une absorption alimentaire de chaux -plus considérable que chez l’homme sain, et qui rattache la diminution aux troubles croissants de la digestion. Quelle peut être la cause réelle de l’augmentation du début? Kussmaul et Schmidt (3) ont trouvé, dans les poumons tuberculeux, une quantité de chaux presque double de celle que renferment les poumons sains, et il se pourrait qu’une partie au moins de la chaux urinaire ait d’abord séjourné dans le poumon ; mais il est plus vraisemblable que les phtisiques puisent, dans leur système osseux, l’excès de chaux que contiennent leurs urines. Orlh et Lilten (4) ont constaté, dans les maladies chroniques accompagnées d’une diminution des humeurs, et principalement dans la tuberculose pulmonaire, que la moelle des os longs s’hyperémie et, de jaune, devient rouge ; il est probable que cette modification anatomo-pathologique donne naissance à des composés acides qui dis-
(1) Rüdel, Arch. f. exper. Pathol, u. Pharm., t. XXXIII, p. 79 et 90, 1893.
(2) Vierordt, Congr. f. inn. Medic., 1893, p. 230.
(3) Kussmaul et Schmidt. D. Arch. f. kl. Med., t. II.
(4) Orth et Litten, Perl. klin. Wochensch., n° 51, 1877.
CHAUX ET MAGNÉSIE
solvent la chaux du tissu osseux et, par son passage dans la masse humorale, expliquent l’excrétion d’une certaine partie de la base par les reins. Ajoutons que Stokvis n’a pu vérifier cette augmentation de la chaux du commencement de la phtisie ;
Dans certaines diathèses, telles que le cancer du foie, le scorbut (Zülzer), l'empoisonnement chronique par le plomb, dans la chylurie et l'hémoglobinurie (Toralbo);
Dans le diabète sucré (Neubauer) où la chaux peut monter jusqu’à 2'r,S8 par jour (Toralbo), pour diminuer dès qu’un régime convenable détermine une amélioration des symptômes de dénutrition ;
Dans les cas d'anévrysmes (Reale, 0sr,629 dans quatre cas, contre 0,21 chez l’homme sain) (1) ;
Dans les maladies d'estomac accompagnées de vomissements très abondants, qui évacuent l'acide chlorhydrique au dehors et déterminent l’excrétion d’une urine fortement alcaline au moment de son émission et riche en sédiments de phosphate magnésien, mais non calcique (Ebstein (2), Tollens et Stein) ; chez les malades obligés de garder le lit, par suite d'affections chirurgicales ; l’urine contient alors, en moyenne, 0tr,721 de phosphate bicalcique, tandis qu’on n’en trouve que 0ïr,3785 chez des malades atteints d’affections chirurgicales légères leur permettant de rester debout (Iloppe-Seyler) (3).
On observe une diminution de l’excrétion calcaire :
Dans les maladies fébriles aiguës (Senator), sans doute par suite d’une alimentation insuffisante (Iloppe-Seyler), ainsi que dans l 'érysipèle et le rhumatisme articulaire (Zülzer), dans le typhus abdominal où elle peut faire complètement défaut (Schetelig), et, dans tous ces cas, par suite d’une alimentation insuffisante qui n'introduit pas de sels de chaux dans l’organisme. C’est sans doute pour la même raison que le phosphate de magnésium (et les chlorures) diminuent et peuvent même disparaître dans l’urine de la variole (Marigliano) ;
Dans l'atrophie jaune aiguë du foie (Frerichs), dans l 'ictère et la leucocythcmic splénique (Toralbo) où elle peut manquer totalement ;
Dans l'athérome artériel, où Hirschberg n’a trouvé que O5'', 016 à 05r,2üo de phosphate de chaux, ce qu’il attribue à l’infiltration des tissus par la chaux qui y reste localisée, comme cela se produit dans les exsudais et foyers purulents anciens, dans l'induration du sommet des poumons, dans la myosite ossifiante; dans cette dernière maladie, la proportion de chaux des urines peut tomber a un dixième de la proportion moyenne normale (Patsch, Pinter).
(1) Reale, Riv. Clin, e Terapeut., t. XIII, nov. 1891, Naples.
(2) Ebstein, Deutsch. Arck. f. klin. Med., t. XXXI, p. 203.
(3) Hoppe-Seyler, Zeitsch. f. physiol. Ch., t. XV, p. 161, 1891.
POTASSE ET SOUDE
Variations physiologiques. — Les quantités de potasse et de soude excrétées avec l'urine sont assez variables et dépendent avant tout de Y alimentation. Les chiffres suivants correspondent à un régime mixte :
VOLUME D’URINE des 24 heures
URÉE