ACIDE ORNITHURIQUE C,0H20Az
Jaffé (I) a découvert que l’ingestion d’acide benzoïque par les oiseaux était suivie de l’apparition, dans leurs excréments, non pas de l’acide hippurique, mais d’un corps particulier, également à fonction acide et résultant de l’union de l’acide benzoïque à une matière azotée particulière, Yornithine, qui paraît être l’acide diamido-valérique. Pour rappeler les conditions spéciales de sa formation synthétique, Jaffé a nommé ce nouveau composé acide ornithuriquc :
2C«H3.C02H -j- (AzH2)2C’'H7.C02H = (CTRC0.AzHi2.C‘H7.C02H -f 2H20
Ac. benzoïque. Ornithine. Ac. ornithurique.
Cet acide cristallise en fines aiguilles incolores, fusibles à 182°, peu solubles dans l’eau, plus solubles dans l’alcool, bouillant. Sa solution rougit le tournesol et se comporte comme un acide monobasique dont les sels alcalins sont cristallins et solubles.
L’acide chlorhydrique le dédouble, à l’ébullition, en ses générateurs, l’acide benzoïque et l’orUitliine :
C,9H20Az2O' + 2H20 = 2C7H«02 + C">H12Az202
Ac. ornithurique. Ac. benzoïq. Ornithine.
Le toluène, administré à des oiseaux, est de même transformé en acide ornithurique, ce qui exige son oxydation préalable avec production d’acide benzoïque.
Ornithine C3H12Az202. — L’ornithine est une base solide, déliquescente, faiblement alcaline et caustique, d’une odeur désagréable ; elle rougit à 1 air et dissout aisément les oxydes d’argent et de cuivre; elle forme des sels cris tallisables :
Azotate d’ornithine C5H,2Az202.Az03H
Chlorhydrate d’ornithine (C3H,2Az202)2.3HCl
Oxalate d’ornithine (C"-H'2Az202)L3C20‘H2
b. Acides uramiques
De même que, dans la série grasse, les acides amidés de la série du glycocolle, la taurine et la tyrosine, sont transformés dans l’économie, parune synthèse avec les éléments de la carbimide COAzH, en acides uramiques, de même certains dérivés amidés de la série aromatique peuvent être éliminés de l'économie
(1) Jaffé, Ber. d. deutsch. chem. Gesellsch., t. X, p. 1926, 1877, et t. XI, p. 406, 1878.
animale, après leur ingestion, sous une forme semblable. C’est ainsi que l’acide sulfanilique H0.S02.C(iH,.Azll2 se retrouve dans les urines du chien à l’état d’acide sulfanilcarbamique HS03 4 5.C°HLAzH.CO.AzH2 (Ville) (1), et que les acides ortho- et para-amidosalicyliques Cr'H3(0H)(C02II)(AzH2) se transforment, chez le chien et le lapin, en acides salicylcarbamiques correspondants C°H3(OH )(C02I1 )( AzH . CO . AzH2) (Pruszynski) (2).
3° Bases. — L'aniline passe dans les urines sous la forme de la combinaison sulfo-conjuguée du paramidophénol HJAz.C#HLO.S03H (Müller)(3), et n’y apparaît en nature qu’après l’ingestion d’une dose trop forte. De même, Y acétanilide ou antifébrine est excrétée partie à l’état d’acélylparamidophénolsulfate alcalin CH3. CO— HAz — C°H'i.0.S02.0M, partie en nature des combinaisons glycuroniques du paramidophénol et de l'acétylparamidophénol (Monter (4), Jaffé et Hilbert) .
La phènacétine et la salicylphénacüine passent inaltérées dans l'urine (Schubenko) (5).
L 'antipyrine fiasse en nature dans les urines, mais détermine une augmentation des sulfoconjugués (Müller).
La plupart des alcaloïdes sont éliminés en forte proportion par les urines, en particulier la morphine, la quinine, la caféine, le théobromine, et la strychnine.
Il y aurait lieu d’étudier l’élimination des matières alcaloïdiques, leucomaïnes toxines, etc., qui constituent les principes actifs des sérums divers employés aujourd’hui dans la pratique de la sérothérapie.
4° Matières colorantes et odorantes. — Beaucoup de matières colorantes, on pourrait dire presque toutes, sont éliminées par les urines; telles sont les pigments de l'indigo, de la garance, de la gomme-gutte, de la rhubarbe, du séné, du campêche, des carottes, des mûres, des cerises, etc. Il en est de même des principes odorants de la valériane, du safran, des baumes, de l’asa fœtida, du castoreum ; l’ingestion de l’essence de térébenthine ou son inhalation est suivie de l’apparition d’une odeur manifeste de violettes dans les urines qui ne sentent rien après usage de la terpine, laquelle n’est cependant qu’un hydrate cristallisé de la précédente. L’urine devient jaune verdâtre sous l’influence de la santonine.
En somme, l’étude de l’élimination des matières colorantes et odorantes, naturelles ou artificielles, ou de leurs modifications et transformations dans l’organisme, laisse encore beaucoup à désirer.
(1) Ville, C. R- Acad, des Sc., t. CX1V, p. 228, 1892.
(2) Pruszynski, Jahr. f. Thierch., t. XXII, p. 76, 1892.
(3) Müller, Deutsch. med. Wochensch., 1887, p. 25.
(4) Morner, Zeitsch. f. physiol. Ch., t. Xlll, p. 12, 1888.
(5) Schubenko, Jahr. f. Thierch., t. XXII, p. 76, 1892.
EXCRÉTION LACRYMALE; LES LARMES
EXCRÉTION LACRYMALE ; LES LARMES
Sécrétion des larmes
Les larmes sont sécrétées par les glandes lacrymales au nombre de deux, une pour chaque œil. Ces glandes en grappe ont une structure analogue à celle des glandes salivaires. Leurs acini sont tapissés par des cellules épithéliales transparentes qui deviennent opaques au moment où la sécrétion est suractivee.
La sécrétion lacrymale est continue, mais extrêmement faible dans les conditions normales : 6»r,4 en vingt-quatre heures, d'après Magaard (1); le liquide qu’elles donnent en très petite quantité, et qui sert à lubréfler le globe oculaire, possède-t-il la même composition que les larmes proprement dites? Le défaut d’analyse n’autorise aucune affirmation, ni dans un sens, ni dans 1 autre. Cette sécrétion paraît être une simple filtration, sans desquamation ni fonte épithéliale, et sans accompagnement de sécrétion muqueuse ; la mucine trouvée pni quelques expérimentateurs (Gorup-Besanez) (2) provient vraisemblablement des glandes de Meibonius.
On conçoit alors que les variations locales de la pression sangiiine influencent, le flux lacrymal qui augmente d’intensité dans tous les cas où la circulation veineuse est gênée ou arrêtée momentanément, comme dans la toux, 1 effoit, e rire, le vomissement, etc.
Le nerf sécréteur principal esj, le lacrymal, dont 1 excitation du boutp np rique provoque, chez les animaux, des larmes abondantes; sa section est suivie plus ou moins rapidement d’une sécrétion continue, analogue à la sécrétion paralytique du pancréas. La sécrétion réflexe est indépendante du nerf lacrymal et se fait principalement par le sympathique du cou qui détermine une sécrétion trouble et fortement alcaline, et par le trijumeau qui provoque une sécrétion limpide.
La sécrétion lacrymale augmente sous l’influence de 1 ésérine, diminue ou s'arrête après absorption d’atropine.
(f) Magaard, Virchov's Arch., t. LXXXIX, 1882-
(2) Gorup-Besanez, Ch. physiol., trad. franc., 1880, t. Il, p. 571.
Lns larmes s’étalent sur la partie extérieure du globe oculaire; là, une partie disparaît par évaporation, une autre partie rentre dans le canal lacrymal et dans le cas de sécrétion surabondante (pleurs), l’excès, débordant les paupières’ s’écoule le long des joues. ’
Propriétés et composition des larmes
Le liquide lacrymal est incolore, inodore, d’une saveur franchement salée et de réaction alcaline. Au microscope, il ne montre que de très rares débris épi théliaux et quelques globules muqueux. Les analyses suivantes, dues à Lerch (1) et à Magaard, donnent la composition des larmes :
ÉLÉMENTS