II. — COMPOSÉS ORGANIQUES
Parmi les composés organiques, il y a lieu de faire, dès maintenant, une différence entre ceux de la série grasse et ceux de la série aromatique, parce que ces derniers résistent beaucoup mieux à l’oxydation et donnent lieu, avant leur élimination, à des réactions toutes spéciales.
A. — Composés de la série crasse
1° Dérivés alcooliques. — L'alcool, pris à dose modérée, est brûlé complètement dans l’organisme ; ce n’est qu’à haute dose, et surtout après un usage continu qui en sature, pour ainsi dire, le corps, qu’il apparaît en nature dans les urines (Dujardin-Beaumetz). On a dit que, chez les buveurs invétérés, il est éliminé en partie à l’état d’aldéhyde, à laquelle l'haleine des ivrognes devrait son odeur spéciale ; Silvio Plevani (2) n’a pu, cependant, déceler la moindre trace d’aldéhyde dans les tissus d’un individu mort à la suite d’un accès d alcoolisme aigu.
La glycérine, ingérée sous la forme de corps gras, est complètement brûlée dans l’économie; il en est de même de la glycérine libre, quand la dose ingérée en une fois est inférieure à 20 grammes. Mais, au-dessus de ce chiffre, elle apparaît dans les urines et produit une irritation du rein et de la vessie ; d’ailleurs, elle devient toxique et tue à la dose de 8 grammes par kilogramme d’animal, avec lésions rénales encore plus graves que celles de l’alcoolisme aigu, et hématurie. Administrée en injection hypodermique ou dans le sang, elle provoque de l’hémoglobinurie.
Le chloroforme, inhalé, passe en partie par les urines, dans lesquelles on le recherche en caractérisant le chldre dans les produits de décomposition de ses vapeurs entraînées par un courant d air barbottant à travers l’urine chauffée à 60°-70°, et portées au rouge dans un tube de porcelaine (Fubini) (3). L’urine qui renferme du chloroforme réduit la liqueur cupro-potassique.
(1) Litten, Jahresb. f. Thierch., t. XI, p. 245, 188t.
(2) Plevani, Jaresb. f- Thierch., t. IX, p. 68, 1879.
(3) Fubini, Jahresb. f. Thierch., t. $1, p, 194, 1881.