‹ Encyclopédie chimique.Tome IX.- Applications de chimie organique. 2e section (volume 2)Chapitre 613 sur 722 · LERCH · texte numérisé non relu

LERCH

magaard

Albumine et traces de mucus..

Chlorure de sodium.

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Sels minéraux divers

T . . ;S renferment douc env»’on *8 P- 1000 de principes solides, dans les

quels la proportion des matières organiques et des sels minéraux varie dans d assez fortes proportions, ainsi qu’il paraît résulter des chiffres précédents Cependant Harnack (2) a obtenu, plus récemment, des résultats qui sont e ' harmonie avec ceux de Lerch; d’après lui, le liquide lacrymal contient 14 p‘ 1000 de chl°rure de sodium, et la proportion de cet élément salin à l’extrait sec total est de 72,2 p. 100.

Les matières organiques sont formées d’un peu d 'albumine coagulable par la chaleur et précipitable par l’eau en excès (globuline? clacryoline), de traces de mucine et de corps gras, et d’une minime proportion d’une matière azotée jaunâtre. Les sels minéraux, constitués pour la presque totalité par le chlorure de sodium,. ne contiennent que des traces de phosphates alcalins et terreux.

. La dachyoline, albumine de Lerch, ne se trouve qu’en très minime quantité dans le liquide lacrymal normal, mais augmente notablement dans les conjonctivites; visqueuse et non miscible aux larmes, elle forme sur la conjonctive et parfois sur la cornée, une couche transparente; elle n’est coagulée ni par’ ia chaleur ni par les acides, mais par l'eau pure qui la transforme en une mas floconneuse ou grumelée.

La graisse, la mucine et la matière azotée jaunâtre paraissent provenir de' glandes de Meibonius dont on n’a pas encore étudié le liquide de sécrétion S

Origine, rôle physiologique

Le liquide lacrymal paraît être un simple produit de filtration de certains élé ments salins du sérum sanguin, dont les matières albuminoïdes restent dans les

(1) Arlt, Analyse des larmes par Lerch, Arch. f. Augenheilkunde t il „

(2) E. Harnack, Forsch. d. Med., 1893, p. gp et jah, p Thierch., t. XXUI p «go 18

EXCRÉTION LACRYMALE; LES LARMES

capillaires, retenues par la non-perméabilité, pour elles, des membranes animales. A l’état normal, dans les conditions habituelles de pression du système artériel, il n’est sécrété qu’en quantité si faible qu’on ne peut lui attribuer d’autre rôle que celui de lubréfier la surface du globe oculaire et d’assurer sa mobilité dans l’orbite ; il peut également entraîner ou dissoudre un corps irritant déposé entre les paupières.

Le liquide des larmes possède des propriétés bactéricides manifestes, suivant J. Bernheim (1).

CALCULS LACRYMAUX, DACRYOLITHES

Les dacryolithes, calculs des conduits excréteurs de la glande lacrymale, sont extrêmement rares, probablement à cause de la minime quantité des éléments solides que contient le liquide lacrymal. La littérature scientifique en cite trois cas, dont la description n’entraîne, pour aucun, l’absolue certitude de leur formation dans les canaux glandulaires, c’est-à-dire leur différentiation des concrétions calcaires de la conjonctive, productions pathologiques moins rares.

Le premier est relatif à un petit calcul blanc resté engagé dans un des conduits lacrymaux, sans qu’on ait pu l’extraire (Laugier et Rochelot) (2). Dans le second cas, il s’agit de calculs multiples, rejetés au nombre de vingt-trois en quatre jours, avec symptômes douloureux dans l’orbite et écoulement de larmes; ces calculs petits, rugueux, très durs et d'un blanc sale, rappelaient des fragments de mortier; le plus gros avait deux millimètres un quart de diamètre. Au microscope, ils ressemblaient à de la chaux impure subdivisée par de petites cloisons siliceuses. L’analyse chimique y décela du phosphate de chaux avec très peu de carbonate, et une trace seulement de matière organique. Suivant l'auteur de cette observation, Meade (3), ces calculs étaient probablement logés dans les conduits lacrymaux.

Le troisième cas, observé par Walther (4), est analogue au précédent; pendant quelque temps, l’œil gauche d’abord, puis ensuite l’œil droit rejeta un, deux ou trois calculs anguleux, gros au maximum comme un pois, d’une matière peu compacte s’écrasant sous la pression du doigt en un sable graisseux; 1 affection dura dix semaines et récidiva dix ans plus tard. On ne fit pas 1 analyse de ces calculs.

(1) J. Bernheim, Jahr. f. Thierch., t. XXIII, p. 674, 1893.

(2) Laugier et Rochelot, Observation de dacryolithe, trad. de Mackensie, notes, p. 6 et 7, 1844.

(3 J Meade, London, med. Gaz., t. XV, p. 628, 1835.

(4) Walther, Observ. de dacryolithe, Zeilsch.f. Chir. u. Augenheilk, t. I, hit. 1.

EXCRÉTIONS CUTANÉES I SUEUR

EXCRÉTIONS CUTANÉES 1° SUEUR

Sécrétion sudorale

La sueur est sécrétée par des glandes eu tubes, glandes sudoripares, formées d un cul-de-sac sécréteur replié sur lui-même et constituant un glomérule glandulaire logé dans la couche profonde du derme ; ce glomérule de 4 centièmes de millimètre de diamètre environ, présente l’aspect d’un paquet intestinal microscopique. Son canal excréteur, qui s’ouvre à la surface de la peau par un petit oriflce libre, traverse l’épiderme sans être limité par une membrane spéciale, et les cellules épithéliales qui le constituent sont en contact direct avec les cellules épidermiques périphériques. Le tube glomérulaire possède, entre sou épithélium glandulaire sécréteur et sa membrane propre, une couche musculaire de fibres lisses (Ranvier). Ces glandes sont disséminées. sur toute la peau, en nombre variable suivant les régions; au total, leur nombre est d’environ deux millions, et leur surface sécrétante représente environ le quart de la surface sécrétante des reins.

L excrétion de la sueur est continue, comme sa sécrétion ; mais, dans les conditions ordinaires, le liquide, arrivé dans le canal excréteur dépourvu de membrane propre, pénètre par imbibition dans les interstices des cellules épithéliales périphériques les plus superlicielles, s’y diffuse et disparaît par évaporation en constituant la perspiration insensible. Ce n’est que quand la quantité de sueur devient considérable qu’elle dépasse la capacité d’imbibition de l’épiderme et apparaît sous forme de gouttelettes plus ou moins volumineuses, à l’orifice des canaux sudoripares.

Dans la perspiration cutanée, l’excrétion de l’eau augmente avec l’élévation de la température, que la peau soit nue ou couverte de vêtements; mais elle diffère en valeur absolue ; ainsi, c’est à 36° que l’excrétion par la peau nue atteint le même volume que celle de la peau couverte à 32°. La quantité d’eau éliminée par la seule perspiration de la peau couverte à 32-33°, est plus forte que celle de la peau nue, entre 34 et 45°, sous forme de perspiration et de sueur; l’excrétion

abondante de la peau couverte, au-dessous de 32°, provient donc uniquement d’une augmentation de la perspiration, et il en résulte encore que l’excrétion sudorale n’est pas déterminée par la nécessité d’un accroissement brusque de l’élimination aqueuse par la peau, mais par des causes encore inconnues. Le volume d’eau éliminé par la perspiration insensible, dans les vingt-quatre heures, à la température de 32° qui est la moyenne habituelle de la peau couverte de vêtements, et pendant le repos, oscille entre deux et trois litres (Schierbeck) (1).

La sécrétion sudorale paraît encore être une simple filtration, comme celle des larmes; et, malgré l’activité relativement considérable de la desquamation épithéliale qui l’emporte de beaucoup sur celle des reins, ce n’est que dans les premières parties de sueur recueillie que l’on trouve des débris épithéliaux entraînés par le liquide et provenant surtout de la couche cornée de l’épiderme.

La sécrétion de la sueur est sous la dépendance quelquefois simultanée de la pression sanguine et de l’innervation. D’une manière générale, toute augmentation de pression dans les capillaires de la peau est suivie d’une augmentation de la sécrétion sudorale ; agissent ainsi, la chaleur qui dilate les capillaires et les artérioles de la peau, l’exercice musculaire, mais avec des variations individuelles considérables, les boissons très abondantes; les substances dites sudorifiques ou diaphorétiques interviennent en augmentant la pression générale du sang dans l’organisme. Certains composés alcalins provoquent directement une hypersécrétion sudoripare : la pilocarpine et le jaborandi, la muscarine, la nicotine, la morphine et l’opium, la physostigmine, l’ammoniaque, tandis que l’atropine, l’agaric, etc., ont une action inverse. Suivant Luchsinger (2), l’action prolongée du froid et de la chaleur diminue également l’excrétion de la sueur.

La sécrétion de la sueur, comme la plupart des sécrétions, peut être provoquée par des nerfs vasculaires d’une part, par des nerfs sécréteurs ou exci to-sudoraux de l’autre. Le plus souvent, les deux genres de nerfs interviennent simultanément, et l’action excito-sécrétrice est accompagnée d une dilatation des capillaires cutanés; mais, quelquefois, cette dernière manque, comme par exemple dans les sueurs froides de l’agonie et de certains accès fébriles. Il existe des centres nerveux sudoripares, centres spinaux, centres corticaux, à position encore mal définie, qui entrent en activité par action réflexe dans certains cas tels que : excitation mécanique de certains nerfs, action de la chaleur sur la peau, irritation de certaines muqueuses, émotions morales, peur, etc., ou par excitation directe sous l’influence de la pilocarpine, de la nicotine, de la physostigmine, ou dans l’asphyxie, la dyspnée, etc.

Certains alcaloïdes ont, en outre, une action locale ; ainsi, tandis que l’injection sous-cutanée de pilocarpine ou de muscarine produit localement une sécrétion de sueur, l’atropine, la duboïsine et la piturine font disparaître cette sudation locale (Strauss, Cloetta).

(1) Schierbeck, Etude sur l’excrétion de l’acide carbonique et de l’eau par la peau entre 30 et 30”, Du Dois Raymond's Arch.,physiol. Ablh., 1893, p. 116, et Jahr.f. Thierch t. XXIII, p. 424, 1893.

(2) Luchsinger, Pflûger's Archiv , t. XXII, 1880.

EXCRÉTIONS CUTANÉES ; SUEUR

Outre les nerfs vasculaires et sécréteurs, il est probable que les glandes sudoripares reçoivent encore des filets destinés aux fibres musculaires de leur paroi.

L excrétion et, par suite, la sécrétion de la sueur est favorisée parla diminution de pression à la surface de la peau (François Franck) (1).

Recueil de la sueur. — Pour recueillir la sueur, on place le sujet nu dans une cuve métallique couverte et à fond incliné, chauffée par un jet de vapeur extérieur (Favre) (2); si l'on veut avoir celle d’une partie déterminée du corps, on l’enveloppe soit d’un tube de verre, soit d’un sac de caoutchouc avec tubulure, dont les bords s’appliquent exactement à la peau, et l’on provoque la sudation par la chaleur artificielle, l’exercice, l’insolation, l’injection d’agents médicamenteux, etc.

Sueur normale

La sueur est un liquide incolore, plus ou moins limpide, d’une odeur caractéristique, d’ailleurs variable avec la région dont elle provient, d'une saveur salée.

La quantité excrétée dans les vingt-quatre heures, également très variable, est en moyenne de 700 à 900 grammes par jour, mais peut monter à 2 litres, et même au delà, sous l’influence de la chaleur, de l’exercice violent, etc. ; en forçant la sécrétion par le séjour dans une étuve à 45-50° et l’ingestion de boissons abondantes, on peut arriver à des chiffres dix fois plus considérables.

Examinée au microscope, la sueur laisse voir des lamelles épidermiques détachées de la peau et des gouttelettes de graisses provenant des glandes sébacées ; par la filtration, elle devient limpide. Sa densité, très faible, est de 1004 à 1006.

On a dit longtemps que la sueur a une réaction acide, sauf à faisselle et à l’aine où elle est neutre ou alcaline, et Hoppe-Seyler a attribué cette acidité au phosphate acide de soude ; cependant Gilibert (3) et Favre ont constaté que, dans la transpiration, le liquide sécrété en premier lieu est toujours acide, puis ensuite la sécrétion devient et reste alcaline pendant toute sa durée. On a attribué cette acidité aux acides gras de la matière sébacée mélangée aux premières portions de la sueur, de sorte que la réaction de la sueur provenant d un corps dont la peau a été savonnée et rincée à l’eau, serait alcaline. Luchsinger et Trümpy ont, d'ailleurs, trouvé que la sueur est toujours alcaline à la paume des mains qui est dépourvue de glandes sébacées; il en est de même de la sueur plantaire du chat, du chien, de la sueur du cheval, etc. Il résulterait, des recherches plus récentes de Tourton (4) vérifiées par François Franck, puis de E. lleuss (5), que la sueur normale est toujours acide et ne devient neutre ou alcaline que dans la sécrétion profuse provoquée par la pilocarpine, les

()) François Franck, Art. Sueur , du Dictionn. encyclop., 1883.

(2) Favre, C. R. Acad, des Sc., t. XXXV, p. 721, et Arch. gén. de méd ., juillet 18S3.

(3) Gilibert d’IIercourt, Gaz. méd. de Lyon, mai 1853, et Rev. médic., juin et sept. 1853.

(4) Tourton, Essai sur la réaction de la sueur, Th. inaug., Lyon, 1871).

(5) E. lleuss, Monatsch. f.prakt..Dermal., t. XIV, nî* 9, 10, 12, 1892.

-bains de vapeur (Heuss). Moriggia(l) avait prétendu que la réaction de la sueur dépend de l'alimentation, et que, par suite, la sueur des herbivores est alcaline et celle des carnivores, au contraire, acide.

Constitution chimique de la sueur

Les éléments constituants de la sueur peuvent être répartis en deux groupes, suivant qu’ils sont normaux et constants ou anormaux.

Les éléments constants et normaux sont l’eau; — comme substances azotées, Yxirce et peut être la créatinine, la leucine, et la tyrosine ; — des matières organiques non azotées : graisses et acides gras volatils, formique, acétique, propionique, butyrique, caproïque, etc., qui, suivant la prédominance de l’un ou de l’autre, donnent à la sueur son odeur caractéristique variant suivant les régions du corps, les acides stéarique, oléique, suce inique, cérolique , oxalique, phénolsulfurique et skatolsulf urique, ainsi que des acides oxygénés aromatiques rougissant la réactif de Millon (Kast), de la cholestérine, de Y acide lactique (Favre), et peut-être de Yacétore (Devoto), — enfin des sels minéraux., chlorures, phosphates et sulfates alcalins, phosphates terreux, parmi lesquels le chlorure de sodium prédomine, et de Y acide carbonique libre.

Gomme éléments inconstants ou douteux, on a trouvé dans la sueur: de l'a/6umine dans la transpiration abondante provoquée par l’enveloppement dans une couverture de laine, à la suite d’un bain très chaud ou d’un séjour à l’étuve de vapeur humide. Leube attribue cette albumine, dont on ne trouve, d’ailleurs, que des traces, à une hypérémie cutanée comparable à 1 hypersécrétion rénale qui s’accompagne d'un peu d’albuminurie ; Gaube (2) a signalé récemment la présence, dans la sueur humaine, indépendamment de 1 albumine (0,452 p.1000), des traces de ferments digestifs: diastase, pepsine et émulsine; - Y acide hydrotique de Favre, acide spécial à la sueur, de nature azotée, mal défini ; - Y acide lactique à l’état de sel sodique, signalé par Favre ; — la créatinine, à la suite de bains de vapeur (Capranica) ; - des pigments diversement colorés, peut être d’origine sébacée, comme les matières grasses et les acides gras.

Les éléments anormaux qu’on a signalés à l’état pathologique, dans la supur, sont: l’albumine, l’acide urique, la glucose chez les diabétiques, les pigments biliaires dans l’ictère, la chromidrose bleue, l’hématidrosn rouge, l’urée en excès dans l’urémie, les sels ammoniacaux, l’oxalate de chaux dans la goutte, etc.

Composition de la sueur

On doit à Favre, Funke, Schottin et Anselmino des analyses quantitatives de la sueur - mais le tableau suivant, qui résume leurs résultats, montre qu’ils sont incomplets et surtout peu comparables :

(1) Moriggia Molesch. llnters. zilr Naturlehre, t. IX, p. 129, 1873.

(2) Gaube, C.H.de la Soc. dt Biol., 1891, p. 115.

excrétions cutanées; sueur

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