I. — COMPOSÉS MINÉRAUX
1° Métaux lourds. — Les sels métalliques proprement dits, dont les bases forment avec l'albumine des combinaisons absorbables seulement après leur redissolution par les alcalis ou les chlorures alcalins, n’apparaissent guère dans 1 uiine que lorsqu’ils sont introduits k haute dose dans l’organisme, leur voie d’élimination normale étant la bile. L’urine paraît alors souvent contenir le métal sous la forme d’une combinaison organique dans laquelle l’électrolyse ne peut le mettre en évidence qu’après la destruction préalable de la combinaison par le chlorate de potassium et l’acide chlorhydrique; le fait a- été démontré récemment, pour le plomb, par Frankel (1). Il n’en est plus de même des préparations arsenicales qui passent assez facilement dans l’urine, bien qu’elles soient également éliminées par la bile dans laquelle on retrouve les dernières traces de la substance active que contenait encore l’économie. Pour le mercure et le plomb, on peut activer leur excrétion par l’urine, en recourant à l’iodure de potassium < ont Melsens <i démontré 1 action sur le mercure qu’il fait sortir des combinaisons albuminoïdes contenues dans le corps et transforme en iodure double soluble, dialyshble et plus rapidement éliminé par les reins.
2° Métaux terreux. — Les sels alcalino-terreux de baryum, calcium et magnésium qui ne peuvent pas être modifiés dans les liquides de l’organisme, comme le sont ceux des métaux proprement dits, passent aSsez facilement dans les urines après leur ingestion, ainsi qu’on le constate pour les sels de magnésium quand la dose n’est pas purgative (p. 1032), auquel cas ils sont presque intégralement évacués par le rectum avec les selles diarrhéiques qu’ils provoquent.
3° Sels alcalins. — Les alcalis et carbonates alcalins sont saturés par les sels acides de l’urine dont ils diminuent l’acidité, à laquelle ils peuvent même substituer une réaction alcaline quand ils sont ingérés en quantité notable ; il en est de même des sels alcalins à acides organiques végétaux qui sont brûlés dans 1 économie et transformés en carbonates (Wohler), ainsi que des borates et des silicates. Quant aux sels alcalins neutres à acide minéral, tels que chlorures, bromures, iodures, chlorates, sulfates, phosphates, nitrates, ils passent rapidement et inaltérés dans les urines. Les sulfures sont transformés en sulfates. Les sels ammoniacaux, carbonate et chlorure, donnent lieu à une augmentation de 1 urée dont il a été question ailleurs (p. 738).
Acides minéraux. — Les acides minéraux passent rapidement dans les urines, transformés en sels alcalins, sodiques, potassiques, ammoniques et calciques.
L acide sulfurique, en particulier, donne naissance, pour une partie, à des dérivés phénoliques sulfoconjugués dont on trouve la proportion notablement augmentée, par exemple les premiers jours qui suivent l’intoxication aiguë par 1 acide sulfurique ; l’augmentation porte aussi sur l’acide indoxylsulfurique ou
(1) Frankel, Chem. Ctnlralbl., 1893; t. II, p. 294.
indican (Lilten) (1). Une partie de ces acides se retrouve en liberté dans l’urine à la suite de l’usage prolongé des limonades dont ils font la base.
5° Métalloïdes. — La plupart des métalloïdes sont transformés après ingestion par les liquides alcalins, en un mélange de sels haloïdes (iodures, sulfures phosphures) et de sels oxygénés (iodates, hyposuliites, hypophosphites) qui passent sous cette forme dans l’urine, quand ils ne sont pas transformés d’ordinaire par l’économie (iodures, bromures,, iodates, hypophosphites), ou ne sont éliminés qu'après oxydation complète (sulfates, phosphates des sulfures et phosphures). Il en est de môme de ceux qui pénètrent par la voie pulmonaire (vapeur d’iode, de brome, de chlore, etc.) ou par la peau (iode, soufre).