‹ Encyclopédie chimique.Tome IX.- Applications de chimie organique. 2e section (volume 2)Chapitre 617 sur 722 · PARTIES DE RÉSIDU SEC DE LA SUEUR DU MOUTON CONTIENNENT · texte numérisé non relu

PARTIES DE RÉSIDU SEC DE LA SUEUR DU MOUTON CONTIENNENT

Acide acétique . 7,00

— propionique . 3,60

— butyrique . 0,80

— caproïque . 0,17

— valérique . 0,80

— lactique . 2,50

— benzoïque . I,60

Le salin du suint est utilisé industriellement pour la fabrication du carbonate de potassium, des cyanures, etc. Quant au mélange de cholestérine et isocholestérine que l’on extrait du suint par un dissolvant approprié, il est utilisé en pharmacie et parfumerie sous le nom de lanoline.

LANOLINE

C’est à Liebreichque l’on doit la découverte de lalanoline ; car, si Berllielot, en effectuant la synthèse des éthers de la cholestérine, regardait comme possible, dès 1860, l’existence normale ou pathologique de certains d entre eux dans l’organisme ; si Hartmann et Schultze, en 1868, reconnaissaient dans lagraisse de la laine la présence de la cholestérine et de l’isocholestérine, c’est à Liebreich que l’on doit l’honneur d’avoir démontré que ces deux alcools isomères se trouvent à l’état de combinaisons éthérées avec les acides gras dans lasuintiue de Rogelet et Maumené.et que, par leur mélange, ces éthers constituent une masse grasse cholestérinée, à laquelle il a donné le nom de lanoline (lana-oleum). Cette lanoline existe en assez grande quantité dans le suint de la laine de mouton, mais mélangée à un excès d’acides gras, à de l’albumine et a beaucoup d’autres impuretés.

Propriétés. — La lanoline sèche est une substance .jaune brun, d’aspect cireux, d’une odeur particulière très faible, absolument neutre au tournesol, fusible, vers 55°, qui possède la propriété d’incorporer, sous la forme d une masse homo gène et permanente, le double de son poids de glycérine et un peu plus de son poids d’eau (HO parties). Elle n’est pas soluble dans les carbonates alcalins qui ne la saponifient pas, même à chaud ; les alcalis caustiques ne l’attaquent qu’à la longue et partiellement.

La lanoline des pharmaciens est une masse crémeuse, blanc jaunâtre, de la consistance du saindoux, qui renferme 25 p. 100 de son poids d’eau et fond vers 42°.

Composition et analyse chimique de la lanoline. - On peut admettre que la lanoline est un mélange, en proportion variable, d’au moins deux principes

. (1) Liebreich, Ueber das Lanolin, Berl. klin. Wochensch., 1885, n* 47, et C. fl. Acad,

d. Sc., t. CYI, p. 1176, 1888.

ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE. — GAUNIEH •

immédiats, la cholestérine et son isomère, l'isocholestérine de Schulze et Urich (Ber. d. chcm. Gesell., VII, 370), en combinaisons éthérées plus ou moins complètes avec des acides gras.

Pour séparer la cholestérine des autres corps cholestérinés auxquels elle est mélangée, Liebreich(l) emploie l’éther éthyldiacétique ou son dérivé éthylé qui dissout beaucoup plus facilement la cholestérine que les autres graisses cholcstérinées ; par des cristallisations répétées, après dissolution de la lanoline dans le véhicule chaud et refroidissement, on finit par obtenir des graisses cholestérinées absolument exemptes de cholestérine ; c’est par ce procédé que l’auteur a réussi à démontrer la présence de la lanoline dans le rernix caseosa.

Obermüller (2) extrait l’isocholestérine de la lanoline au moyen de l’alcool sodé ; puis il utilise,' pour la séparer de la cholestérine, la plus faible solubilité de l’éther benzoïque ou succinique de la dernière dans l'étlier sulfurique.

La lanoline et les graisses cholestérinées donnent la réaction de Lieber-

mann( 3) qui permet encore de caractériser — ^ de cholestérine : la solution de cholestérine dans deux centimètres cubes de chloroforme est additionnée de dix gouttes d’anhydride acétique et d’une goutte d’acide sulfurique, et prend successivement les colorations rose, rouge, puis bleue.

Isocholestérine. — L’isocholestérine est donc l’un des termes de ce que Liebreich dénomme graisses cholestérinées, dont le mélange constitue la lanoline • de même formule que la cholestérine, C*HwO, elle est incolore, cristallisée en fines aiguilles fusibles à 138° et volatiles sans décomposition. Elle peut être distinguée des diverses cholestérines, cholestérine biliaire, physostérine, caulostérine, etc., par la réaction de Schulze (4).

On dissout l’isocholestérine dans l’anhydride acétique chaud, traite le mélange refroidi par une goutte d’acide sulfurique concentré, et observe une coloration jaune immédiate devenant ensuite jaune rouge, en même temps que le liquide prend une fluorescence verte. Burchard (3) dit avoir obtenu une coloration verte avec fluorescence de même couleur.

Origine, rôle physiologique de la lanoline. — L’origine et le rôle physiologique de la lanoline ont été étudiés par Liebreicli (6) dont nous allons résumer les conclusions.

On sait que les plantes excrètent à leur superficie des matières cireuses qui leur servent de gaîne protectrice, par suite de la résistance de ces matières aux agents chimiques ; la cholestérine, l’isocholestérine et leurs éthers, qui sont chimiquement indifférents, paraissent jouer un rôle analogue chez les animaux

(1) Liebriech, Du Bois Raymorul's drc/i.,'1890, p. 3G3.

(2) Obermüller, Jahr. f. Thierch., t. XXU, p. 31, 1892.

(3) Liebermann, Jahr. f. Thierch ., t. XIX, p. 85, 1889.

(4) Schulze. Zeitsch. f. physiol., XIV, p. 522, 1890.

(5) Burchard, Jahr. f. Thierch., t. XIX, p. 85, 1889.

(G) Liebreich, C. R. Acad, des Sc., t. CVI, p. 1176, 1888 ; Du Bois Raumond's Arrh- 1890, p. 363, et Berl. klin. Woch., 1892, n« 5. . ’

EXCRÉTIONS CUTANÉES; SUEUR

les plus élevés dans la série. Dès 1885, Liebreich a démontré la présence de graisses cholestérinées dans beaucoup de substances kératinées, telles que la peau et les cheveux de l’homme, le vernix caseosa du nouveau-né* les plumes d’oiseaux, les sabots et les boulets des chevaux, les cornes des bovidés, l’écaille de tortue, les fanons de la baleine, le bec de la corneille, les piquants du porc-épic et du hérisson. Leur excrétion est indépendante des glandes sébacées, ainsi qu’on l’observe dans le sabot du cheval et la peau de l’aï paresseux qui sont complètement dépourvus de ces glandes, et paraît être spéciale aux tissus kératinisés ; car ces éthers de la cholestérine, introduits dans le tube digestif, le traversent sans être absorbés (J. Munck). Il semble donc que le revêtement cutané de tous les animaux est imprégné d’une couche, superficielle de dérivés cholestériques, qui doit leur servir, à eux aussi, de gaine protectrice ; car Gotlstein a prouvé que les graisses cholestérinées se distinguent des graisses à base de glycérine par leur résistance aux microorganismes.

Il est facile de reconnaître la présence des graisses cholestérinées dans tous les produits kératiniques. L’examen des ongles humains ne donne cependant pas de résultat très net (peut-être à cause des soins hygiéniques spéciaux à l’homme), tandis que c’est un jeu de démontrer l’existence de ces corps, fusibles à une température élevée, dans les cornes de la vache.

Cependant la théorie de Liebreicha trouvé des contradicteurs, ettous,Sanli (1) en particulier, n’admettent pas que la peau humaine contienne de la lanoline ; suivant Liebreich lui-même, la peau ne doit, en tous cas, en contenir que bien peu; car le derme n’en renferme presque pas, le tissu cellulaire sous-cutané en est absolument exempt, et c’est dans la couche cornée épidermique superficielle qu’elle doit seulement se former ; c’est là, d’ailleurs, que, seulement, on peut la caractériser au microscope, comme l'a indiqué Lewiu (2).

Par suite de sa facile résorption par l’épiderme et de *sa stabilité à 1 air, la lanoline remplace avantageusement les corps gras et la vaseline, comme excipient de pommades médicamenteuses ou cosmétiques pour le système pileux.

(1) Santi, Monatsch. f. prakt. Derm., t. XV, p. 269, 1890.

(2) Levin, Ilerl. klin. Wochensch., 1886, n" 2.

EXCRÉTION SÉBACÉE

2° EXCRÉTION SÉBACÉE

Gorup-Besanez réunit, au même titre de produits de la sécrétion sébacée de la peau, la matière sébacée proprement dite, le cérumen , la sécrétion préputiale et le vcrnix caseosa des nouveau-nés.

ï. — - Matière sébacée

La matière sébacée est sécrétée par les glandes sébacées annexées aux poils et répandues sur toute la surface du corps, excepté à la paume des mains, à la plante des pieds, au dos des troisièmes phalanges et sur le gland. Ces glandes sont formées de petites alvéoles oblongues, débouchant dans un canal commun qui s’ouvx’e dans le follicule pileux. Les cellules des alvéoles sécrétrices s'infiltrent de granulations graisseuses qui finissent par se réunir en gouttelettes huileuses ; les cellules gonflées par la graisse, refoulées par des cellules de nouvelle formation, se détachent de la paroi des culs-de-sacs glandulaires, et sont poussées dans le canal sécréteur en augmentant toujours de volume. L’enveloppe et le noyau de la cellule disparaissent, etla sécrétion, à l'orifice de la glande, n est plus constituée que par une matière grasse, homogène, mélangée de débris épithéliaux. Cette sécrétion, analogue à celle de la glande mammaire, consiste donc en une transformation graisseuse du protoplasma cellulaire accompagnée d’une desquamation épithéliale.

La matière sébacée ou sébum est une substance semi-liquide, huileuse, qui s’épaissit à l’air et se transforme en une masse onctueuse, blanche, un peu poisseuse. L’examen microscopique y révéle des lamelles épithéliales, des globules de graisses très abondants, des cellules adipeuses et quelquefois des cristaux de cholestérine. Sa réaction est acide ou neutre.

Elle renferme, comme principes constituants : de l’eau, une matière de nature albuminoïde analogue à la caséine, des matières grasses, palmitine, oléine, de la cholestérine, des savons alcalins (palmitates et oléates), des sels minéraux principalement formés de chlorures et phosphates alcalins et de phosphates terreux. On y trouve souvent, en outre, des principes odorants caractéristiques.

ENCYCLOP. Cil IM. CI)

Schmidt et Vogel (I) ont constaté que ie produit de sécrétion contenu dans un follicule pileux énormément distendu présentait la même composition que celle de la matière sébacée proprement dite, soit :

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