L’ŒUF
On n’a encore étudié, jusqu’à présent, que les œufs des oiseaux, des poissons et des reptiles, à cause soit de leur volume, soit de leur nombre considérable ■donnant une matière première assez abondante pour les besoins de l’analyse.
Constitution de l'ovule
Tandis que, chez les animaux inférieurs, les ovules prennent naissance aux dépens de l’épithélium germinatif qui revêt la cavité du corps (cœlentérés et nombreux vers), chez les animaux supérieurs, ils se développent dans des organes spéciaux qui ont tantôt une forme de tubes ou de véritables glandes en grappe (mollusques, insectes), tantôt sont constitués par des vésicules closes (vésiculps de deGraaf) contenues dans l’ovaire (vertébrés).
Pris isolément, l’ovule peut être considéré comme une cellule à composition ■complexe constituée par les éléments suivants :
1° Une membrane extérieure, enveloppe vitelline, épaisse, résistante et transparente, très élastique, traversée, chez beaucoup d’espèces, par des canalicules reliés entre eux, beaucoup plus ténus chez les mammifères que chez les poissons ■osseux, et quelquefois, en outre, par une ouverture assez grande, le micropyle, qui correspond au germe (poissons, beaucoup d’invertébrés) ;
2° Un contenu, le vitellus, d’abord transparent et formé d’un protoplasma granuleux, ensuite rempli d’une masse de granulations grises noyées dans le proloplasma primitif quand l’œuf est mûr ; il est composé de deux parties, l’une active, vitellus de formation de l’embryon, qui contient un noyau (vésicule germinative) et un nucléole (tache germinative) et constitue à lui seul l’ovule primordial sans enveloppe des animaux inférieurs, l’autre, passive, vitellus dénutrition, avec ses granulations albumino-graisseuses (jaune d’œuf) ; ces deux parties «ont tantôt mélangées intimement, comme dans l'œuf humain, et constituent ainsi l’œuf simple, tantôt, au contraire, nettement séparées comme dans l’œuf complexe de la truite et de la poule, avec prédominance du vitellus nutritif qui ■en forme la plus grande partie ;
3“ Un noyau, la vésicule germinative ou de purkinge, transparente, volumineuse, très fragile et contenant un nucléole, la tache germinative ; d’abord centrale, elle devient ensuite excentrique par rapport au vitellus;
4° Le nucléole ou tache germinative; ce nucléole, simple ou multiple suivant les espèces, présente des mouvements amœboïdes ;
5° La vésicule embryogène, véritable organe mâle développé aux dépens de l’épithélium de la paroi de la vésicule de Graaf, qui pénètre dans le vitellus de l’ovule et fusionne avec la vésicule germinative pour former le germe par une véritable préfécondation (Balbiani).
L’ovule ainsi arrivé à maturité constitue I’œuf qui est ensuite expulsé de la vésicule de Graaf; après avoir accompli tout seul les premières phases de son développement, il dépérit et disparaît chez les animaux supérieurs quand il n’est pas fécondé, donne au contraire naissance à l’embryon, dès qu’il subit le contact de l’élément mâle ou spermatozoïde.
Telle est la constitution de l’œuf chez les mammifères, les poissons osseux les batraciens, etc., où il reste simple, tandis que, chez les oiseaux, les reptiles à écailles, les poissons cartilagineux, les céphalopodes, etc., il s’accroît de parties accessoires qui constituent des réserves alimentaires pour assurer le développement complet du jeune être qui sortira tout armé de l’œuf éclos.
Œuf de poule, œuf d’oiseau
L’œuf de poule, qui est le type habituel le plus répandu et, par suite, le mieux connu des œufs d’oiseaux, se compose :
1° D’une enveloppe solide extérieure, la coquille, de nature calcaire, formée en même temps que la membrane suivante, aux dépens d’un liquide lactescent sécrété par la partie villeuse de l’oviducte.
2° D’une membrane coquillièrf., dont les feuillets s’écartent du côté de la grosse extrémité de l’œuf pour constituer la chambre à air remplie de gaz.
3° Du blanc cl'œuf ou albumen, de densité croissante de la périphérie vers le centre de l'œuf et divisé en loges par un tissu membraneux extrêmement mince aggloméré autour du jaune d’œuf pendant son trajet dans l’oviducte de l’oiseau ou du reptile ; et formé par une sécrétion de la tunique de ce conduit.
4° De la membrane vitelline qui contient le jaune suspendu au milieu de l’œuf grâce à deux ligaments contournés, les chalazes, qui vont des deux pôles opposés du jaune s’attacher à la membrane coquillière suivant le grand axe de l'œuf.
b° Du jaune, formé d’une masse de cellules albumino-graisseuses noyées dans le protoplasma primitif.
Tous les éléments qui précèdent sont accessoires et étrangers à la partie active qui constitue l’ovule et qui se trouve placée à l’extrémité d’un diamètre du jaune perpendiculaire au grand axe, immédiatement sous la membrane vitelline ; il y a donc ici séparation nette du vitellus nutritif et du vitellus proligène qui constitue :
6° La cicatricule ou le disque proligène, amas de cellules granuleuses en forme