‹ Encyclopédie chimique.Tome IX.- Applications de chimie organique. 2e section (volume 3)Chapitre 82 sur 206 · COMPOSÉS INORGANIQUES · texte numérisé non relu

COMPOSÉS INORGANIQUES

1“ Métaux lourds.

La plupart des métaux proprement dits : l'arsenic, l'antimoine, l’étain, l’or, le plomb, l’argent, etc., introduits dans féconomie à haute dose, apparaissent dans les urines; mais leur voie d’élimination normale est la bile.

La recherche précise de ces composés se fait d’après les méthodes analytiques décrites dans les traités spéciaux. On peut cependant employer, dans certains cas, des procédés plus simples, que nous allons décrire.

Mercure.

Procédé de Fürbringer. — On introduit 300 centimètres cubes d’urine dans u.ie fiole bouchée d’un demi-litre. On ajoute 7 à 8 centimètres cubes d’acide chlorhydrique jusqu’à forte réaction acide, puis a gi-ammes de limaille de laiton (’/.u, Cu) qui, au contact de l’acide forme un couple, souS l’influence duquel

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l’urine, agitée de temps en temps et exposée pendant six heures à 40°, laisse le mercure se déposer à l’état d’amalgame sur l’alliage. Celui-ci recueilli sur un filtre, lavé à l’eau, puis à l’alcool et à l’éther, est séché, puis calciné fortement dans un tube à essai. Les vapeurs mercurielles se condensent sur les parois froides. On sort l’alliage et l’on introduit dans le tube une parcelle d’iode dont les vapeurs transforment le mercure en iodure rouge à froid, jaune à chaud. Un excès d’iode donne des cristaux qui dissimulent le sel de mercure et qu’il faut volatiliser dans un simple courant d’air.

Ce procédé très simple ne nous a donné de résultats bien nets que quand la proportion de mercure était notablement plus forte que celle de Os^OOl par litre, indiquée comme limite de sensibilité par l’auteur.

11 e.^it préférable de recourir au procédé direct de la pile, applicable également à la recherche du plomb et du cuivre. Dans un vase à précipité contenant 500 centimètres cubes d’urine, fortement acidulée par l’acide chlorhydrique, on plonge deux fils de platine réunis aux pôles de deux éléments Bunsen groupés en série. Au bout de 12 heures au moins, le fil correspondant au pôle négatif est retiré, lavé à l’eau sans frottement, puis introduit dans un tube à essai au fond duquel on a mis un peu de liqueur de Labarraque additionnée d’acide acétique. Sous l'influence du chlore qui se dégage, le mercure déposé sur le platine se transforme en sublimé. .Après agitation à l’air, pour chasser l’excès de chlore, on frotte le fil sur une feuille de papier à filtre blanc, imprégné d’une solution au 1/100 d’iodure de potassium; la moindre trace de mercure est décelée par une raie rouge d’iodure mercurique qui se dissout dans une goutte d’iodurc concentré (Mayençon et Bergeret).

Le procédé ne réussit plus si l’urine est riche en iodure do potassium, à moins qu’on ne chasse l'iode au préalable, en chauffant l’urine avec de l’acide sulfurique saturé de vapeurs nitreuses.

Procédé Wolff et Néga (1). — Les auteurs se basent, comme Fürbringer, sur la sensibilité de la réaction de l’iodure rouge de mercure ; mais, au lieu de recueillir le mercure au début de l’opération, sur les fils de laiton, ils commencent par faire passer uifcourant d’hydrogène sulfuré dans l’urine préalablement traitée par le mélange d’acide chlorhydrique et de chlorate de potasse. Le précipité do sulfure est repris par l’eau régale; dans ce liquide, additionné d’eau, mais néanmoins fortement acide, on trempe des fils de cuivre de 0'”,0005 de diamètre et de 0'“,08 do long pour fixer le mercure. On lave à la potasse et à l’alcool, et l’on chauffe dans un tube effilé à l’un des bouts.

Le mercure qui se dégage par la pointe est mis [au contact d’un couvercle de vase dans lequel on a placé de l’iode cristallisé. Il se forme alors des cercles d'iodure rouge de mercure.

Plomb .— La recherche du plomb se fait aussi facilement que celle du mercure par l’emploi de la pile que l'on vient de décrire. Au lieu d’une strie rouge, c’est une raie jaune d'iodure de plomb qui prendra naissance au contact du papier iodure et du fil de platine chloruré.

Cuivre. —Si l’urine renferme du cuivre, le fil de platine provenant do la pile,

(I) Journal de pharmacie et de chimie, Août 1887.

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