‹ Encyclopédie chimique.Tome IX.- Applications de chimie organique. 2e section (volume 3)Chapitre 28 sur 206 · DOSAGE DES CHLORURES · texte numérisé non relu

DOSAGE DES CHLORURES

Principe. — Le dosage des chlorures parla méthode volumétrique de Mohr(l) repose sur le principe suivant : l’addition ménagée d'une solution de nitrate d’argent dans un mélange de chlorure, chromate et phosphate alcalins, précipite successivement ces divers sels dans l’ordre de leur énumération; de sorte que ce n’est que quand tout le chlorure a été précipité eu blanc, qu’on voit se produire une coloration rose due à la formation de chromate d'argent insoluble dans l'eau. Comme le chromate d’argent est soluble dans les acides minéraux, et transformé par les alcalis en chromate jaune soluble et en oxyde d’argent brun, on ne doit opérer que dans un milieu neutre, ou très légèrement acidulé par l’acide acétique (Rabuteau).

Liqueur iitrêe. — La composition de la liqueur argentique, calculée d’après la formule :

.\zO*Ag + NaCl = .AzO^Xa + AgCl

est telle, que 1" précipite exactement Qs'.OOo de Cl (23,9436 grammes d’azotate d’argent par litre) ou 0!'',00o de NaCl (14,53 de sel d’argent).

Manuel opératoire ; 1" Méthode. Destruction des matières organiques. —On évapore au bain-marie, dans une capsule de porcelaine, 10 centimètres cubes d’urine additionnée de 4 à S grammes d’azotate de potassium pur, puis on incinère jusqu’à décoloration de la masse; le résidu salin est dissout dans 13 à 20 centimètres cubes d’eau, introduit dans une fiole d’Erlemnes^er, acidulé par l’acide azotique et finalement neutralisé par un léger excès de carbonate de chaux pur (on pourrait simplement faire bouillir la solution aqueuse avec 3 ou 4 grammes d’azotate de calcium qui transformerait en sel calcique insoluble les carbonates alcalins résultant de l’incinération de la matière organique). On colore par 3 gouttes de chromate de potassium saturé à froid et l’on verse dans le liquide la solution argentique jusqu’à production d’une teinte rose, persistante après agitation (Neubauer) (2).

Salkowski (3) fait remarquer, que, pendant l’évaporation des 10" d’urine, l’ammoniaque se volatilise en partie à l’état de chlorure, et occasionne par conséquent des pertes. Pour éviter cette cause d’erreurs, ce chimiste conseille d’alcaliniser d’abord l’urine par un léger excès de carbonate de soude, exempt de chlorure, de cette façon l’ammoniaque se volatili.se à l’état de carbonate et le chlore reste tout entier en présence d’un excès d’alcali fixe. 11 ajoute donc aux 10" d’urine 1 gramme de carbonate de soude pur et 1 à 2 grammes de nitrc, évapore et poursuit d’après les indications de Xeubauer.

2' Méthode. Dosage direct. — A ce modus faciendi un peu long, Rabuteau a proposé de substituer l’opération faite directement sur l’urine acidulée par l’acide acétique. Le procédé n’est plus très exact par suite d’une précipitation partielle de l’azotate d’argent par les matières colorantes et extractives de l’urine

(1) Mohr, A}ial. clam., trait, de Forlhommo, Paris, 1873, p. 371.

(2) Neubauer et Vogcl, Anal, des liants, J881, p. 323.

(3) Salkowski, Zeitschr. f. physiol. Chem., t. I, p. 16; t. II, p. 297 ; — Zeitschr. f. anal. Chem., t. XX, p. 310.

iNeubaueij (1), dont la proportion augmente notablement dans certaines affections pathologiques.

Cependant le dosage direct dans l’urine, d’après la modification suivante, est bien suffisant pour les besoins cliniques, à condition que l’urine ne contienne pas d’albumine qu’on devrait éliminer au préalable par la coction. On verse le nitrate d’argent dans 10 centimètres cubes d’urine, acidulés franchement par l’acide nitrique, neutralisés par du carbonate de calcium et colorés avec le chromate. Les différences en trop, constatées au laboratoire des cliniques de notre Faculté, n’ont jamais dépassé du chiffre exact donné par la première méthode modifiée d’après les indications de Salkowski,

Calcul des résidlals. — L’urine contenant ii la fois des chlorures de sodium et de potassium, on exprime d’ordinaire les résultats de l’analyse en chlore calculé d’après la formule :

dans laquelle n= le nombre de centimètres cubes de liqueur argentique exigée par 10" d’urine,

E = émission d'urine des 24 heures.

En résumé, l’urine contient par litre autant de 1/2 grammes de Cl que l’on a employé de centimètres cubes de liqueur argentique; en opérant sur 10" d’urine ,, 0,003 x 1000

p' de Cl au litre = - --x ”■

Remarque. — Les bromures et iodures passent avec la plus grande facilité dans les urines et vicient les résultats du dosage de Cl. Pour éviter cette cause d’erreur, Salkowski conseille d’acidulerle produit de la déflagration des 10" d’urine avec le nitre par l’acide sulfurique, et d’éliminer 1 et Br par agitation avec du sulfure de carbone. On peut meme ajouter au liquide acidulé par l’acide sulfurique quelques gouttes d’azotitc de potassium pour obtenir une quantité d’acide azoteux suffisante pour chasser certainement tout l’iode. La solution aqueuse est neutralisée par du carbonate de chaux, évaporée, puis titrée comme à l’ordinaire par la liqueur d’argent.

Au procédé de. Mohr, Volhard et Falk (2) ont substitué une nouvelle méthode dans laquelle on traite le liquide chloruré par un excès de liqueur argentique, et l’on dose l’excès d’argent par le sulfocyanure de potassium, en employant comme réactif indicateur le sulfate ferrique. Ce procédé, plus compliqué que le précédent, n’a que l’avantage de pouvoir être employé en solution acide.

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