‹ Encyclopédie chimique.Tome IX.- Applications de chimie organique. 2e section (volume 2)Chapitre 622 sur 722 · EXCRÉTION MUQUEUSE · texte numérisé non relu

EXCRÉTION MUQUEUSE

Sécrétion muqueuse

Toutes les muqueuses sécrètent un liquide visqueux auquel on a donné le nom de mucus. Ce mucus paraît avoir trois origines différentes, suivant qu’il est produit : — 1° dans certaines glandes dites muqueuses ou dans certaines cellules muqueuses appartenant à des glandes composées (glandes salivaires); — 2° dans des cellules caliciformes constituant une glande unicellulaire qui renferme la matière mucinogène enfermée dans les mailles du réseau protoplasmique ; — 3° par une fonte épithéliale de certaines muqueuses (intestin), comparable à une desquamation épidermique; Beaunis doute qu'il s’agisse réellement, dans ce dernier cas, de véritable mucus. Les cellules à mucus le sécrètent en se vidant de leur contenu protoplasmique.

Le mucus existe aussi dans le ciment interstitiel du derme et des fibrilles conjonctives d’un grand nombre d’organes. On le trouve, mêlé à d'autres produits de sécrétion, dans la salive, le contenu de l'estomac surtout en dehors de la digestion, dans la bile, la synovie. La viscosité de la synovie et de la bile de la vésicule biliaire est attribuée, par Landwehr (1), à la mucine qui serait une combinaison ou un mélange d’une matière albuminoïde avec la gomme animale ; Hammarsten (2) soutient, au contraire, que ces liquides ne contiennent pas de véritable mucine, mais une nucléoalbumine analogue a celle qui constitue, dans l’urine, ce que l’on a pris pendant longtemps pour la mucine. Le mucus se trouve également dans les sécrétions bronchiques, les crachats, et les tumeurs myxomateuses.

Sécrété en petite quantité, à l’état normal, il augmente notablement dans les affections pathologiques, particulièrement dans les catarrhes auxquels participent les diverses muqueuses. Dans le myxœdème, Halliburton (3) a constaté une augmentation anormale de mucine dans le muscle cardiaque et surtout dans les

(1) Landwehr, Pflügers Arch., t. XXXIX, p. 193.

(2) Hammarsten, Jahr. f. Thierch., t. XII, p. 484, 1882.

(3) Halliburton, Jahr. f. Thierch t. XXII, p. 569, 1892.

piliers et les valvules du cœur qui, au lieu de 0 à 1,916 pour 1000, chez l’homme sain (1,395 chez la brebis), en contenaient jusqu’à 5,20 p. 1000 chez une femme atteinte de cette affection.

On a signalé récemment, et pour la première fois, l’existence d’un véritable mucus à mucine dans le règne végétal, le mucus des racines de Yam ( dioscorea japonica) [Isliii] (1).

Caractères physiques du mucus

Le mucus est un liquide transparent, incolore, d’autres fois opalescent et même opaque et, alors, blanchâtre, jaunâtre ou jaune verdâtre, plus ou moins consistant, mais toujours filant et visqueux. Ordinairement inodore et insipide il a une réaction en général alcaline, quelquefois neutre et même acide. Le mucus ne traverse pas les pores du filtre et dialyse à peine.

Examiné au microscope, il montre : — 1° des cellules épithéliales provenant des muqueuses et quelquefois en quantité plus abondante que la partie liquide • c’est de la proportion relative de ces débris épithéliaux que dépend la transparence, l’opacité et la couleur du mucus ; — 2° des globules de mucus tout à fait semblables aux globules blancs du sang et de la lymphe, dont le nombre augmente considérablement dans les inflammations des muqueuses ; — 3» des cellules isolées à noyaux, de fines gouttelettes de graisses,- des globules à couches concentriques analogues aux grains d’amidon (globules de Hassal), quelquefois des cristaux de cholestérine, et des granulations pigmentaires (mucus pulmonaire).

Composition chimique du mucus

Le mucus renferme de l 'eau, de la mucine, quelquefois de 1 albumine, des corps gras, des matières extractives et des sels minéraux parmi lesquels prédomine encore le chlorure de sodium, à côté de phosphates et sulfates alcalins et de phosphates terreux; il contient également des traces de fer ,

La difficulté, pour ne pas dire l’impossibilité de se procurer du mucus pur, explique suffisamment l’absence d’analyse rigoureuse de ce liquide ; sous le nom de mucus, on n'a, en effet, étudié que des liquides mixtes d’origine très diverse que nous réunissons dans le tableau suivant, en plaçant en regard les éléments muqueux de la grenouille.

(1) Ishii, Jahr. f. Thierch., t. XXIV, p. 29, 1894.

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