ANALYSE QUALITATIVE ET QUANTITATIVE DE LA SUEUR
Pour déterminer la nature des principes chimiques contenus dans la sueur, il suffit d’appliquer la méthode générale que nous avons indiquée en parlant de l’étude des sérosités.
Les seules additions que nous ayons à faire à ce chapitre se rapportent à la recherche de la créatine, d’après le procédé Th. Weyl (3) et à celle des bactéries.
On évapore la sueur, dans le vide, de manière à lui enlever la totalité de l’eau, on reprend le résidu sec par l’alcool, on traite par l’eau et l’on filtre. On évapore de nouveau, puis on traite par de l’eau et du nitroprussiate de sodium. On ajoute ensuite, goutte à goutte, une solution étendue de soude caustique et l’on obtient, s’il y a de la créatine dans la liqueur, une coloration rouge rubis très manifeste.
Les colorations rouge et bleu que présente la sueur, dans certains cas, sont restées pendant fort longtemps une véritable énigme pour les chimistes. Tout récemment, un savant étranger à pu faire avancer un peu ce point obscur, en
(1) Jahresb. f. Thier Chemie, 1878, p. 231.
. (2) Jahresb. f. Thier Chemie, 1882. p. 190.
(3) Jahresb. f. Thier Chemie, 1882, p. 190.
constatant, à l'aide du microscope, que la coloration rouge de la sueur prise sous l’aisselle était liée à la nature des poils de la région. Ces poils étaient minces, cassants et entourés sur une grande partie de leur longueur d'une gaine d’aspect strié. La striation était le résultat de superposition d'amas considérables de bactéries cimentées pour ainsi dire dans une substance fondamentale amorphe. Cette dernière, de couleur rouge, se comporte d'une manière spéciale à l’égard des réactifs : avec l’acide sulfurique, elle donne une coloration violette, puis bleuâtre; avec l’amoniaque, une coloration jaune qui disparaît sous l’influence d'un acide pour redevenir rouge.
L’alcool absolu dissout complètement cette matière colorante.
§ VIII. — .âNALYSH: DE L.\ M.ATIÈRE SÉBACÉE.