‹ Encyclopédie chimique.Tome IX.- Applications de chimie organique. 2e section (volume 3)Chapitre 30 sur 206 · ANALYSE DES URINES. — PHOSPHATES · texte numérisé non relu

ANALYSE DES URINES. — PHOSPHATES

Principe. — L'acétate d’urane précipite les solutions acétiques des phosphates en blanc, suivant la formule :

PhO‘M= + (C* IF 0^)3 Ur= (Ph 0‘)Ur + 3 C® IFOni.

Ce précipite est insoluble dans l’acide acétique, soluble dans tous les acides minéraux, et n’est pas coloré en rouge par le cyanure jaune. En versant une solution de sel d’urane dans un phosphate, l’on n’obtiendra de coloration rouge avec le ferrocyanure que lorsque tout phosphate sera précipité. Mais la sensibilité de la réaction du cyanure jaune sur le sel soluble d’urane est entravée par la présence des acétates et des sels ammoniacaux; et comme le dosage doit se faire dans un milieu acétique qui maintient en solution les phosphates de l’urine, il faut absolument : Remployer toujours les mêmes quantités d’acide acétique; 2» se servir d’une liqueur titrée qui contienne, outre la quantité d’acétate d’urane nécessaire pour précipiter un poids donné de phosphate, l’excès du sel qui fera apparaître la coloration rouge avec le ferrocyanure.

Liqueurs liirées. 1“ Acétate d’urane. — On dissout 20s'',3 d’oxyde d’uranium pur et sec dans de l’acide acétique pur sans excès, et l’on étend au litre, i" de la solution précipite Os^OOS de Ph*0® et renferme en outre l’excès de sel nécessaire pour la réaction finale. On peut vérifier ce titre à l’aide d’une solution de 10s%00o de phosphate de sodium neutre non effleuri, dissout dans 1 litre d’eau, dont 50" contiennent O*'',! de Ph-0®; en ajoutant à ces 30", 5" de la liqueur acétique suivante, il doit falloir exactement 20" de liqueur uranique pour faire apparaître la coloration finale, si non, l’on étend la liqueur d’eau, et l'on ajoute une solution plus concentrée d’acétate.

2° Liqueur acétique. — On mélange dans un ballon de 1 litre, 100 grammes d’acétate de sodium, 100 grammes d’acide acétique et l’on étend au litre. On emploie pour chaque dosage 5" de cette liqueur.

Manuel opératoire. ■— Dans une fiole d’Erlemneyer on mélange 50" d'urine et o" de liqueur acétique. On porte à l’ébullition et l’on verse l’acétate d’uranium jusqu’à ce qu’une goutte du mélange, portée sur une goutte de cyanure jaune placée sur une soucoupe de porcelaine, fasse apparaître une coloration rose; on chauffe de nouveau l'urine pendant une à deux minutes et l’on recommence l'essai jusqu’à persistance de la coloration.

Calcul des résultats. — En supposant que l’on ait opéré sur 50" d’urine exigeant n" de liqueur uranique, la quantité de Ph*0’, contenue dans les urines des 24 heures, (E) sera donnée par la formule:

P de Ph’-O'* = ^ X n X E.

En résumé, l’urine contient par litre autant de décigrammes d’anhydride phosphorique que l’on a employé de centimètres cubes de liqueur d’acétate d’uranc, en opérant sur 50" de liquide.

Dosage séparé des phosphates alcalins et terreux. — L’urine contient les phosphates acides suivants :

l>hO‘.\aIF, (PhO^CalF et (PhO‘)mglF.

60 EN'CVCLOPÉDIE CHIMIQUE. — GARNIER ET SCHLAGDEiNHAUFFEN.

L’ammoniaque transforme ces sels en sels neutres, dont le premier seul reste soluble.

Aux procédés de dosage séparé des phosphates alcalins et des phosphates terreux décrits par Neubauer ft), on substitue avec avantage le suivant qui est suffisamment exact et très rapide.

A 60 ou 80 centimètres cubes d’urine, on ajoute goutte à goutte de l’ammoniaque très concentrée, jusqu’à réaction très légèrement alcaline; on laisse se tasser les phosphates terreux qui se précipitent et l’on filtre. La quantité d’ammoniaque employée est toujours assez minime pour qu’on puisse admettre que l’urine n’est en rien diluée. On refait un nouveau dosage sur S" de liquide filtré, lequel ne renferme que les phosphates alcalins. Si cette seconde opération exige l’emploi de n' centimètres cubes d’acétate d’urane, le litre d’urine renferme n' décigrammes de Ph*0® combiné aux alcalis et par suite n — n' combinés aux terres.

Observations. — 1” L’albumine étant précipitée par l’acétate d’urane, on doit toujours l’éliminer par la coction, avant de procéder au dosage des phosphates dans les urines albumineuses.

a" M. Cazeneuve a montré que l’addition d’ammoniaque à l’urine augmentait la quantité de phosphates alcalins aux dépens des sels terreux, ainsi qu’il résulte de l’une des formules proposées pour l’explication de ce fait :

3 (Ph O*)’Ca II* -f-12-Az II», OU = (Ph O*)» Ca’ -|- 4 Ph O*(Azll»j» -h 12 II»O,

et que, par suite, le procédé de séparation des sels terreux et alcalins par le réactif no comportait aucune précision.

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